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	<title>Groupe de recherche sur l'int&#233;gration continentale (GRIC)</title>
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	<description>Le CEIM r&#233;unit des chercheurs de r&#233;putation internationale sp&#233;cialistes de l'&#233;conomie politique des processus d'int&#233;gration et de mondialisation. Les th&#232;mes les plus importants d&#233;velopp&#233;s au CEIM sont : le r&#233;gionalisme, les institutions &#233;conomiques internationales, le commerce et l'investissement, le lien commerce-travail, la concurrence, les transformations du secteur des communications, les dimensions sociales et culturelles de la mondialisation.</description>
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		<title>Groupe de recherche sur l'int&#233;gration continentale (GRIC)</title>
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		<title>Le d&#233;clin irr&#233;versible de la r&#233;ciprocit&#233; et du multilat&#233;ralisme</title>
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		<dc:subject>Am&#233;rique du Nord</dc:subject>
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		<dc:subject>Notes de synth&#232;se </dc:subject>

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&lt;p&gt;Pour une version r&#233;duite de ce cahier de recherche, voir : Deblock, Christian (2010), &#034;OMC : le d&#233;clin irr&#233;versible de la r&#233;ciprocit&#233; et du multilat&#233;ralisme&#034;, dans &#034;Monnaies, commerce : la gouvernance mondiale en &#233;chec&#034;, L'Economie politique, no 45 (janvier), pp. 35-54. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un protectionnisme en trompe-l'oeil &lt;br class='autobr' /&gt;
Christian Deblock &lt;br class='autobr' /&gt;
On ne voit pas le bl&#233; m&#251;rir, mais on constate le r&#233;sultat ; quand il est m&#251;r et qu'il faut le couper. Fran&#231;ois Julien, Les transformations silencieuses, (Paris, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;Groupe de recherche sur l'int&#233;gration continentale (GRIC)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="[(spip.php?page=mot-gric&amp;id_mot=1&amp;mots[]=1|url_absolue)]" rel="tag"&gt;Am&#233;rique du Nord&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour une version r&#233;duite de ce cahier de recherche, voir : Deblock, Christian (2010), &#034;&lt;a href=&#034;http://www.leconomiepolitique.fr/omc---le-declin-irreversible-de-la-reciprocite-et-du-multilateralisme_fr_art_902_47490.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;OMC : le d&#233;clin irr&#233;versible de la r&#233;ciprocit&#233; et du multilat&#233;ralisme&lt;/a&gt;&#034;, dans &lt;i&gt;&#034;Monnaies, commerce : la gouvernance mondiale en &#233;chec&#034;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;L'Economie politique&lt;/i&gt;, no 45 (janvier), pp. 35-54.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un protectionnisme en trompe-l'oeil&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Christian Deblock&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;On ne voit pas le bl&#233; m&#251;rir, mais on constate le r&#233;sultat ; &lt;br class='autobr' /&gt;
quand il est m&#251;r et qu'il faut le couper. Fran&#231;ois Julien, Les transformations silencieuses,&lt;br class='autobr' /&gt;
(Paris, Grasset, 2009, p. 13)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les deux notes qui suivent sont les premi&#232;res d'une s&#233;rie portant sur le commerce et le syst&#232;me commercial. J'ai voulu d&#233;buter par le protectionnisme, ou du moins par ce que je pourrais appeler le pseudo d&#233;bat sur le protectionnisme. Ce d&#233;bat s'est amorc&#233; au cours de l'ann&#233;e 2008 lorsque certains ont commenc&#233; &#224; comparer la crise actuelle &#224; celle de 1929. &#201;videmment, on ne peut &#233;voquer cette crise sans parler de la loi Smoot-Hawley, des d&#233;valuations comp&#233;titives, des pr&#233;f&#233;rences imp&#233;riales, des guerres tarifaires et, en fin de compte, de l'effondrement du commerce. Il n'y a pas unanimit&#233; tant chez les &#233;conomistes que chez les historiens sur la question de savoir si c'est la crise et l'effondrement du commerce qui ont pouss&#233; les pays &#224; se tourner vers le protectionnisme, ou bien si, &#224; l'inverse, c'est le protectionnisme qui a pouss&#233; le commerce dans la spirale de la d&#233;pression. Les avis divergent mais, n&#233;anmoins, dans l'imaginaire collectif, la crise de 1929 et le protectionnisme ne font qu'un et, si le protectionnisme n'est peut-&#234;tre pas directement responsable de la crise, tout du moins a-t-il largement contribu&#233; &#224; son ampleur, aux guerres commerciales et &#224; l'expansionnisme &#233;conomique. On comprendra dans ces conditions que le ton ait rapidement mont&#233; d'un cran lorsque certains pays ont commenc&#233; &#224; &#233;voquer la pr&#233;f&#233;rence nationale dans l'octroi des contrats de la relance. Pis, ce qui n'&#233;tait jusque-l&#224; qu'une pr&#233;occupation secondaire, voire une question acad&#233;mique, est devenu anxi&#233;t&#233; lorsque les chiffres du commerce et de l'activit&#233; &#233;conomique mondiale ont amorc&#233; leur d&#233;clin. Ils confirmaient ce que tout le monde craignait : l'&#233;conomie mondiale passait &#224; travers un s&#233;rieux trou d'air, et les pr&#233;visions n'auguraient absolument rien de bon. D&#232;s lors, la mobilisation s'imposait pour d&#233;noncer un protectionnisme rampant, mais aussi la n&#233;cessit&#233; de ne pas m&#234;ler les cartes : le commerce n'avait rien &#224; voir avec la crise financi&#232;re en cours. Et certains d'en rajouter : le commerce est un facteur de stabilit&#233; et l'OMC un bel exemple de r&#233;ussite qui devrait servir de source d'inspiration aux r&#233;formateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le protectionnisme est-il un r&#233;el danger ? Assiste-t-on &#224; son retour ? Ce sont les deux premi&#232;res questions qu'il faudrait au moins commencer par se poser. Les dirigeants des grandes organisations &#233;conomiques internationales sont mont&#233;s aux cr&#233;neaux pour alarmer l'opinion publique, chiffres &#224; l'appui, et les dirigeants du G8 et G20 ont r&#233;pondu &#224; l'appel pour condamner sans ambages le protectionnisme et prendre des engagements fermes. Et comme il se doit, les chantres du libre-&#233;changisme y sont all&#233;s de leur petit couplet habituel sur les vertus du libre-&#233;change et sa contribution &#224; la reprise &#233;conomique. &#192; condition &#233;videmment que les gouvernants acceptent d'&#233;couter la voix de la raison plut&#244;t que celle des charlatans de l'&#233;conomie. Depuis, vu le peu de pi&#232;ces &#224; charge, la baudruche s'est comme d&#233;gonfl&#233;e. Il faut dire que, pour une fois, les &#233;conomistes ont, d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, &#233;t&#233; beaucoup plus pond&#233;r&#233;s que les politiciens. C'est plut&#244;t un autre discours qu'ils tiennent, plus rassurant, plus confiant aussi : nous ne sommes plus en 1929 ! Il peut y avoir des spasmes de protectionnisme, mais y recourir n'est-ce pas, dans un contexte de globalisation, se tirer dans le pied ? Le syst&#232;me ne poss&#232;de-t-il pas aussi ses garde-fous ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pr&#233;senterai les deux points de vue dans la premi&#232;re des deux notes, mais mon propos n'est pas d'entrer dans un d&#233;bat qui, je le r&#233;p&#232;te, n'en est pas un. Ou en fait, si d&#233;bat il doit y avoir, ce n'est pas sur le protectionnisme qu'il doit porter, mais sur le commercialisme. Les risques de d&#233;rapage sont beaucoup plus grands de ce c&#244;t&#233; que du c&#244;t&#233; du protectionnisme dans un syst&#232;me qui pousse les pays comme les entreprises &#224; exporter et &#224; toujours chercher de nouveaux march&#233;s. Rarement pourtant, le sujet est abord&#233;, et lorsqu'il l'est, c'est noy&#233; dans le d&#233;bat plus g&#233;n&#233;ral sur le protectionnisme. Plus fondamentalement encore, pourquoi agiter la muleta du protectionnisme pour &#233;nerver le taureau quand celui-ci ne veut pas venir ? Comme si on voulait d&#233;tourner l'attention et &#233;viter de parler de sujets plus d&#233;licats. Parce que, me semble-t-il, ce qui est important, ce n'est pas ce dont on parle, mais ce dont on ne parle pas. Et de quoi ne parle-t-on pas ? &#192; commencer de l'OMC elle-m&#234;me, mais aussi de l'avenir de la politique commerciale am&#233;ricaine, de la diplomatie commerciale de la Chine, des multinationales qui ont le beau jeu faute de r&#232;gles internationales &#224; leur sujet, des technologies de l'information qui bouleversent les r&#232;gles du commerce ou encore de ce non-sujet que sont &#224; l'OMC les conditions de travail. Je compte aborder ces sujets dans des chroniques &#224; venir, mais je me concentrerai dans la seconde note sur les transformations de l'&#233;conomie mondiale, celles qui sont &#224; l'&#339;uvre depuis trois d&#233;cennies et que l'on ne voit pas. Ou plut&#244;t si, que l'on voit &#224; l'&#339;uvre sans que l'on ne sache trop o&#249; tout cela va nous conduire. Elles sont nombreuses, mais ne sont pas toutes de m&#234;me importance. Deux m'int&#233;ressent tout particuli&#232;rement, parce qu'elles touchent directement les fondements du syst&#232;me commercial : la transnationalisation en acc&#233;l&#233;r&#233; des activit&#233;s &#233;conomiques et le retour en force des grandes man&#339;uvres commerciales. Serions-nous &#224; un tournant ? Certains le pensent, sautant peut-&#234;tre un peu trop rapidement aux conclusions lorsqu'ils voient dans le monde de demain, les uns un monde &#171; tout march&#233; &#187;, les autres un monde dont le centre de gravit&#233; ne serait plus l'axe Atlantique, mais l'axe Pacifique. Reconnaissons-leur au moins le m&#233;rite de poser le d&#233;bat, le v&#233;ritable d&#233;bat : quel futur pour un syst&#232;me commercial qui, quels qu'en soient les m&#233;rites, est non seulement dat&#233;, mais mal pr&#233;par&#233; aux bouleversements qui se pr&#233;parent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En regardant ce qui se passe, je ne puis que repenser &#224; l'ouvrage de Fran&#231;ois Julien, &#171; Les transformations silencieuses &#187;. Il m&#233;rite r&#233;flexion. Comme Fran&#231;ois Julien le souligne, nous ne sommes habitu&#233;s en Occident qu'&#224; deux sc&#233;narios possibles : l'&#233;quilibre et la rupture. Le syst&#232;me n'est pas statique ; il &#233;volue, se transforme, mais ce que l'on retient avant tout ce n'est pas que le syst&#232;me puisse, en &#233;voluant, changer de trajectoire ; ce sont les ruptures d'&#233;quilibre, lesquelles doivent &#234;tre suivies, apr&#232;s ajustement, par un retour &#224; un nouvel &#233;quilibre. Karl Marx le premier, fut confront&#233; &#224; ce probl&#232;me, qu'il ne parvint d'ailleurs pas &#224; r&#233;soudre. Joseph Schumpeter s'y confronta &#224; son tour, avec plus d'habilet&#233; en faisant de l'entrepreneur-innovateur un agitateur de changement permanent. Mais, l&#224; encore, si l'entrepreneur est celui qui brise les routines, le syst&#232;me finit toujours par retrouver son &#233;quilibre. D'autres ont suivi, analysant toujours plus en profondeur la croissance et le d&#233;veloppement, non sans distinguer les deux d'ailleurs, mais &#233;prouvant toujours autant de difficult&#233; que Marx et Schumpeter &#224; comprendre la transition, le passage qui permet de passer d'une forme &#224; une autre. On conna&#238;t bien le probl&#232;me de la neige : la neige qui fond est-elle encore de la neige ou est-ce d&#233;j&#224; de l'eau ? Dans son essai, Fran&#231;ois Julien se fait l'avocat du dialogue des pens&#233;es, entre la pens&#233;e grecque, rationaliste, d&#233;terministe, et la pens&#233;e chinoise qui ne dissocie pas le mouvement du changement. Dans la pens&#233;e grecque, le mouvement va d'une forme &#224; une autre, de quelque chose vers quelque chose, de mani&#232;re d&#233;termin&#233;e. Or &#171; la transition, nous dit-il, est imperceptible, mais elle conduit sous nos yeux au complet renversement &#187; (p. 82). Les transitions, contrairement aux r&#233;volutions, ne sont pas bruyantes, mais, nous dit-il encore, &#171; Elles (les transformations) infl&#233;chissent sans mot dire la situation, et ce jusqu'&#224; son basculement, sans qu'on ait prise sur elle par cons&#233;quent, et m&#234;me sans qu'on les voie, en d&#233;pit de leur &#233;vidence, et qu'on songe &#224; leur r&#233;sister &#187; (p.85). L'ordre est d&#233;j&#224; lui-m&#234;me d&#233;sordre, ce que la pens&#233;e chinoise per&#231;oit mieux que la pens&#233;e grecque : &#171; transformer &#187; ne signifie-t-il pas &#233;tymologiquement, rappelle-t-il, &#171; renverser &#187; en chinois ? Les temps morts, o&#249; rien ne se passe, ne sont-ils pas aussi ceux o&#249; les choses plus importantes se trament ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement aux autres sciences, l'&#233;conomie est rest&#233;e trop profond&#233;ment marqu&#233;e par le concept d'&#233;quilibre et les analyses en termes de cause &#224; effet. Elle est &#224; la peine pour &#233;tudier les transitions, ces moments particuliers o&#249; s'op&#232;rent les changements de trajectoire. Les mouvements ne sont pas seulement des mouvements autour d'un point d'&#233;quilibre ou en rupture avec le point d'&#233;quilibre ; les mouvements s'accompagnent toujours de changements, de transformations structurelles. Les conjoncturistes avaient tr&#232;s bien per&#231;u le probl&#232;me d&#232;s le tournant du vingti&#232;me si&#232;cle, ce qui les a conduits &#224; d&#233;couper les mouvements &#233;conomiques selon leur nature, &#224; distinguer entre la conjoncture et la structure, entre le cycle des affaires et les phases de d&#233;veloppement, entre les &#171; forces profondes &#187; et le circuit &#233;conomique, etc. Cette litt&#233;rature, aujourd'hui oubli&#233;e, jug&#233;e d&#233;pass&#233;e, ouvrait pourtant des pistes int&#233;ressantes qui avaient bien des points communs avec celles sur lesquelles Fran&#231;ois Julien nous invite &#224; r&#233;fl&#233;chir, notamment dans le chapitre qu'il consacre aux &#171; figures du renversement &#187;. C'est dans cet esprit que j'ai entrepris la r&#233;daction de ces notes. Pour essayer de comprendre ce qui se passe, ce qui est en train de changer. Sans trop savoir d'ailleurs o&#249; cela va me mener.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a deux &#233;cueils &#224; &#233;viter. Le premier, c'est de porter un jugement moral sur ces &#171; transformations silencieuses &#187;. C'est le parti qu'avait choisi de prendre la &lt;i&gt;Commission mondiale sur les dimensions sociales de la mondialisation&lt;/i&gt; en posant d'entr&#233;e de jeu le probl&#232;me : &#171; La voie actuellement suivie par la mondialisation doit changer &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Commission mondiale sur la dimension sociale de la mondialisation, Une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Certes, mais encore ? Est-ce pour autant que les choses ont chang&#233; depuis la publication du rapport, depuis le d&#233;but de la crise ? La r&#233;ponse est d&#233;finitivement non. Trop d'int&#233;r&#234;ts sont en jeu, serais-je tent&#233; de r&#233;pondre, mais il y a aussi une autre raison, plus fondamentale : on ne sait pas comment aborder le probl&#232;me. Comment, en effet, aborder le probl&#232;me de l'action collective quand la &#171; mondialisation &#187; que l'on pointe du doigt remet en question les cadres &#233;tablis et va &#224; l'encontre des id&#233;es re&#231;ues ? Pour que les choses changent, encore faut-il que nous ayons une vue juste des choses. C'&#233;tait le message de John Maynard Keynes. Il est plus d'actualit&#233; que jamais. M&#233;fions-nous d'ailleurs de ceux qui savent &#8211; on aurait peut-&#234;tre aim&#233; qu'ils le disent avant ! C'est le second &#233;cueil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire nous apprend que les choses ne se passent jamais comme nous le voudrions ni qu'elles sont d&#233;termin&#233;es. J'aurai l'occasion de l'illustrer dans la seconde note, lorsque je reviens sur la politique commerciale am&#233;ricaine. Certes, il est possible &#8211; sinon facile &#8211; de dire maintenant qu'en militant pour les droits des entreprises et en s'engageant dans la voie bilat&#233;rale, l'Administration Reagan a jou&#233; les apprentis sorciers. Mais, &#224; l'&#233;poque, combien d'&#233;conomistes n'ont-ils pas mis leur plume au service de ces politiques, les uns pour louer les m&#233;rites du r&#233;gionalisme, les autres ceux de l'investissement &#233;tranger ? Peut-&#234;tre auraient-ils &#233;t&#233; plus avis&#233;s s'ils avaient aussi reconnu que les droits des entreprises et l'investissement &#233;tranger, d'un c&#244;t&#233;, et le r&#233;gionalisme, de l'autre, minaient la r&#233;ciprocit&#233; et le multilat&#233;ralisme. Aujourd'hui, nous en sommes, pourtant, l&#224; : les fondements du temple ne tiennent plus ! Inutile de penser revenir en arri&#232;re ; il est trop tard. Cela ne veut pas dire qu'il ne faille pas agir, au contraire, mais pour agir il serait peut-&#234;tre temps d'accepter de changer nos repr&#233;sentations : le monde n'est pas encore int&#233;gr&#233;, mais il n'est d&#233;j&#224; plus interd&#233;pendant. Reconna&#238;tre d&#233;j&#224; cela, c'est d&#233;j&#224; commencer &#224; agir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Commission mondiale sur la dimension sociale de la mondialisation, Une mondialisation juste ; cr&#233;er des opportunit&#233;s pour tous, Gen&#232;ve, OIT, 2004, p. 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La muleta du protectionnisme</title>
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&lt;p&gt;Un protectionnisme en trompe-l'oeil &lt;br class='autobr' /&gt;
Christian Deblock &lt;br class='autobr' /&gt;
On ne voit pas le bl&#233; m&#251;rir, mais on constate le r&#233;sultat ; quand il est m&#251;r et qu'il faut le couper. Fran&#231;ois Julien, Les transformations silencieuses, (Paris, Grasset, 2009, p. 13) &lt;br class='autobr' /&gt;
Les deux notes qui suivent sont les premi&#232;res d'une s&#233;rie portant sur le commerce et le syst&#232;me commercial. J'ai voulu d&#233;buter par le protectionnisme, ou du moins par ce que je pourrais appeler le pseudo d&#233;bat sur le protectionnisme. Ce d&#233;bat s'est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;Groupe de recherche sur l'int&#233;gration continentale (GRIC)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="[(spip.php?page=mot-gric&amp;id_mot=3&amp;mots[]=3|url_absolue)]" rel="tag"&gt;Asie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="[(spip.php?page=mot-gric&amp;id_mot=44&amp;mots[]=44|url_absolue)]" rel="tag"&gt;Commerce et investissement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="[(spip.php?page=mot-gric&amp;id_mot=137&amp;mots[]=137|url_absolue)]" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="[(spip.php?page=mot-gric&amp;id_mot=214&amp;mots[]=214|url_absolue)]" rel="tag"&gt;Capitalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="[(spip.php?page=mot-gric&amp;id_mot=283&amp;mots[]=283|url_absolue)]" rel="tag"&gt;Crise &#233;conomique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="[(spip.php?page=mot-gric&amp;id_mot=324&amp;mots[]=324|url_absolue)]" rel="tag"&gt;Notes de synth&#232;se &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un protectionnisme en trompe-l'oeil&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Christian Deblock&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;On ne voit pas le bl&#233; m&#251;rir, mais on constate le r&#233;sultat ; &lt;br class='autobr' /&gt;
quand il est m&#251;r et qu'il faut le couper. Fran&#231;ois Julien, Les transformations silencieuses,&lt;br class='autobr' /&gt;
(Paris, Grasset, 2009, p. 13)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les deux notes qui suivent sont les premi&#232;res d'une s&#233;rie portant sur le commerce et le syst&#232;me commercial. J'ai voulu d&#233;buter par le protectionnisme, ou du moins par ce que je pourrais appeler le pseudo d&#233;bat sur le protectionnisme. Ce d&#233;bat s'est amorc&#233; au cours de l'ann&#233;e 2008 lorsque certains ont commenc&#233; &#224; comparer la crise actuelle &#224; celle de 1929. &#201;videmment, on ne peut &#233;voquer cette crise sans parler de la loi Smoot-Hawley, des d&#233;valuations comp&#233;titives, des pr&#233;f&#233;rences imp&#233;riales, des guerres tarifaires et, en fin de compte, de l'effondrement du commerce. Il n'y a pas unanimit&#233; tant chez les &#233;conomistes que chez les historiens sur la question de savoir si c'est la crise et l'effondrement du commerce qui ont pouss&#233; les pays &#224; se tourner vers le protectionnisme, ou bien si, &#224; l'inverse, c'est le protectionnisme qui a pouss&#233; le commerce dans la spirale de la d&#233;pression. Les avis divergent mais, n&#233;anmoins, dans l'imaginaire collectif, la crise de 1929 et le protectionnisme ne font qu'un et, si le protectionnisme n'est peut-&#234;tre pas directement responsable de la crise, tout du moins a-t-il largement contribu&#233; &#224; son ampleur, aux guerres commerciales et &#224; l'expansionnisme &#233;conomique. On comprendra dans ces conditions que le ton ait rapidement mont&#233; d'un cran lorsque certains pays ont commenc&#233; &#224; &#233;voquer la pr&#233;f&#233;rence nationale dans l'octroi des contrats de la relance. Pis, ce qui n'&#233;tait jusque-l&#224; qu'une pr&#233;occupation secondaire, voire une question acad&#233;mique, est devenu anxi&#233;t&#233; lorsque les chiffres du commerce et de l'activit&#233; &#233;conomique mondiale ont amorc&#233; leur d&#233;clin. Ils confirmaient ce que tout le monde craignait : l'&#233;conomie mondiale passait &#224; travers un s&#233;rieux trou d'air, et les pr&#233;visions n'auguraient absolument rien de bon. D&#232;s lors, la mobilisation s'imposait pour d&#233;noncer un protectionnisme rampant, mais aussi la n&#233;cessit&#233; de ne pas m&#234;ler les cartes : le commerce n'avait rien &#224; voir avec la crise financi&#232;re en cours. Et certains d'en rajouter : le commerce est un facteur de stabilit&#233; et l'OMC un bel exemple de r&#233;ussite qui devrait servir de source d'inspiration aux r&#233;formateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le protectionnisme est-il un r&#233;el danger ? Assiste-t-on &#224; son retour ? Ce sont les deux premi&#232;res questions qu'il faudrait au moins commencer par se poser. Les dirigeants des grandes organisations &#233;conomiques internationales sont mont&#233;s aux cr&#233;neaux pour alarmer l'opinion publique, chiffres &#224; l'appui, et les dirigeants du G8 et G20 ont r&#233;pondu &#224; l'appel pour condamner sans ambages le protectionnisme et prendre des engagements fermes. Et comme il se doit, les chantres du libre-&#233;changisme y sont all&#233;s de leur petit couplet habituel sur les vertus du libre-&#233;change et sa contribution &#224; la reprise &#233;conomique. &#192; condition &#233;videmment que les gouvernants acceptent d'&#233;couter la voix de la raison plut&#244;t que celle des charlatans de l'&#233;conomie. Depuis, vu le peu de pi&#232;ces &#224; charge, la baudruche s'est comme d&#233;gonfl&#233;e. Il faut dire que, pour une fois, les &#233;conomistes ont, d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, &#233;t&#233; beaucoup plus pond&#233;r&#233;s que les politiciens. C'est plut&#244;t un autre discours qu'ils tiennent, plus rassurant, plus confiant aussi : nous ne sommes plus en 1929 ! Il peut y avoir des spasmes de protectionnisme, mais y recourir n'est-ce pas, dans un contexte de globalisation, se tirer dans le pied ? Le syst&#232;me ne poss&#232;de-t-il pas aussi ses garde-fous ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pr&#233;senterai les deux points de vue dans la premi&#232;re des deux notes, mais mon propos n'est pas d'entrer dans un d&#233;bat qui, je le r&#233;p&#232;te, n'en est pas un. Ou en fait, si d&#233;bat il doit y avoir, ce n'est pas sur le protectionnisme qu'il doit porter, mais sur le commercialisme. Les risques de d&#233;rapage sont beaucoup plus grands de ce c&#244;t&#233; que du c&#244;t&#233; du protectionnisme dans un syst&#232;me qui pousse les pays comme les entreprises &#224; exporter et &#224; toujours chercher de nouveaux march&#233;s. Rarement pourtant, le sujet est abord&#233;, et lorsqu'il l'est, c'est noy&#233; dans le d&#233;bat plus g&#233;n&#233;ral sur le protectionnisme. Plus fondamentalement encore, pourquoi agiter la muleta du protectionnisme pour &#233;nerver le taureau quand celui-ci ne veut pas venir ? Comme si on voulait d&#233;tourner l'attention et &#233;viter de parler de sujets plus d&#233;licats. Parce que, me semble-t-il, ce qui est important, ce n'est pas ce dont on parle, mais ce dont on ne parle pas. Et de quoi ne parle-t-on pas ? &#192; commencer de l'OMC elle-m&#234;me, mais aussi de l'avenir de la politique commerciale am&#233;ricaine, de la diplomatie commerciale de la Chine, des multinationales qui ont le beau jeu faute de r&#232;gles internationales &#224; leur sujet, des technologies de l'information qui bouleversent les r&#232;gles du commerce ou encore de ce non-sujet que sont &#224; l'OMC les conditions de travail. Je compte aborder ces sujets dans des chroniques &#224; venir, mais je me concentrerai dans la seconde note sur les transformations de l'&#233;conomie mondiale, celles qui sont &#224; l'&#339;uvre depuis trois d&#233;cennies et que l'on ne voit pas. Ou plut&#244;t si, que l'on voit &#224; l'&#339;uvre sans que l'on ne sache trop o&#249; tout cela va nous conduire. Elles sont nombreuses, mais ne sont pas toutes de m&#234;me importance. Deux m'int&#233;ressent tout particuli&#232;rement, parce qu'elles touchent directement les fondements du syst&#232;me commercial : la transnationalisation en acc&#233;l&#233;r&#233; des activit&#233;s &#233;conomiques et le retour en force des grandes man&#339;uvres commerciales. Serions-nous &#224; un tournant ? Certains le pensent, sautant peut-&#234;tre un peu trop rapidement aux conclusions lorsqu'ils voient dans le monde de demain, les uns un monde &#171; tout march&#233; &#187;, les autres un monde dont le centre de gravit&#233; ne serait plus l'axe Atlantique, mais l'axe Pacifique. Reconnaissons-leur au moins le m&#233;rite de poser le d&#233;bat, le v&#233;ritable d&#233;bat : quel futur pour un syst&#232;me commercial qui, quels qu'en soient les m&#233;rites, est non seulement dat&#233;, mais mal pr&#233;par&#233; aux bouleversements qui se pr&#233;parent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En regardant ce qui se passe, je ne puis que repenser &#224; l'ouvrage de Fran&#231;ois Julien, &#171; Les transformations silencieuses &#187;. Il m&#233;rite r&#233;flexion. Comme Fran&#231;ois Julien le souligne, nous ne sommes habitu&#233;s en Occident qu'&#224; deux sc&#233;narios possibles : l'&#233;quilibre et la rupture. Le syst&#232;me n'est pas statique ; il &#233;volue, se transforme. Mais ce que l'on retient avant tout ce n'est pas que le syst&#232;me puisse, en &#233;voluant, changer de trajectoire ; ce sont les ruptures d'&#233;quilibre, lesquelles doivent &#234;tre suivies, apr&#232;s ajustement, par un retour &#224; un nouvel &#233;quilibre. Karl Marx le premier, fut confront&#233; &#224; ce probl&#232;me, qu'il ne parvint d'ailleurs pas &#224; r&#233;soudre. Joseph Schumpeter s'y confronta &#224; son tour, avec plus d'habilet&#233; en faisant de l'entrepreneur-innovateur un agitateur de changement permanent. Mais, l&#224; encore, si l'entrepreneur est celui qui brise les routines, le syst&#232;me finit toujours par retrouver son &#233;quilibre. D'autres ont suivi, analysant toujours plus en profondeur la croissance et le d&#233;veloppement, non sans distinguer les deux d'ailleurs, mais &#233;prouvant toujours autant de difficult&#233; que Marx et Schumpeter &#224; comprendre la transition, le passage qui permet de passer d'une forme &#224; une autre. On conna&#238;t bien le probl&#232;me de la neige : la neige qui fond est-elle encore de la neige ou est-ce d&#233;j&#224; de l'eau ? Dans son essai, Fran&#231;ois Julien se fait l'avocat du dialogue des pens&#233;es, entre la pens&#233;e grecque, rationaliste, d&#233;terministe, et la pens&#233;e chinoise qui ne dissocie pas le mouvement du changement. Dans la pens&#233;e grecque, le mouvement va d'une forme &#224; une autre, de quelque chose vers quelque chose, de mani&#232;re d&#233;termin&#233;e. Or &#171; la transition, nous dit-il, est imperceptible, mais elle conduit sous nos yeux au complet renversement &#187; (p. 82). Les transitions, contrairement aux r&#233;volutions, ne sont pas bruyantes, mais, nous dit-il encore, &#171; Elles (les transformations) infl&#233;chissent sans mot dire la situation, et ce jusqu'&#224; son basculement, sans qu'on ait prise sur elle par cons&#233;quent, et m&#234;me sans qu'on les voie, en d&#233;pit de leur &#233;vidence, et qu'on songe &#224; leur r&#233;sister &#187; (p.85). L'ordre est d&#233;j&#224; lui-m&#234;me d&#233;sordre, ce que la pens&#233;e chinoise per&#231;oit mieux que la pens&#233;e grecque : &#171; transformer &#187; ne signifie-t-il pas &#233;tymologiquement, rappelle-t-il, &#171; renverser &#187; en chinois ? Les temps morts, o&#249; rien ne se passe, ne sont-ils pas aussi ceux o&#249; les choses plus importantes se trament ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement aux autres sciences, l'&#233;conomie est rest&#233;e trop profond&#233;ment marqu&#233;e par le concept d'&#233;quilibre et les analyses en termes de cause &#224; effet. Elle est &#224; la peine pour &#233;tudier les transitions, ces moments particuliers o&#249; s'op&#232;rent les changements de trajectoire. Les mouvements ne sont pas seulement des mouvements autour d'un point d'&#233;quilibre ou en rupture avec le point d'&#233;quilibre ; les mouvements s'accompagnent toujours de changements, de transformations structurelles. Les conjoncturistes avaient tr&#232;s bien per&#231;u le probl&#232;me d&#232;s le tournant du vingti&#232;me si&#232;cle, ce qui les a conduits &#224; d&#233;couper les mouvements &#233;conomiques selon leur nature, &#224; distinguer entre la conjoncture et la structure, entre le cycle des affaires et les phases de d&#233;veloppement, entre les &#171; forces profondes &#187; et le circuit &#233;conomique, etc. Cette litt&#233;rature, aujourd'hui oubli&#233;e, jug&#233;e d&#233;pass&#233;e, ouvrait pourtant des pistes int&#233;ressantes qui avaient bien des points communs avec celles sur lesquelles Fran&#231;ois Julien nous invite &#224; r&#233;fl&#233;chir, notamment dans le chapitre qu'il consacre aux &#171; figures du renversement &#187;. C'est dans cet esprit que j'ai entrepris la r&#233;daction de ces notes. Pour essayer de comprendre ce qui se passe, ce qui est en train de changer. Sans trop savoir d'ailleurs o&#249; cela va me mener.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a deux &#233;cueils &#224; &#233;viter. Le premier, c'est de porter un jugement moral sur ces &#171; transformations silencieuses &#187;. C'est le parti qu'avait choisi de prendre la &lt;i&gt;Commission mondiale sur les dimensions sociales de la mondialisation&lt;/i&gt; en posant d'entr&#233;e de jeu le probl&#232;me : &#171; La voie actuellement suivie par la mondialisation doit changer &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Commission mondiale sur la dimension sociale de la mondialisation, Une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Certes, mais encore ? Est-ce pour autant que les choses ont chang&#233; depuis la publication du rapport, depuis le d&#233;but de la crise ? La r&#233;ponse est d&#233;finitivement non. Trop d'int&#233;r&#234;ts sont en jeu, serais-je tent&#233; de r&#233;pondre, mais il y a aussi une autre raison, plus fondamentale : on ne sait pas comment aborder le probl&#232;me. Comment, en effet, aborder le probl&#232;me de l'action collective quand la &#171; mondialisation &#187; que l'on pointe du doigt remet en question les cadres &#233;tablis et va &#224; l'encontre des id&#233;es re&#231;ues ? Pour que les choses changent, encore faut-il que nous ayons une vue juste des choses. C'&#233;tait le message de John Maynard Keynes. Il est plus d'actualit&#233; que jamais. M&#233;fions-nous d'ailleurs de ceux qui savent &#8211; on aurait peut-&#234;tre aim&#233; qu'ils le disent avant ! C'est le second &#233;cueil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire nous apprend que les choses ne se passent jamais comme nous le voudrions ni qu'elles sont d&#233;termin&#233;es. J'aurai l'occasion de l'illustrer dans la seconde note, lorsque je reviens sur la politique commerciale am&#233;ricaine. Certes, il est possible &#8211; sinon facile &#8211; de dire maintenant qu'en militant pour les droits des entreprises et en s'engageant dans la voie bilat&#233;rale, l'Administration Reagan a jou&#233; les apprentis sorciers. Mais, &#224; l'&#233;poque, combien d'&#233;conomistes n'ont-ils pas mis leur plume au service de ces politiques, les uns pour louer les m&#233;rites du r&#233;gionalisme, les autres ceux de l'investissement &#233;tranger ? Peut-&#234;tre auraient-ils &#233;t&#233; plus avis&#233;s s'ils avaient aussi reconnu que les droits des entreprises et l'investissement &#233;tranger, d'un c&#244;t&#233;, et le r&#233;gionalisme, de l'autre, minaient la r&#233;ciprocit&#233; et le multilat&#233;ralisme. Aujourd'hui, nous en sommes, pourtant, l&#224; : les fondements du temple ne tiennent plus ! Inutile de penser revenir en arri&#232;re ; il est trop tard. Cela ne veut pas dire qu'il ne faille pas agir, au contraire, mais pour agir il serait peut-&#234;tre temps d'accepter de changer nos repr&#233;sentations : le monde n'est pas encore int&#233;gr&#233;, mais il n'est d&#233;j&#224; plus interd&#233;pendant. Reconna&#238;tre d&#233;j&#224; cela, c'est d&#233;j&#224; commencer &#224; agir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://ceim.uqam.ca/spip.php?article571&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cliquez ici pour voir la conf&#233;rence &#034;L'illusion du protectionnisme&#034; avec Christian Deblock.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Commission mondiale sur la dimension sociale de la mondialisation, Une mondialisation juste ; cr&#233;er des opportunit&#233;s pour tous, Gen&#232;ve, OIT, 2004, p. 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Herbert Croly et le progressisme am&#233;ricain au d&#233;but du 20e si&#232;cle</title>
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		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Notes de synth&#232;se </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les progr&#232;s substantiels r&#233;alis&#233;s &#224; partir de la fin du 17e si&#232;cle ont port&#233; certains philosophes europ&#233;ens tels que Montesquieu, Rousseau et Condorcet en France et Locke en Angleterre &#224; envisager s&#233;rieusement la question de la perfectibilit&#233; ind&#233;termin&#233;e de l'esp&#232;ce humaine. La propagation de ce concept m&#233;lioratif ne tarda pas &#224; atteindre les colonies britanniques d'Am&#233;rique qui &#233;taient en voie d'acc&#233;der &#224; l'ind&#233;pendance. Les P&#232;res fondateurs des &#201;tats-Unis ont emprunt&#233; au si&#232;cle des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;Groupe de recherche sur l'int&#233;gration continentale (GRIC)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="[(spip.php?page=mot-gric&amp;id_mot=137&amp;mots[]=137|url_absolue)]" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="[(spip.php?page=mot-gric&amp;id_mot=324&amp;mots[]=324|url_absolue)]" rel="tag"&gt;Notes de synth&#232;se &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les progr&#232;s substantiels r&#233;alis&#233;s &#224; partir de la fin du 17e si&#232;cle ont port&#233; certains philosophes europ&#233;ens tels que Montesquieu, Rousseau et Condorcet en France et Locke en Angleterre &#224; envisager s&#233;rieusement la question de la perfectibilit&#233; ind&#233;termin&#233;e de l'esp&#232;ce humaine. La propagation de ce concept m&#233;lioratif ne tarda pas &#224; atteindre les colonies britanniques d'Am&#233;rique qui &#233;taient en voie d'acc&#233;der &#224; l'ind&#233;pendance. Les P&#232;res fondateurs des &#201;tats-Unis ont emprunt&#233; au si&#232;cle des lumi&#232;res les valeurs de li-bert&#233;, d'&#233;galit&#233; et de fraternit&#233; pour en fabriquer un id&#233;al de d&#233;mocratie qui s'est mu&#233; en tradition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Suite dans le document joint]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le corridor &#201;tats-Unis/Mexique</title>
		<link>https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?page=article-gric&amp;id_article=4238</link>
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		<dc:date>2008-04-15T17:10:12Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Politique et n&#233;gociations commerciales</dc:subject>
		<dc:subject>Investissement et FMN</dc:subject>
		<dc:subject>Notes de synth&#232;se </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pendant longtemps, les transferts de fonds n'ont gu&#232;re attir&#233; l'attention des d&#233;cideurs politiques et des organisations internationales. Pourtant, ce ph&#233;nom&#232;ne existe depuis plusieurs d&#233;cennies aussi bien au Mexique qu'ailleurs dans le monde. En fait, les envois d'argent &#233;taient auparavant comptabilis&#233;s dans la balance des paiements des &#201;tats comme des erreurs. L'int&#233;r&#234;t institutionnel pour ces formes d'envois d'argent date seulement du milieu des ann&#233;es 1990. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour citer : Sophie Le Blanc, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;Groupe de recherche sur l'int&#233;gration continentale (GRIC)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="[(spip.php?page=mot-gric&amp;id_mot=41&amp;mots[]=41|url_absolue)]" rel="tag"&gt;Politique et n&#233;gociations commerciales&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="[(spip.php?page=mot-gric&amp;id_mot=42&amp;mots[]=42|url_absolue)]" rel="tag"&gt;Investissement et FMN&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="[(spip.php?page=mot-gric&amp;id_mot=324&amp;mots[]=324|url_absolue)]" rel="tag"&gt;Notes de synth&#232;se &lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pendant longtemps, les transferts de fonds n'ont gu&#232;re attir&#233; l'attention des d&#233;cideurs politiques et des organisations internationales. Pourtant, ce ph&#233;nom&#232;ne existe depuis plusieurs d&#233;cennies aussi bien au Mexique qu'ailleurs dans le monde. En fait, les envois d'argent &#233;taient auparavant comptabilis&#233;s dans la balance des paiements des &#201;tats comme des erreurs. L'int&#233;r&#234;t institutionnel pour ces formes d'envois d'argent date seulement du milieu des ann&#233;es 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Pour citer&lt;/i&gt; : Sophie Le Blanc, &lt;i&gt;Le corridor &#201;tats-Unis/Mexique ; fiche synth&#232;se sur les transferts de fonds&lt;/i&gt;, CEIM, 2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Suite dans le document joint)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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