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	<title>Chaire UNESCO d’études des fondements philosophique de la justice et de la société démocratique | UQAM</title>
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	<description>Les travaux de la Chaire sont ancrés dans les champs de la philosophie politique et de la philosophie du droit sous un horizon interdisciplinaire et visent à répondre aux différentes facettes du mandat fondateur des Chaires de philosophie de l’UNESCO : jouer un rôle de leadership, rassembler autour de thèmes fédérateurs illustrant, défendant et faisant partager au plus grand nombre possible, la nature, l’importance et les effets éthiques, politiques et sociaux de la pensée critique et de la réflexion philosophique.</description>
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		<title>Chaire UNESCO d’études des fondements philosophique de la justice et de la société démocratique | UQAM</title>
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		<title>FORMES ET M&#201;FORME DE LA TUTELLE INTERNATIONALE EN BOSNIE-HERZEGOVINE</title>
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		<dc:date>2010-07-06T13:17:12Z</dc:date>
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		<dc:creator>&lt;span class=&#034;vcard author&#034;&gt;&lt;a class=&#034;url fn spip_in&#034; href=&#034;https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?page=auteur-unesco&amp;id_auteur=833&#034;&gt;Renaud Dorlhiac&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;</dc:creator>


		<dc:subject>Bulletin du maintien de la paix</dc:subject>

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&lt;p&gt;Renaud Dorlhiac. &#171; FORMES ET M&#201;FORME DE LA TUTELLE INTERNATIONALE EN BOSNIE-HERZEGOVINE &#187;, Bulletin du maintien de la paix, no. 99, juillet 2010. &lt;br class='autobr' /&gt; Depuis juin 2006, et la d&#233;cision du Conseil de Mise en &#338;uvre des Accords de Paix de Dayton-Paris (PIC) de s'engager sur la voie d'une cl&#244;ture de la fonction de Haut-Repr&#233;sentant (HR), la place et les modalit&#233;s d'exercice de la pr&#233;sence internationale en Bosnie-Herz&#233;govine focalisent plus que jamais les attentions politiques. Cette question, non (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?rubrique17" rel="directory"&gt;Centre d'&#233;tudes des politiques &#233;trang&#232;res et de s&#233;curit&#233; (CEPES)&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Renaud Dorlhiac. &#171; FORMES ET M&#201;FORME DE LA TUTELLE INTERNATIONALE EN BOSNIE-HERZEGOVINE &#187;, &lt;i&gt;Bulletin du maintien de la paix&lt;/i&gt;, no. 99, juillet 2010.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis juin 2006, et la d&#233;cision du Conseil de Mise en &#338;uvre des Accords de Paix de Dayton-Paris (PIC) de s'engager sur la voie d'une cl&#244;ture de la fonction de Haut-Repr&#233;sentant (HR), la place et les modalit&#233;s d'exercice de la pr&#233;sence internationale en Bosnie-Herz&#233;govine focalisent plus que jamais les attentions politiques. Cette question, non tranch&#233;e depuis quatre ans, parach&#232;ve les d&#233;bats de longue haleine portant essentiellement sur l'&#233;quilibre recherch&#233; entre l'affirmation de la perspective europ&#233;enne du pays et les efforts de remobilisation de l'ensemble de la communaut&#233; internationale dans un contexte politique int&#233;rieur tr&#232;s d&#233;grad&#233;. Centr&#233; sur l'exercice par le HR de ses pouvoirs ex&#233;cutifs (&#171; de Bonn &#187;(1)), le bras de fer, engag&#233; entre celui-ci et les autorit&#233;s de Republika Srpska (RS), souligne l'&#233;chec partiel de la strat&#233;gie d&#233;velopp&#233;e depuis quinze ans en Bosnie-Herz&#233;govine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tensions irr&#233;solues entre un cadre institutionnel insatisfaisant, mais incontournable (issu des Accords de Dayton), et une Bosnie-Herz&#233;govine toujours lue au regard de la guerre civile qui l'a ravag&#233;e de 1992 &#224; 1995, faussent les termes du d&#233;bat (Xavier Bougarel, &#171; Dayton, dix ans apr&#232;s : le leurre des bilans ? &#187;, Critique Internationale, n&#176; 29, 2005). Elles expliquent aussi en partie pourquoi, depuis quelque temps, la dynamique relative enclench&#233;e durant une d&#233;cennie par les HR successifs est en panne. Il en va de m&#234;me de l'engagement de l'Union europ&#233;enne (UE) qui, de la cr&#233;ation de la fonction de Repr&#233;sentant Sp&#233;cial (RSUE) en 2003, &#224; la signature d'un Accord de Stabilisation et d'Association (ASA), en juin 2008, a suscit&#233; davantage de mouvements tactiques que d'avanc&#233;es de fond. Dans ce contexte, il est l&#233;gitime de se demander dans quelle mesure la crise qui affecte le dispositif international civil et militaire en Bosnie-Herz&#233;govine n'est pas non plus le reflet d'une dynamique europ&#233;enne en panne de mod&#232;les.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La communaut&#233; internationale mise au d&#233;fi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La remise en cause croissante de l'action de la communaut&#233; internationale en Bosnie-Herz&#233;govine ponctue des ann&#233;es de d&#233;litement de ses relations avec les autorit&#233;s locales. Depuis octobre 2007 et la grave crise institutionnelle provoqu&#233;e par la tentative avort&#233;e d'imposition de la r&#233;forme de la police (2), les autorit&#233;s de RS refusent de plus en plus fr&#233;quemment de se plier aux injonctions du HR. Cette posture r&#233;sulte d'ailleurs clairement des r&#233;solutions de l'Assembl&#233;e nationale de RS, en date du 14 mai 2009, rejetant d&#233;sormais le principe de nouveaux transferts de comp&#233;tences des entit&#233;s vers l'&#201;tat central. Le mois de janvier 2010 a &#233;t&#233; marqu&#233; par une succession de d&#233;cisions de la part de la RS mettant en cause l'autorit&#233; du HR en mati&#232;re d'interpr&#233;tation des Accords de Dayton, ainsi que la l&#233;gitimit&#233; du PIC. Le bras de fer opposant le protectorat international &#224; la RS a encore franchi un nouveau palier, le 19 mai 2010, avec l'adoption d'une loi r&#233;gulant les modalit&#233;s d'organisation d'un r&#233;f&#233;rendum en RS. Bien que l'objectif annonc&#233; se cantonne &#224; la d&#233;fense scrupuleuse des Accords de paix (questionnant donc, implicitement, la l&#233;galit&#233; du recours aux pouvoirs de Bonn), il n'en demeure pas moins que la possibilit&#233; pour les entit&#233;s d'organiser des scrutins sur des sujets outrepassant leurs comp&#233;tences constitue un pr&#233;c&#233;dent risqu&#233;. En effet, bien que le libell&#233; &#233;carte officiellement les appels &#224; l'autod&#233;termination, sa simple &#233;vocation renvoie plus ou moins consciemment aux heures les plus sombres du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, le raidissement par rapport aux tentatives r&#233;p&#233;t&#233;es d'ing&#233;rence de la communaut&#233; internationale dans les affaires locales recouvre sans surprise la d&#233;licate question de l'&#233;quilibre institutionnel du pays (d&#233;finissant la structure de l'&#201;tat bosnien et la place des trois peuples qui le composent : Bosniaques, Bosno-Croates et Bosno-Serbes). Largement en panne, depuis le rejet par le Parlement du paquet d'amendements, en avril 2006, la r&#233;forme constitutionnelle a &#233;t&#233; relanc&#233;e par le processus de Butmir, promu par les &#201;tats-Unis et la pr&#233;sidence su&#233;doise de l'UE, &#224; l'automne 2009 (ICG, &#8220;Bosnia's dual crisis&#8221;, Europe Briefing, n&#176; 57, 12 novembre 2009). Malgr&#233; le rejet des propositions par la quasi-totalit&#233; des formations politiques bosniennes, cette initiative rappelle qu'au-del&#224; des d&#233;bats actuels sur l'&#233;volution du dispositif international en Bosnie-Herz&#233;govine, les enjeux v&#233;ritables portent sur la capacit&#233; du pays &#224; adopter un cadre institutionnel am&#233;liorant sa fonctionnalit&#233; et lui permettant, &#224; terme, d'int&#233;grer l'UE. Le message liminaire est d'autant plus clair que les questions constitutionnelles ne sont pourtant pas consid&#233;r&#233;es comme l'un des &#233;l&#233;ments pr&#233;ludant &#224; la cl&#244;ture de la fonction de HR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;volution du dispositif international politique en Bosnie-Herz&#233;govine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sc&#233;nario classiquement retenu depuis juin 2006 reposait sur une cl&#244;ture de la fonction de HR pr&#233;alable &#224; la mont&#233;e en puissance d'un RSUE renforc&#233; (&#224; la fois repr&#233;sentant local du Conseil et de la Commission europ&#233;enne). &#192; sa fa&#231;on, cette orientation ent&#233;rine les progr&#232;s accomplis par la Bosnie-Herz&#233;govine dans son cheminement vers l'UE, durant la premi&#232;re moiti&#233; de la d&#233;cennie. La vocation europ&#233;enne du pays est d'ailleurs unanimement reconnue, m&#234;me si sa mise en &#339;uvre est longue &#224; se dessiner. L'approche retenue depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e 2008 renon&#231;ait &#224; un calendrier pr&#233;cis de transition, au profit de la satisfaction pr&#233;alable de cinq objectifs et deux conditions. D'importance variable, les premiers portent respectivement sur la r&#233;solution du statut du district de Br&#269;ko, la r&#233;partition entre entit&#233;s et pouvoir central des propri&#233;t&#233;s &#233;tatiques et de d&#233;fense, le renforcement de l'&#201;tat de droit et du syst&#232;me fiscal. Pour leur part, les secondes recouvrent la signature d'un ASA avec la Commission europ&#233;enne, ainsi qu'une &#233;valuation positive de la situation politique. Pourtant, en d&#233;pit de cette approche qui se veut r&#233;solument technique, les crit&#232;res fix&#233;s peinent &#224; &#234;tre satisfaits (&#224; l'exception de la signature de l'ASA), ce qui traduit tant l'absence d'accord interne qu'une volont&#233; de contrarier le sc&#233;nario de transition envisag&#233;. La difficult&#233; &#224; transiger sur des sujets pourtant mineurs souligne une nouvelle fois combien, dans un contexte de m&#233;fiance et de rivalit&#233; aigu&#235;s, toute question pr&#233;tendument technique est in&#233;vitablement politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Confront&#233;e &#224; une r&#233;sistance mal comprise, et incapable de d&#233;finir une vision coh&#233;rente pour la Bosnie-Herz&#233;govine, la communaut&#233; internationale navigue &#224; vue. Car, contrairement &#224; l'opinion convenue, les Bosniaques ne sont pas les seuls &#224; &#234;tre d&#233;favorables &#224; une suppression de la fonction de HR per&#231;ue, de fa&#231;on exag&#233;r&#233;e, comme le v&#233;ritable garant de l'int&#233;grit&#233; du pays. Pour des raisons certes diff&#233;rentes, et malgr&#233; les discours officiels, Bosno-Croates et Bosno-Serbes s'entendent &#233;galement sur le maintien du HR. Il n'est pas innocent que ces derniers bloquent sans arguments r&#233;ellement d&#233;cisifs les conditions relatives au statut de Br&#269;ko et &#224; la r&#233;partition des propri&#233;t&#233;s de d&#233;fense. Aussi faible soit-il, le HR est un &#233;l&#233;ment fondamental de la strat&#233;gie de d&#233;responsabilisation ch&#232;re &#224; l'ensemble de la classe politique bosnienne. Son maintien leur permet de ne pas affronter directement leur &#233;lectorat sur les sujets de fond, et de fa&#231;on plus prosa&#239;que, de se cantonner &#224; la d&#233;fense d'int&#233;r&#234;ts particuliers au d&#233;triment des int&#233;r&#234;ts communs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait cependant na&#239;f de penser que les r&#233;sistances &#224; la suppression de la fonction de HR &#233;manent des seuls acteurs locaux. La rationalisation de l'effort europ&#233;en, que pr&#233;suppose le renforcement de la fonction de RSUE, pose la question de la place et des modalit&#233;s d'association &#224; accorder aux &#201;tats et institutions non europ&#233;ens du PIC. Or, le poids de certains d'entre eux dans les affaires bosniennes (&#201;tats-Unis, Russie, Turquie -en tant que repr&#233;sentant de l'Organisation de la Conf&#233;rence Islamique-) requiert de trouver les modalit&#233;s ad&#233;quates &#224; la poursuite de leur engagement, au moment o&#249; tous craignent de voir leur r&#244;le amoindri dans un contexte fortement europ&#233;anis&#233;. On peut &#233;galement douter de l'unit&#233; de vues entre &#201;tats membres de l'UE sur le sujet de la transition. L'attachement de certains d'entre eux &#224; une lecture stricte de la conditionnalit&#233; (aboutissant, de fait, &#224; d'incessants reports de d&#233;cision), ou l'empathie tr&#232;s forte du RSUE pour les Bosno-Croates, sont autant d'exemples de la difficult&#233; europ&#233;enne &#224; appr&#233;hender collectivement et globalement la probl&#233;matique bosnienne. Ainsi, la perception unanime des perspectives euro-atlantiques comme catalyseur des dynamiques bosniennes (au service d'une stabilisation durable du pays comme de la r&#233;gion), une nouvelle fois formellement r&#233;affirm&#233;e au plus haut niveau lors de la Conf&#233;rence organis&#233;e &#224; Sarajevo par la pr&#233;sidence espagnole de l'UE, le 2 juin 2010, ne suffit pas &#224; surmonter une conjonction d'int&#233;r&#234;ts divergents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cons&#233;quence, l'intensification des r&#233;flexions autour d'un d&#233;couplage des fonctions de HR et de RSUE renforc&#233; (et de leur calendrier de transition) appara&#238;t comme une &#233;volution naturelle. Visant &#224; rassurer les acteurs non europ&#233;ens, dans un contexte de division des &#201;tats membres, elle n'en traduit non moins un scepticisme certain quant &#224; la capacit&#233; de l'UE &#224; relever, seule, les d&#233;fis qui se posent dans le pays. Ces interrogations affectent &#233;galement la pr&#233;sence militaire dont la dimension politique (d&#233;rivant du soutien prodigu&#233; &#224; l'action du HR) se trouve accrue du fait de l'absence d'enjeux s&#233;curitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La lente agonie du dispositif international militaire en &lt;br class='autobr' /&gt;
Bosnie-Herz&#233;govine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Forte d'une situation s&#233;curitaire stable et d'avanc&#233;es politiques encourageantes au milieu de la d&#233;cennie, l'op&#233;ration europ&#233;enne EUFOR-Alth&#233;a, lanc&#233;e en d&#233;cembre 2004 (succ&#233;dant &#224; l'op&#233;ration otanienne SFOR), s'est rapidement engag&#233;e sur la voie d'une r&#233;duction de ses effectifs et de ses moyens. Le recentrage de l'op&#233;ration autour d'activit&#233;s proprement militaires permit au Conseil europ&#233;en de d&#233;cembre 2006 d'avaliser le passage de 7 000 &#224; 2 500 personnels (moins de 2000, &#224; l'heure actuelle). N&#233;anmoins, la d&#233;t&#233;rioration du dialogue politique interne, &#224; l'approche des &#233;lections g&#233;n&#233;rales d'octobre 2006, et l'appr&#233;hension entourant le d&#233;roulement des n&#233;gociations sur le futur statut du Kosovo, incit&#232;rent l'UE &#224; faire preuve de prudence dans le rythme du d&#233;sengagement militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aboutissement (m&#234;me imparfait) du processus statutaire au Kosovo et le renforcement de l'effort otanien en Afghanistan ont accru les vell&#233;it&#233;s de d&#233;part du th&#233;&#226;tre bosnien, alors que le pays b&#233;n&#233;ficiait d'une attention renouvel&#233;e du fait des tensions politiques r&#233;currentes entravant l'&#233;volution du protectorat international ainsi que sa marche euro-atlantique. Dans cette conjoncture, marqu&#233;e par une impatience croissante et une succession de retraits unilat&#233;raux fragilisant les capacit&#233;s d'action de l'op&#233;ration Alth&#233;a, certaines nations se sont faites l'avocat d'une cl&#244;ture rapide de l'op&#233;ration, arguant de la nature politique des probl&#232;mes rencontr&#233;s. L'ann&#233;e 2008 fut ainsi consacr&#233;e &#224; la recherche d'accommodements entre partenaires europ&#233;ens et &#224; une red&#233;finition de la strat&#233;gie militaire en Bosnie-Herz&#233;govine (dont les deux p&#244;les extr&#234;mes opposaient une approche s&#233;curitaire et une approche plus politique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant le second semestre 2008, la reconnaissance de l'ach&#232;vement des t&#226;ches militaires fut contrebalanc&#233;e par le lancement de r&#233;flexions sur l'avenir d'Alth&#233;a et sa subordination tacite &#224; la cl&#244;ture de la fonction de HR. La d&#233;cision de mise en &#339;uvre d'une mission non ex&#233;cutive de conseil et d'entra&#238;nement des forces arm&#233;es bosniennes, le 25 janvier 2010, concomitamment au maintien de son volet ex&#233;cutif, concl&#251;t des mois de tergiversations. Elle constituait le seul compromis possible entre les &#201;tats souhaitant un positionnement clair sur l'&#233;volution de l'op&#233;ration et ceux r&#233;tifs &#224; tout signe de d&#233;sengagement en Bosnie-Herz&#233;govine (dans le contexte d'une d&#233;gradation prononc&#233;e de la situation politique int&#233;rieure). En outre, l'examen du terme du mandat ex&#233;cutif et de la compl&#233;mentarit&#233; des calendriers d'&#233;volution des dispositifs militaire et civil fut report&#233; au lendemain des &#233;lections g&#233;n&#233;rales d'octobre 2010, et d'une &#233;valuation de leur impact sur la situation s&#233;curitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet ajournement est susceptible de relancer prochainement les retraits unilat&#233;raux de la part des nations les plus r&#233;fractaires &#224; une prolongation ind&#233;termin&#233;e de l'op&#233;ration. D'ores et d&#233;j&#224;, la r&#233;duction des contingents europ&#233;ens place la Turquie dans une situation pr&#233;&#233;minente sur le terrain et dans la cha&#238;ne d&#233;cisionnelle(3). Bien que la perspective de voir celle-ci assurer le commandement de l'op&#233;ration ou r&#233;clamer une r&#233;&#233;valuation de son r&#244;le dans la Politique de s&#233;curit&#233; et de d&#233;fense commune de l'UE (PSDC) inqui&#232;te nombre de capitales europ&#233;ennes (et irrite les Bosno-Serbes), l'UE ne semble pas &#224; m&#234;me de fournir l'effort capacitaire suffisant pour contrecarrer cet objectif. La crainte nourrie &#224; son &#233;gard rel&#232;ve tant des relations complexes qu'elle entretient avec l'UE que de la place sp&#233;cifique qu'elle occupe dans les relations entre l'UE et l'OTAN. Le fait qu'Alth&#233;a soit la derni&#232;re op&#233;ration europ&#233;enne encore r&#233;gie par les accords &#171; Berlin + &#187; lui donne un levier suppl&#233;mentaire. Il est r&#233;v&#233;lateur que son application, m&#234;me ponctuelle, &#224; la mission non ex&#233;cutive de conseil et de formation des forces arm&#233;es bosniennes, avive chez les Chypriotes et les Grecs de fortes craintes de voir leur cadre &#233;tendu au volet civil de la PSDC. Que cette crainte se confirme ou non &#224; l'avenir, la place assum&#233;e par la Turquie au sein de l'op&#233;ration Alth&#233;a r&#233;v&#232;le, &#224; coup s&#251;r, une r&#233;elle d&#233;naturation des objectifs initiaux de la PSDC (y compris dans son ouverture aux &#201;tats tiers).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, alors que l'Alliance atlantique pr&#244;ne la r&#233;duction de son dispositif dans les Balkans, l'&#233;volution de sa pr&#233;sence r&#233;siduelle en Bosnie-Herz&#233;govine est en partie tributaire de celle de l'op&#233;ration Alth&#233;a. La mission europ&#233;enne de conseil et d'entra&#238;nement entre potentiellement en concurrence avec les attributions r&#233;siduelles du QG de l'OTAN &#224; Sarajevo (reposant pour l'essentiel sur l'accompagnement de la r&#233;forme de la d&#233;fense). La constitution d'une structure militaire unifi&#233;e constitue d'ailleurs le principal succ&#232;s de ces derni&#232;res ann&#233;es en Bosnie-Herz&#233;govine. Il a permis au pays de gravir rapidement, depuis 2007, les &#233;chelons devant conduire &#224; une pleine int&#233;gration dans l'OTAN. Outre la participation &#224; tous les grands programmes du Partenariat pour la Paix (depuis novembre 2006), la Bosnie-Herz&#233;govine b&#233;n&#233;ficie aussi d'un Dialogue intensifi&#233; (accord&#233; lors du Sommet de Bucarest, au printemps 2008). Son admission au sein de la Charte adriatique, en d&#233;but d'ann&#233;e 2009, tout comme l'octroi -sous condition- du Plan d'Action Militaire (MAP) en avril 2010, devraient &#233;galement lui permettre d'optimiser ses performances, tout en &#339;uvrant &#224; la stabilisation du pays. Par ailleurs, l'objectif ultime d'int&#233;gration &#224; l'OTAN, qui sous-tend la r&#233;forme de la d&#233;fense ou les ambitieux programmes de destruction des surplus d'armements, anime aussi la volont&#233; bosnienne de contribution aux op&#233;rations ext&#233;rieures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La mont&#233;e en puissance des instruments s&#233;curitaires civils&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lent d&#233;litement du dispositif militaire international traduit implicitement la pr&#233;pond&#233;rance des probl&#233;matiques civiles en Bosnie-Herz&#233;govine. Celles-ci sont appr&#233;hend&#233;es principalement &#224; travers l'action d&#233;ploy&#233;e par la Mission de Police de l'Union europ&#233;enne (MPUE). L'entr&#233;e en vigueur d'un mandat red&#233;fini, le 1er janvier 2010, constitue l'ultime am&#233;nagement apport&#233; &#224; une mission originellement destin&#233;e &#224; accompagner l'&#233;volution du pays. L'accent mis sur le renforcement de la coordination entre les diff&#233;rentes composantes europ&#233;ennes en corrobore la forte dimension int&#233;gr&#233;e. Cet aspect r&#233;sultait d&#233;j&#224; de l'adjonction &#224; l'op&#233;ration Alth&#233;a d'une composante de maintien de l'ordre, avec l'inclusion en novembre 2007 de la Force de gendarmerie europ&#233;enne (FGE), dont il s'agit du premier engagement op&#233;rationnel. Le recentrage r&#233;cent du mandat de la MPUE autour de l'assistance &#224; la lutte contre la criminalit&#233; organis&#233;e et la corruption, l'extension de son maillage territorial, ou l'inclusion d'une dimension op&#233;rationnelle (et non plus exclusivement de conseil), laissent penser que les conditions minimales, n&#233;cessaires &#224; la conduite d'une action de fond en mati&#232;re de s&#233;curit&#233; int&#233;rieure, sont d&#233;sormais r&#233;unies. Cette &#233;volution est d'autant plus significative que les premi&#232;res ann&#233;es furent surtout consacr&#233;es &#224; l'&#233;dification de cadres &#233;l&#233;mentaires tels que l'adoption et l'harmonisation d'un dispositif l&#233;gislatif et r&#232;glementaire souscrivant aux normes europ&#233;ennes, ou encore l'int&#233;gration des forces de police dans un dispositif centralis&#233; plus ou moins consensuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dernier point fait cependant toujours l'objet d'&#226;pres d&#233;bats en Bosnie-Herz&#233;govine. La D&#233;claration adopt&#233;e &#224; Mostar, le 24 octobre 2007, subordonne l'acceptation locale de la r&#233;forme de la police voulue par l'UE &#224; l'adoption de deux lois fondamentales de police et &#224; une future r&#233;forme constitutionnelle. Sans port&#233;e contraignante, cette d&#233;claration constitua un geste tactique destin&#233; &#224; lever l'ultime condition bloquant la signature d'un ASA avec la Commission europ&#233;enne, plut&#244;t que le reflet d'un consensus sur la place &#224; accorder aux forces de police dans l'&#201;tat bosnien. Comme souvent dans le pays, celle-ci rel&#232;ve d'un dosage complexe entre les &#233;chelons locaux et central.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que se profilent de tr&#232;s importantes &#233;lections g&#233;n&#233;rales en octobre 2010, l'avenir du pays est r&#233;ellement au c&#339;ur de toutes les attentions. L'&#233;chec du processus de Butmir ainsi que l'incapacit&#233; de la communaut&#233; internationale &#224; faire &#233;voluer de fa&#231;on coh&#233;rente le dispositif en place depuis la fin du conflit, suscitent de fortes interrogations quant &#224; sa capacit&#233; &#224; r&#233;pondre aux d&#233;fis pos&#233;s par la Bosnie-Herz&#233;govine. Si le moteur europ&#233;en constitue vraisemblablement le seul levier capable de transcender les blocages internes et l'architecture issue des Accords de Dayton, encore faut-il qu'il soit utilis&#233; &#224; bon escient et avec d&#233;termination, sous peine d'atteindre rapidement, lui aussi, ses limites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte o&#249; tout est motif &#224; pr&#233;texte, il est remarquable que l'ensemble de la classe politique bosnienne puisse se retrouver autour d'objectifs concrets et partag&#233;s. Depuis l'avertissement adress&#233; par la Commission europ&#233;enne, le 15 juillet 2009 (en &#233;cartant la Bosnie-Herz&#233;govine des pays potentiellement b&#233;n&#233;ficiaires d'une lib&#233;ralisation des visas au premier janvier 2010), les acteurs politiques se sont rapidement mobilis&#233;s autour d'un enjeu dont ils sont directement redevables aupr&#232;s de leurs &#233;lectorats. En cons&#233;quence, les efforts fournis ont incit&#233; la Commission europ&#233;enne, le 27 mai 2010, &#224; recommander la lib&#233;ralisation des visas au second semestre (sous r&#233;serve de l'accomplissement pr&#233;alable de certaines conditions). Alors que les blocages durables de ces derni&#232;res ann&#233;es montrent clairement qu'un point de rupture a &#233;t&#233; atteint en Bosnie-Herz&#233;govine, une telle responsabilisation doit &#234;tre recherch&#233;e &#224; tout prix (ne serait-ce qu'en prenant le risque de faire &#233;voluer l'approche internationale ainsi que les r&#232;gles institutionnelles qui, peu ou prou, font le jeu d'acteurs locaux unis dans la d&#233;fense de leurs int&#233;r&#234;ts particuliers). La v&#233;ritable question n'est donc plus tant de savoir si la fonction de HR et l'op&#233;ration Alth&#233;a doivent &#234;tre closes, que de r&#233;fl&#233;chir au format et aux moyens du dispositif devant les relayer. On peut malheureusement craindre que les dynamiques actuelles, remettant en cause les modalit&#233;s et le calendrier d'&#233;volution du protectorat international, refl&#232;tent un syst&#232;me dans lequel personne ne se reconna&#238;t, mais que tout le monde utilise, comme si, lorsque le fond fait d&#233;faut ou semble hors d'atteinte, les apparences pouvaient sauver l'essentiel.3&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;***&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
(1) Ces pouvoirs attribu&#233;s en 1997 ont &#233;t&#233; con&#231;us pour permettre au HR d'imposer aux parties, en cas de blocage, son autorit&#233; finale en mati&#232;re d'interpr&#233;tation des dispositions des accords de paix de Dayton. L'absence de voies de recours a conduit la Conseil de l'Europe &#224; d&#233;noncer (en mars 2005) leur non-conformit&#233; aux principes d&#233;mocratiques.&lt;br&gt;
(2) European Stability Initiative (ESI), &#171; The worst in class. How the international protectorate hurts the european future of Bosnia and Herzegovina &#187;, 8 novembre 2007.&lt;br&gt;
(3) Parmi les nombreux postes cl&#233;s que la Turquie d&#233;tient d&#233;j&#224; figure le commandement de la division &#171; construction des capacit&#233;s &#187; qui, une fois cl&#244;t le mandat ex&#233;cutif, constituera le c&#339;ur de la mission d'assistance aux forces arm&#233;es bosniennes.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La supervision internationale &#224; l'&#233;preuve du Kosovo ind&#233;pendant</title>
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		<dc:creator>&lt;span class=&#034;vcard author&#034;&gt;&lt;a class=&#034;url fn spip_in&#034; href=&#034;https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?page=auteur-unesco&amp;id_auteur=833&#034;&gt;Renaud Dorlhiac&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;</dc:creator>


		<dc:subject>Bulletin du maintien de la paix</dc:subject>

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&lt;p&gt;Renaud Dorlhiac. &#171; La supervision internationale &#224; l'&#233;preuve du Kosovo ind&#233;pendant &#187;, Bulletin du maintien de la paix, no. 95, septembre 2009. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 17 f&#233;vrier 2008, les institutions provisoires du Kosovo proclam&#232;rent unilat&#233;ralement l'ind&#233;pendance de cette province serbe plac&#233;e, depuis 1999, sous le protectorat de la Mission des Nations Unies (MINUK). Ce geste, rendu n&#233;cessaire tant par l'opposition fondamentale entre dirigeants serbes et kosovars que par l'achoppement des n&#233;gociations sur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?rubrique17" rel="directory"&gt;Centre d'&#233;tudes des politiques &#233;trang&#232;res et de s&#233;curit&#233; (CEPES)&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Renaud Dorlhiac. &#171; La supervision internationale &#224; l'&#233;preuve du Kosovo ind&#233;pendant &#187;, Bulletin du maintien de la paix, no. 95, septembre 2009.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 17 f&#233;vrier 2008, les institutions provisoires du Kosovo proclam&#232;rent unilat&#233;ralement l'ind&#233;pendance de cette province serbe plac&#233;e, depuis 1999, sous le protectorat de la Mission des Nations Unies (MINUK). Ce geste, rendu n&#233;cessaire tant par l'opposition fondamentale entre dirigeants serbes et kosovars que par l'achoppement des n&#233;gociations sur le statut du Kosovo devant le Conseil de s&#233;curit&#233; des Nations Unies (CSNU), au printemps 2007, en raison du veto russe, a des cons&#233;quences importantes sur la situation politique et juridique du nouvel Etat. Outre le rejet du Plan devant en constituer l'ossature (con&#231;u par l'Envoy&#233; sp&#233;cial du Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral des Nations Unies &#8211;SGNU-, M. Ahtisaari), le blocage au CSNU about&#238;t au maintien en vigueur de la r&#233;solution 1244 (reconnaissant l'int&#233;grit&#233; territoriale de la Serbie et sa souverainet&#233; sur le Kosovo -en tant qu'h&#233;riti&#232;re de la R&#233;publique F&#233;d&#233;rale de Yougoslavie-).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce nouveau contexte affecte d'autant plus la tutelle internationale que les mois pr&#233;c&#233;dant la proclamation d'ind&#233;pendance furent davantage consacr&#233;s &#224; tenter de surmonter les d&#233;saccords &#233;mergents entre partenaires occidentaux (au sujet de la validit&#233; d'une ind&#233;pendance proclam&#233;e par les seuls Kosovars) plut&#244;t qu'&#224; mesurer les cons&#233;quences pratiques d'une solution non n&#233;goci&#233;e sur l'&#233;volution de la supervision internationale. L'&#233;chec de l'Union europ&#233;enne (UE) &#224; assouplir les positions en pr&#233;sence comme &#224; unifier celles de ses Etats membres (Chypre, Espagne, Gr&#232;ce, Roumanie et Slovaquie se refusent toujours &#224; reconna&#238;tre le nouvel Etat) augure mal de sa capacit&#233; &#224; jouer, au Kosovo, le r&#244;le directeur qui lui est pourtant unanimement reconnu. Il n'est pas non plus sans cons&#233;quences sur celui que les autres acteurs internationaux ont ou pensent avoir dans ce pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour acc&#233;der au document officiel et complet, veuillez t&#233;l&#233;charger le document PDF ci-joint.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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