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APPEL À CONTRIBUTION : La régionalisation en Amérique latine et dans les Caraïbes sous la direction de Mathieu Arès et Christian Girault

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Mise en perspective

En Amérique latine et dans les Caraïbes (Région ALC) les appels à la solidarité et à l’intégration sont depuis longtemps des leitmotivs du discours politique. Dans les années 1950 - 1970, dans le cadre de politiques nationales d’industrialisation par substitution (ISI), l’intégration prit la forme d’une coopération régionale, de l’ouverture ordonnée des marchés et du partage de la production. Confrontées à des rivalités politiques et à la faible complémentarité des économies, la plupart de ces initiatives furent par la suite sinon abandonnées, du moins largement modifiées dans la foulée de la crise de la dette, au profit de la multiplication d’accords régionaux. De nombreuses institutions régionales ont été créées par additions successives, en Amérique centrale, dans les pays andins, dans les Caraïbes insulaires…, certaines organisations adoptant un caractère nettement idéologique pour combattre l’impérialisme (Alliance ALBA). S’inspirant de l’Union Européenne, les pays du Cône sud choisiront une approche communautaire (MERCOSUR).
Mais force est de constater que la relation inter-gouvernementale l’emporte le plus souvent sur les mécanismes communautaires, le MERCOSUR connaissant des hauts et des bas, au rythme de changements d’orientation politique et des difficultés économiques. D’autres pays, notamment les pays andins, privilégieront une ouverture compétitive contractuelle et le rapprochement avec l’Amérique du Nord et surtout les États-Unis, à l’instar du Mexique qui avait rejoint l’ALENA. À la suite des événements du 11 septembre 2001 et de l’échec de la Zone de Libre-Échange des Amériques (ZLEA) promue par les États-Unis, ceux-ci se sont détournés de l’Amérique du Sud pour se concentrer sur leur voisinage (Amérique centrale et Caraïbes). Ce n’est que récemment, sous l’administration Biden, que l’on perçoit une volonté de réactiver les anciennes relations, sous la forme d’un nouveau partenariat sélectif (Americas Partnership for Economic Prosperity), encore mal défini. Par ailleurs, les pays de cette Région, malmenés par de graves crises économiques et financières (Argentine, Venezuela) et très affectés par les conséquences de la pandémie de COVID-19, tentent de se rétablir et de se réorienter. La République Populaire de Chine devient un partenaire commercial de premier plan et un créancier majeur, aux dépens des États-Unis et de l’Union Européenne. En lançant cet appel à propositions, nous voulons entamer une réflexion collective sur des évolutions économiques et des processus de régionalisation qui posent de redoutables défis pour l’Amérique latine et les Caraïbes.

Thématiques

Les textes pourront aborder les thématiques suivantes en économie politique internationale et en géopolitique.
1. Les accords commerciaux et les chaînes de valeur
D’une manière générale, les pays d’Amérique latine et des Caraïbes sont signataires de très nombreux accords commerciaux à l’intérieur de la Région. Pourtant, sauf exception, les volumes de commerce et d’investissements générés demeurent faibles en comparaison des autres accords commerciaux régionaux dans le monde. Il convient de noter deux points : d’une part le commerce extrarégional se développe plus rapidement que le commerce intrarégional ; d’autre part la Région peine à monter dans les chaînes de valeur, son positionnement traditionnel de fournisseur de matières premières et de produits agricoles pour les marchés mondiaux se trouvant même accentué avec le rapprochement avec les puissances asiatiques, le Mexique faisant figure d’exception. Il s’agit ainsi de faire le point sur les divers groupements d’intégration et de voir dans quelle mesure ceux-ci sont adaptés au recentrage de l’économie mondiale vers l’Asie. La ratification d’accords régionaux et extrarégionaux est-elle la voie à suivre ? Ou bien, compte tenu de la dotation des facteurs, est-il plus avantageux pour les pays de la Région de faire cavaliers seuls ? Quid de la capacité des États d’adopter des politiques commerciales et industrielles et de modeler le tissu économique national ?
2. La géopolitique régionale et la Chine
La relation avec la Chine offre d’importantes opportunités économiques pour les pays de la Région (développement des infrastructures, prêts bilatéraux) mais elle présente aussi des risques car elle peut établir un nouveau rapport de dépendance (avec la destruction de secteurs industriels, l’endettement…). Pour la Région Amérique Latine – Caraïbes (ALC) la diversification des relations diplomatiques, qui permettrait en principe de rééquilibrer la dépendance traditionnelle avec les puissances occidentales, peut-elle apporter quelques bénéfices ? Comment les pays de la Région peuvent-ils gravir des échelons dans les chaînes de valeur et envisager de soutenir un secteur manufacturier et technologique dynamique chez eux ? Dans le même esprit, comment l’instabilité politique, la violence ou encore les crises sociales et les grands mouvements de population influent-ils sur l’attractivité des pays de la Région comme base de production et d’investissement ?
3. Les petites économies nationales
On passe trop souvent sous silence que la Région ALC comprend de nombreuses économies de taille modeste. Outre le fait que l’on rencontre dans les Caraïbes insulaires, en Amérique centrale et dans les Guyanes des pays très petits et même des micro-États (plusieurs pays avec une population inférieure à 100 000 habitants, soit moins que des villes comme Poitiers ou Trois-Rivières), il convient de noter également la présence de pays enclavés et/ou relativement peu peuplés (Bolivie, Paraguay, Uruguay). De plus, les pays andins eux-mêmes affichent des PIB assez faibles, nettement inférieurs par exemple aux PIB de pays comme la Suède, la Norvège ou le Danemark. Seuls deux pays, le Mexique et le Brésil, membres du G-20, peuvent être considérés légitimement comme vraiment « émergents ». Des études de cas doivent permettre de mieux cerner les options disponibles pour les petites nations en termes de représentation et d’insertion internationale.

Comité de rédaction
Mathieu Arès, Université de Sherbrooke
Christian Girault, CREDA-CNRS, Paris-Aubervilliers

Échéancier :

Proposition d’article (1 page) : 1er octobre 2023
Retour sur les propositions : 1er novembre 2023
Article complet : 1er février 2024
Évaluation en double aveugle : 1er février au 15 mars 2024
Retour aux auteurs/autrices
Retour des manuscrits finaux à la revue : 1er mai 2024
Sortie du numéro : Été/ automne 2024

Pour les consignes de mise en forme et d’édition de votre article, voir :
https://journals.openedition.org/in...
Pour plus d’information sur la revue
https://journals.openedition.org/in...

Envoyez vos questions éventuelles, propositions et textes aux adresses suivantes :
Mathieu.ares@usherbrooke.ca & christian.girault@cnrs.fr

Regionalization in Latin America and the Caribbean :
Edited by Mathieu Arès and Christian Girault

Call for entries

Putting things into perspective

In Latin America and the Caribbean (LAC Region), calls for solidarity and integration have long been leitmotifs of political discourse. In the 1950s - 1970s, as part of national policies of industrialization by substitution (ISI), integration took the form of regional cooperation, the orderly opening of markets and the sharing of production. Confronted with political rivalries and weak economic complementarity, most of these initiatives were later abandoned, or at least substantially modified in the wake of the debt crisis, in favor of a proliferation of regional agreements. Numerous regional institutions were created by successive additions, in Central America, the Andean countries, the insular Caribbean, etc., with some organizations adopting a distinctly ideological character to combat imperialism (ALBA Alliance). Inspired by the European Union, the countries of the Southern Cone opted for a community-based approach (MERCOSUR).
But it has to be said that inter-governmental relations more often than not prevail over community mechanisms, with MERCOSUR experiencing ups and downs, in step with changes in political orientation and economic difficulties. Other countries, notably the Andean nations, favored a competitive contractual opening and closer ties with North America, especially the United States, following the example of Mexico, which had joined NAFTA. Following the events of September 11, 2001 and the failure of the Free Trade Area of the Americas (FTAA) promoted by the United States, the latter turned away from South America to focus on its neighbors (Central America and the Caribbean). It is only recently, under the Biden administration, that we have seen a desire to reactivate the old relationship, in the form of a new selective partnership (Americas Partnership for Economic Prosperity), as yet ill-defined. At the same time, the countries of this region, battered by serious economic and financial crises (Argentina, Venezuela) and badly affected by the consequences of the COVID-19 pandemic, are trying to recover and reorient themselves. The People’s Republic of China is becoming a major trading partner and creditor, at the expense of the United States and the European Union. In launching this call for proposals, we wish to initiate a collective reflection on economic developments and regionalization processes that pose formidable challenges for Latin America and the Caribbean.

Themes

Texts can address the following themes in international political economy and geopolitics.
1. Trade agreements and value chains
Generally speaking, the countries of Latin America and the Caribbean are signatories to a large number of trade agreements within the region. Yet, with a few exceptions, the volumes of trade and investment generated remain low in comparison with other regional trade agreements worldwide. Two points are worth noting : on the one hand, extra-regional trade is growing faster than intra-regional trade ; on the other, the Region is struggling to move up the value chain, its traditional positioning as a supplier of raw materials and agricultural products to world markets even further accentuated by the rapprochement with Asian powers, Mexico being the exception. The aim here is to take stock of the various integration groupings, and to see to what extent they are adapted to the refocusing of the world economy on Asia. Is the ratification of regional and extra-regional agreements the way forward ? Or, given the factors involved, is it more advantageous for countries in the region to go it alone ? What about the ability of states to adopt commercial and industrial policies and model the national economic fabric ?
2. Regional geopolitics and China
The relationship with China offers major economic opportunities for the countries of the Region (infrastructure development, bilateral loans), but it also presents risks, as it could establish a new relationship of dependence (with the destruction of industrial sectors, indebtedness...). For the Latin America-Caribbean (LAC) Region, can the diversification of diplomatic relations, which in principle would rebalance traditional dependence on Western powers, bring any benefits ? How can the region’s countries move up the value chain and support a dynamic manufacturing and technology sector at home ? Similarly, how do political instability, violence, social crises and large-scale population movements affect the attractiveness of the region’s countries as a production and investment base ?
3. Small national economies
All too often, it is overlooked that the LAC Region includes many small economies. In addition to the fact that the Caribbean islands, Central America and the Guianas are home to very small countries and even micro-states (several countries with populations of less than 100,000, i.e. less than cities such as Poitiers or Trois-Rivières), there are also landlocked or sparsely populated countries (Bolivia, Paraguay, Uruguay). What’s more, the Andean countries themselves have relatively low GDPs, well below those of countries such as Sweden, Norway or Denmark. Only two countries, G-20 members Mexico and Brazil, can legitimately be considered truly "emerging". Case studies should provide a clearer picture of the options available to small nations in terms of representation and international insertion.

Editorial Committee
Mathieu Arès, Université de Sherbrooke
Christian Girault, CREDA-CNRS, Paris-Aubervilliers

Proposed article (1 page) : October 1, 2023
Feedback on proposals : November 1, 2023
Full article : February 1, 2024
Double-blind evaluation : February 1 to March 15, 2024
Back to authors
Return of final manuscripts to the magazine : May 1, 2024
Issue release : Summer/Fall 2024

For formatting guidelines :
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For more information on the journal
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Send your questions, proposals and texts to the following addresses :
Mathieu.ares@usherbrooke.ca & christian.girault@cnrs.fr

Regionalización en América Latina y el Caribe
Bajo la dirección de Mathieu Arès y Christian Girault

Convocatoria de contribuciones

Poner las cosas en perspectiva

En América Latina y el Caribe (ALC), los llamamientos a la solidaridad y la integración han sido durante mucho tiempo leitmotiv del discurso político. En los años cincuenta y setenta del siglo pasado, en el marco de las políticas nacionales de industrialización por sustitución (ISI), la integración tomó la forma de cooperación regional, apertura ordenada de los mercados y reparto de la producción. Enfrentadas a rivalidades políticas y a economías poco complementarias, la mayoría de estas iniciativas se abandonaron posteriormente, o al menos se modificaron sustancialmente a raíz de la crisis de la deuda, en favor de una proliferación de acuerdos regionales. Se crearon numerosas instituciones regionales por añadiduras sucesivas, en Centroamérica, en los países andinos, en las islas del Caribe, etc., adoptando algunas organizaciones una postura claramente ideológica de lucha contra el imperialismo (Alianza ALBA). Siguiendo el ejemplo de la Unión Europea, los países del Cono Sur optaron por un enfoque comunitario (MERCOSUR).
Hay que decir, sin embargo, que las relaciones intergubernamentales prevalecen la mayoría de las veces sobre los mecanismos comunitarios, y que Mercosur experimenta altibajos en función de los cambios de orientación política y de las dificultades económicas. Otros países, en particular los andinos, favorecieron una apertura competitiva contractual y el acercamiento a América del Norte, y especialmente a Estados Unidos, siguiendo el ejemplo de México, que se había adherido al TLCAN. Tras los acontecimientos del 11 de septiembre de 2001 y el fracaso del Área de Libre Comercio de las Américas (ALCA) promovida por Estados Unidos, este último se apartó de Sudamérica para concentrarse en sus vecinos (Centroamérica y el Caribe). Sólo recientemente, bajo la administración Biden, se han dado señales de una voluntad estadounidense de reactivar la antigua relación, bajo la forma de una nueva asociación selectiva (Alianza de las Américas para la Prosperidad Económica), aún poco definida. Al mismo tiempo, los países de la región, golpeados por graves crisis económicas y financieras (Argentina, Venezuela) y muy afectados por las consecuencias de la pandemia COVID-19, intentan recuperarse y reorientarse. La República Popular China se está convirtiendo en un importante socio comercial y acreedor, en detrimento de Estados Unidos y la Unión Europea. Al lanzar esta convocatoria de propuestas, queremos iniciar una reflexión colectiva sobre la evolución económica y los procesos de regionalización que plantean formidables desafíos a América Latina y el Caribe.

Temas

Los textos pueden abordar los siguientes temas de economía política internacional y geopolítica.
1. Acuerdos comerciales y cadenas de valor
En general, los países de América Latina y el Caribe son signatarios de un gran número de acuerdos comerciales dentro de la región. Sin embargo, salvo algunas excepciones, el volumen de comercio e inversión generado sigue siendo bajo en comparación con otros acuerdos comerciales regionales del mundo. Cabe señalar dos puntos : por una parte, el comercio extrarregional se desarrolla más rápidamente que el intrarregional ; por otra, la Región encuentra dificultad por ascender en las cadenas de valor, y su posición tradicional de proveedor de materias primas y productos agrícolas a los mercados mundiales se acentúa, incluso con el acercamiento a las potencias asiáticas, México es la excepción. Se trata, pues, de hacer balance de las distintas agrupaciones de integración y ver en qué medida se adaptan a la reorientación de la economía mundial hacia Asia. ¿Es la ratificación de los acuerdos regionales y extrarregionales el camino a seguir ? ¿O, dados los factores en juego, es más ventajoso para los países de la Región ir por la libre ? ¿Qué ocurre con la capacidad de los gobiernos para adoptar políticas comerciales e industriales y modelar el tejido económico nacional ?
2. Geopolítica regional y China
La relación con China ofrece grandes oportunidades económicas para los países de la Región (desarrollo de infraestructuras, préstamos bilaterales), pero también presenta riesgos, ya que podría establecer una nueva relación de dependencia (con destrucción de sectores industriales, endeudamiento, etc.). Para la Región de América Latina y el Caribe (ALC), ¿puede aportar algún beneficio la diversificación de las relaciones diplomáticas, que en principio permitiría reequilibrar la tradicional dependencia de las potencias occidentales ? ¿Cómo pueden los países de la Región ascender en la cadena de valor y plantearse apoyar un sector manufacturero y tecnológico dinámico en casa ? Del mismo modo, ¿cómo afectan la inestabilidad política, la violencia, las crisis sociales y los grandes movimientos de población al atractivo de los países de la Región como base de producción e inversión ?
3. Pequeñas economías nacionales
Con demasiada frecuencia se pasa por alto que la Región de ALC incluye muchas economías pequeñas. Además de que las islas del Caribe, América Central y las Guayanas albergan países muy pequeños e incluso microestados (varios países con menos de 100 000 habitantes, es decir, menos que ciudades como Poitiers o Trois-Rivières), también hay países sin litoral o con poblaciones relativamente pequeñas (Bolivia, Paraguay, Uruguay). Además, los propios países andinos tienen un PIB relativamente bajo, inferior al de países como Suecia, Noruega y Dinamarca. Sólo dos países, México y Brasil, ambos miembros del G-20, pueden considerarse legítimamente "emergentes". Los estudios de casos deberían ofrecer una imagen más clara de las opciones de que disponen las naciones pequeñas en términos de representación e integración internacional.

Comité de redacción
Mathieu Arès, Universidad de Sherbrooke
Christian Girault, CREDA-CNRS, París-Aubervilliers

Artículo propuesto (1 página) : 1er octubre 2023
Comentarios sobre las propuestas : 1er Noviembre 2023
Artículo completo : 1er febrero 2024
Evaluación doble ciego : 1er febrero a 15 marzo 2024
Volver a los autores
Devolución de los manuscritos finales a la revista : 1er mayo 2024
Edición : verano/otoño 2024

Envíe sus preguntas, propuestas y textos a las siguientes direcciones :
Mathieu.ares@usherbrooke.ca & christian.girault@cnrs.fr

For formatting guidelines :
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For more information on the journal
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