PRÉSENTATION DU COLLOQUE INTERNATIONAL
L’Agenda 2030 a été adopté en septembre 2015 par l’Assemblée générale des Nations Unies (AGNU Rés. 70/1). C’est ce programme, axé sur le développement durable, qui constituera l’objet d’étude central du colloque international que nous allons tenir en juin prochain à Montréal. Au plan méthodologique, l’approche scientifique préconisée est une approche interdisciplinaire et intergénérationnelle permettant de mobiliser une grande variété de regards disciplinaires sur l’actuelle stratégie onusienne de développement durable. Après dix ans de mise en œuvre à différentes échelles (internationale, régionale, nationale et locale), une analyse critique s’impose pour l’ensemble des acteurs impliqués et des parties prenantes. Depuis les années 1960, l’ONU a adopté six grandes stratégies internationales en matière de développement : les quatre décennies internationales sur le développement (1960-2000), le programme des Objectifs du millénaire pour le développement (2000-15) et l’Agenda 2030 (2015-30). Ambitieux et universel, ce programme d’envergure planétaire repose sur la formulation d’une série de 17 objectifs, 169 cibles et 232 indicateurs liés au concept de développement durable (Roch, 2021). Selon les estimations de l’AGNU formulées en 2017, c’est un financement colossal de 90 000 milliards de dollars USD sur 15 ans qui était et est toujours requis pour assurer la réalisation de ce programme d’ici 2030 (voir aussi : Programmes d’Addis-Abeba 2015 et Document final de Séville 2025).
Avec les droits humains, la paix et la sécurité internationales, le développement durable constitue aujourd’hui l’un des trois piliers fondamentaux de l’action internationale des Nations Unies (Pacte sur l’avenir de 2024). Or, malgré l’importance de ce domaine d’action pour le système onusien dans son ensemble, force est de constater que ce programme n’est pas en voie de se réaliser. Au contraire, comme l’indiquait récemment le SGNU, Antonio Guterres, à l’échelle mondiale c’est plus de 50% des ODD qui stagnent ou régressent et moins de 20% des ODD qui sont sur la voie d’être effectivement atteints d’ici 2030 (Rapport ODD, 2025). Sur le plan financier, l’ONU évalue d’ailleurs à 4000 milliards USD par an le déficit actuel de financement. Bref, à l’instar des programmes précédents, l’ONU et ses États membres se dirigent vraisemblablement vers un échec important en matière de développement. Le désengagement récent et radical des États-Unis dans ce domaine de coopération, particulièrement sous l’administration Trump, constitue d’ailleurs un obstacle majeur à sa réalisation devant être pris en compte. Fondé sur la devise phare "Ne laissez personne de côté", le titre de notre colloque international : "Laissés de côté", se veut justement une façon, pour nous, de mettre en relief les échecs de ce programme et l’urgence d’une analyse critique. Malgré tous les mérites que l’on peut reconnaître à l’Agenda 2030 et l’importance de la mobilisation qu’il a généré à tous les niveaux depuis 2015, aussi bien par les acteurs étatiques que les acteurs non étatiques, force est d’admettre qu’une grande partie de la population planétaire est toujours exclue, marginalisée ou discriminée. Toutes les données probantes que l’on retrouve dans la base de données globale sur les ODD (ODD, Global Database), dans les rapports annuels sur les ODD (2016-25) et les rapports d’Examens nationaux volontaires (Forum de haut-niveau sur le développement durable, ENV) vont dans ce sens. Des millions de personnes ne sont pas en mesure d’exercer de manière effective leur droit au développement, entendu comme « un droit inaliénable de l’homme en vertu duquel toute personne humaine et tous les peuples ont le droit de participer et de contribuer à un développement économique, social, culturel et politique dans lequel tous les droits de l’homme et toutes les libertés fondamentales puissent être pleinement réalisés, et de bénéficier de ce développement » (Art. 1 de la Déclaration sur le droit au développement des NU de 1986).
Dans ce contexte, porter, comme nous le ferons, un regard interdisciplinaire et intergénérationnel sur l’Agenda 2030, c’est porter un regard sur l’état du monde en matière de développement et s’interroger sur ce qui explique l’exclusion d’une partie encore trop importante de la population mondiale des processus de développement contemporains. De nombreuses leçons pourront être tirées et partagées au terme des quatre journées de notre colloque.
COMITÉ ORGANISATEUR
- François Roch (UQAM)
- Blaise-Pascal Ntirumenyerwa Mihigo (UQAM et Université de Kinshasa)
- Michèle Rioux (UQAM)
- Ndiaye Ndeye Dieynaba (UQAM)
- Alain Maurin (Université des Antilles)
- Paméla Obertan (Université des Antilles)
- Geneviève Dufour (Université d’Ottawa)
- Stéphane Roche (Université Laval)
- Ashley Byrne (Université Laval)
- Roland Ouedraogo Touwende (UQAM et UdeM)
- Valériane Thool (Université de Sherbrooke)
- François Audet (Institut d’études internationales de Montréal)
- Mark Purdon (UQAM)
PROGRAMME PRÉLIMINAIRE
« Laissés de côté ». Un regard interdisciplinaire et intergénérationnelles sur l’Agenda 2030 des Nations Unies / Du 17 au 20 juin 2026, salle DR-200, UQAM et Zoom
Jour 1 – Bilan et perspectives après 10 ans de mise en œuvre de l’Agenda 2030 (17 juin 2026)
Accueil et mot de bienvenue
Panel 1 – Bilan global et asymétries dans la réalisation des ODD
Panel 2 – Les principaux obstacles et freins à la réalisation de l’Agenda 2030
Panel 3 – Bilan des mécanismes de suivi et monitoring
Panel 4 – Premier regard sur les angles-morts et les grands oubliés de l’Agenda 2030
Conclusion du jour 1
Jour 2 – Regards critique et interdisciplinaire sur l’Agenda 2030 (18 juin 2026)
Accueil et mot de bienvenue
Panel 1 – Analyse des dimensions économiques et financières du développement durable à l’ONU
Panel 2 – Analyse des dimensions sociale du développement durable à l’ONU
Panel 3 – Les enjeux environnementaux du développement durable à l’ONU
Panel 4 – Les enjeux culturels, politiques et juridiques relatifs à l’Agenda 2030
Conclusion du jour 2
Jour 3 - Égalité, diversité et inclusion. Une clé de voute pour analyser le programme des ODD (19 juin 2026)
Accueil et mot de bienvenue
Panel 1 – Regards des peuples et personnes vulnérables sur l’Agenda 2030
Panel 2 – Regards des peuples autochtones sur l’Agenda 2030 des Nations Unies
Panel 3 – Analyse de l’Agenda 2030 des Nations Unies sous l’angle de l’équité intergénérationnelle et l’équité intragénérationnelle
Panel 4 – Regards du Sud sur l’Agenda 2030 des Nations Unies
Conclusion du jour 3
Jour 4 – Regard des jeunes chercheurs et des jeunes chercheuses sur l’Agenda 2030 des Nations Unies (20 juin 2026)
Accueil et mot de bienvenue
Panel 1 –Regard des jeunes chercheurs et des jeunes chercheuses sur les angle-morts et les échecs de l’Agenda 2030
Panel 2 – Regard des jeunes chercheurs et des jeunes chercheurs sur les inégalités et la marginalisation des personnes et populations vulnérables
Table-ronde – Regards croisés des jeunes chercheurs et jeunes chercheuses sur l’avenir du modèle onusien de développement
Soirée : Conférence de clôture (conférencière(s) ou conférencier(s) vedettes) + Cocktail-dînatoire
PANÉLISTES
- Pr. Abassi Lahouchine, Institut supérieur des Pêches Maritimes, Agadir
- Pr. Alain Maurin, Université des Antilles
- Pr. Alexandre Lillo, Université du Québec à Montréal
- Anoir Zayani, Université du Québec à Montréal
- Pr. Blaise-Pascal Ntirumenyerwa, Université du Québec à Montréal & Université de Kinshasa
- Christian Mpabwa, Université d’Ottawa
- Pr. Christian Tshiamala Banungana, Université de Kinshasa
- Christopher Peyron, Consultant en politique et développement
- Pr. Cléo Mashini, Université Pédagogique Nationale
- Dany Bushabu, Université de Kinshasa
- David Fortunat Nyamabo, Université du Québec à Montréal
- David Tremblay, Centre des Ruralités Durables (INRS)
- Dr. Debhal Marwa, Université du Québec à Montréal
- Dr. Dris Lagrini, Université Cadi Ayyad, Maroc
- Dr. Eliezer Majamu, CIFOR
- Dr. Emma Carmody, Restore blue
- Emmanuel Twahirwa, Université du Québec à Montréal
- Pr. François Audet, Université du Québec à Montréal
- Dr. Fatma Ndiaye, Université du Québec à Montréal
- Pr. François Bokona, Université de Kinshasa
- Pr. François Roch, Université du Québec à Montréal
- Gabriel Ajabu, Université Catholique de Louvain
- Pr. Geneviève Dufour, Université d’Ottawa
- Glodi Kinsemi, Université de Kinshasa
- Dr. Hans Merket, IPIS
- Honoré Kanu, Université de Kinshasa
- Ibrahim Doumbia, Université du Québec à Montréal
- Pr. Ivon Mingashang, Commission du Droit International des Nations Unies & Université de Kinshasa
- Pr. Jean-Paul Segihobe, Université de Kinshasa
- Julio Nkunda Muya, Université nationale de Pusan
- Pr. Juste Rajaonson, Université du Québec à Montréal
- Pr. Junior Mumbala Abelungu, Université Protestante de Lubumbashi
- Pr. Luc Mubiala Mutoy, Université de Kinshasa
- Pr. Mark Purdon, Université du Québec à Montréal
- Dr. Martin Paliguewinde Sawadogo, Université Laval
- Melissa Wright, Université du Québec à Montréal
- Pr. Mostafa Jary, Université du Cadi Ayyad de Marrakech
- Dr. Moulay Hicham El Amrani, Université du Québec à Montréal
- Pr. Néhémie Mwilanya, Université de Kinshasa
- Pr. Pamela Obertan, Université des Antilles
- Patrice Bigombe Logo, Université Yaoundé II
- Patrick Bope Shamashanga, Université de Montréal
- Ravel Benny Djielon Moutcheu, Université de Dschang
- Roger Kimpesa Mbuyu Kasulo, Université de Kinshasa
- Dr. Roland Touwendé Ouedraogo, Université du Québec à Montréal & Université de Montréal
- Romain Ngalamulume Nkuna, Université de Kinshasa
- Pr. Sam Yakusu, Université de Kinshasa
- Dr. Songho Dione, Université du Québec à Montréal
- Pr. Pierre-Yves Chicot, Université des Antilles
- Pr. Trésor Makunya, Université de Goma
- Dr. Valériane Thool, Université de Sherbrooke
- Dr. Yang Liu, Wuhan University
INSCRIPTION
QUAND
Du 17 au 20 juin 2026















