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Les opérations de paix : de Suez à Kandahar

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Les trois textes proposés dans ce trente-troisième numéro des Notes de recherche du Centre d’études des politiques étrangères et de sécurité ont été présentés pour la première fois au cours de la toute première conférence étudiante sur les opérations de paix du Centre tenue en novembre 2006. Cette conférence, qui fait partie des activités du CEPES à l’intérieur du Réseau francophone de recherche sur les opérations de paix dirigé par Jocelyn Coulon, se veut un forum réservé aux étudiants de maîtrise et de doctorat et qui font des recherches dans un domaine qui s’est transformé profondément depuis les opérations par le ministre des Affaires étrangères canadien de l’époque, Lester B. Pearson, en vue d’assurer la fin des hostilités autour du Canal de Suez de novembre 1956.

Dans un essai intitulé « Paix, prospérité et bonne gouvernance : Les opérations de paix et la poursuite canadienne de la sécurité », Kevin Dufault trace un portrait de l’évolution de la politique canadienne à l’égard des opérations de paix, et montre comment le Canada a dû adapter un des fondements de sa politique étrangère et de sécurité, le maintien de la paix par des forces d’interposition entre deux camps ennemis, en une politique beaucoup plus robuste, mais plus appropriée pour les nouvelles conditions de l’après-guerre froide.

La nature de ces nouvelles conditions, prédominées par des luttes intra-étatiques, souvent accompagnées de conflits ethniques, est très bien illustrée dans les deux autres articles de cette Note de recherche. D’une part, Facil Tesfaye Bedada nous propose une analyse sévère de l’échec de toute forme d’opération de paix des Nations unies au Ruanda, et qui n’ont pas su éviter les massacres que nous savons. Sous le titre, « The “Prostitution” of Peacekeeping : The Rwandan Experience », Facil Tesfaye Bedada se demande si l’on peut pas comparer l’incapacité de l’ONU à protéger les victimes de la violence à une forme de prostitution dans la mesure où « comme la “prostitution” qui ne livre pas le « bonheur » qu’elle promet à ses clients potentiels, les opérations de maintien de la paix au Ruanda n’ont pas maintenir la paix qu’elles étaient censées assurer. » Et d’autre part, Issaka K. Souaré, dans son article « Remplacer la force africaine par une mission onusienne au Soudan ? Entre solutions locales et internationales en situation de conflits armés » analyse un défi particulièrement difficile pour tous les partisans des opérations de paix, l’intervention au Darfour, et plaide en faveur d’une solution africaine.

Avec ces trois essais, rédigés chacun avec une certaine passion, le lecteur pourra mesurer la complexité des activités des opérations de paix et comprendre qu’il est de moins en moins facile d’adopter un seul modèle d’une activité considérée fondamentale dans les relations internationales, et encore moins de revenir à celui du maintien de paix classique auquel la population canadienne semble encore si attachée.

Alex Macleod
Directeur

Centre d’études des politiques étrangères et de sécurité/
Centre for Foreign polilicy and Security Studies

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