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	<title>Centre d'&#233;tudes sur l'int&#233;gration et la mondialisation (CEIM)</title>
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	<description>Le CEIM r&#233;unit des chercheurs de r&#233;putation internationale sp&#233;cialistes de l'&#233;conomie politique des processus d'int&#233;gration et de mondialisation. Les th&#232;mes les plus importants d&#233;velopp&#233;s au CEIM sont : le r&#233;gionalisme, les institutions &#233;conomiques internationales, le commerce et l'investissement, le lien commerce-travail, la concurrence, les transformations du secteur des communications, les dimensions sociales et culturelles de la mondialisation.</description>
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		<title>Centre d'&#233;tudes sur l'int&#233;gration et la mondialisation (CEIM)</title>
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		<title>La CPI au Soudan : un objectif trop ambitieux pour la justice internationale ?</title>
		
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		<dc:creator>&lt;span class=&#034;vcard author&#034;&gt;&lt;a itemprop=&#034;author&#034; class=&#034;url fn spip_in&#034; href=&#034;https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?page=auteur-ceim&amp;id_auteur=807&#034;&gt;Etienne Tremblay-Champagne&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;</dc:creator>


		<dc:subject>Points de mire</dc:subject>

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&lt;p&gt;Etienne Tremblay-Champagne. &#171; La CPI au Soudan : un objectif trop ambitieux pour la justice internationale ? &#187;, Points de mire, vol. 10, no. 3, 21 avril 2009. &lt;br class='autobr' /&gt; Apr&#232;s de longues semaines d'attente, c'est finalement le 4 mars 2009 que la Cour p&#233;nale internationale (CPI), qui examinait depuis juillet 2008 un ensemble de preuves, a &#233;mis un mandat d'arr&#234;t contre le pr&#233;sident soudanais, Omar el-B&#233;chir, qui se retrouve accus&#233; de crimes contre l'humanit&#233; et crimes de guerre au Darfour. Pr&#232;s d'un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?page=mot-ceim&amp;id_mot=66" rel="tag"&gt;Points de mire&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Etienne Tremblay-Champagne. &#171; La CPI au Soudan : un objectif trop ambitieux pour la justice internationale ? &#187;, &lt;i&gt;Points de mire&lt;/i&gt;, vol. 10, no. 3, 21 avril 2009.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s de longues semaines d'attente, c'est finalement le 4 mars 2009 que la Cour p&#233;nale internationale (CPI), qui examinait depuis juillet 2008 un ensemble de preuves, a &#233;mis un mandat d'arr&#234;t contre le pr&#233;sident soudanais, Omar el-B&#233;chir, qui se retrouve accus&#233; de crimes contre l'humanit&#233; et crimes de guerre au Darfour. Pr&#232;s d'un mois plus tard, la communaut&#233; internationale se retrouve confront&#233;e aux dilemmes inh&#233;rents &#224; l'implication du domaine juridique dans une situation o&#249; pr&#233;valent d'abord et avant tout les rapports de force politiques. En effet, d&#232;s l'annonce de l'&#233;mission du mandat, le gouvernement soudanais a expuls&#233; du Darfour 16 organisations non-gouvernementales (ONG), dont 13 internationales, pour avoir collabor&#233; avec la CPI et qui, selon le Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'ONU, Ban Ki-moon, &#171; fournissent des services essentiels &#224; la vie de plus d'un million de personnes &#187; . Le Procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, qui avait &#233;t&#233; procureur adjoint lors de la mise en accusation de plusieurs hauts-responsables militaires argentins dans les ann&#233;es 1980, avait souvent fait des allusions &#224; peine voil&#233;es envers la responsabilit&#233; des dirigeants du r&#233;gime soudanais dans les crimes commis au Darfour. L'&#233;mission d'un mandat d'arr&#234;t contre un chef d'&#201;tat en exercice prend toutefois la communaut&#233; internationale par surprise &#233;tant donn&#233; la possibilit&#233; de r&#233;percussions sur la population du Darfour ou sur le personnel international. Il s'agit &#233;galement d'une situation avec peu de pr&#233;c&#233;dents, M. B&#233;chir n'&#233;tant que le troisi&#232;me chef d'&#201;tat en exercice inculp&#233; apr&#232;s Slobodan Milosevic et Charles Taylor. Alors que la communaut&#233; internationale multiplie les initiatives diplomatiques pour permettre l'acheminement d'aide humanitaire au Darfour, la CPI se doit de r&#233;tablir une perception d'impartialit&#233; aupr&#232;s des populations africaines et arabes si elle veut demeurer efficace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un mandat inapplicable &#224; court terme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principal d&#233;fi auquel doit faire face la justice p&#233;nale est l'absence de moyens propres pour effectuer l'arrestation. Elle doit donc se baser sur la bonne volont&#233; de plusieurs pays qui, malgr&#233; l'&#233;mergence des concepts d'intervention humanitaire et de responsabilit&#233; de prot&#233;ger, restent souvent r&#233;ticents &#224; risquer la vie de leurs soldats lorsqu'un enjeu ne les concerne pas directement. Bien qu'une force de paix conjointe de l'ONU et de l'Union africaine, la MINUAD, soit d&#233;ploy&#233;e au Darfour, elle n'est pas mandat&#233;e pour effectuer d'arrestation et a en outre des lacunes en termes d'effectifs et de mat&#233;riels. De plus, sa pr&#233;sence d&#233;coule d'une autorisation du gouvernement soudanais. Dans de telles circonstances, la comparaison entre le mandat &#233;mis &#224; l'encontre du Pr&#233;sident el-B&#233;chir et celui de l'&#233;mission d'un mandat d'arrestation international contre Slobodan Milosevic, alors que celui-ci &#233;tait encore au pouvoir, reste trompeuse. En effet, contrairement &#224; l'ex-Yougoslavie, il n'y a pas dans la r&#233;gion du Darfour des dizaines de milliers de soldats de l'OTAN venant de mener une longue offensive a&#233;rienne et pr&#234;ts &#224; intervenir. Dans l'&#233;tat actuel des choses, outre un changement de r&#233;gime amorc&#233; &#224; l'interne, seules des pressions ou des contraintes internationales pourraient permettre l'ex&#233;cution du mandat. &#192; court terme, le r&#233;gime soudanais r&#233;ussit &#224; bien tirer son &#233;pingle du jeu, voire m&#234;me &#224; renforcer ses appuis r&#233;gionaux, en s'en prenant &#224; la l&#233;gitimit&#233; politique de la CPI sans aborder les aspects juridiques et l&#233;gaux du mandat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CPI avertit qu'elle surveille de pr&#232;s les d&#233;placements du pr&#233;sident soudanais, mais doit compter sur les autorit&#233;s d'un de ses pays membres pour effectuer une arrestation. Celle-ci s'av&#232;rera difficile dans le cas du chef d'&#201;tat, particuli&#232;rement si celui-ci limite ses visites &#224; des pays alli&#233;s ou qui n'ont pas ratifi&#233; le Statut de Rome. Outre les 30 &#201;tats d'Afrique subsaharienne, seuls trois &#201;tats arabes ou d'Afrique du Nord ont ratifi&#233; le Statut cr&#233;ant la CPI, soit la Jordanie, les Comores et Djibouti, auxquels se rajoutent 11 pays qui n'ont appos&#233; que leur signature . Dans les faits et en raison du contexte politique actuel, il reste ainsi une marge de manoeuvre pour les d&#233;placements d'Omar el-B&#233;chir &#224; l'&#233;tranger, comme l'ont d&#233;montr&#233; de r&#233;centes visites en &#201;rythr&#233;e, &#201;gypte, Libye, Qatar et en Arabie Saoudite. Il s'agit donc d'une situation assez similaire &#224; celles de Radovan Karadzic et de Ratko Mladic, deux hauts responsables des Serbes de Bosnie accus&#233;s par le Tribunal p&#233;nal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) qui, sans pouvoir beaucoup voyager, b&#233;n&#233;ficiaient d'un fort capital de sympathie &#224; l'int&#233;rieur des zones serbes de l'ex-Yougoslavie. Une arrestation reste donc tr&#232;s improbable &#224; court terme, ce qui ne veut pas dire qu'elle ne se concr&#233;tisera pas &#224; moyen ou long terme, possiblement par le d&#233;tournement de l'avion pr&#233;sidentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La strat&#233;gie soudanaise : discr&#233;diter la CPI et faire appel au nationalisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime soudanais avance deux arguments afin de discr&#233;diter l'implication de la CPI au Darfour et de convaincre le Conseil de s&#233;curit&#233; de geler ses proc&#233;dures pour une dur&#233;e de 12 mois, comme le pr&#233;voit le Statut de Rome. L'examen des arguments rappelle d'ailleurs le discours de Milosevic face au TPIY. Selon le gouvernement soudanais, le mandat d'arrestation est d'abord une d&#233;cision irresponsable qui va repousser une issue n&#233;goci&#233;e au conflit au Darfour, voire m&#234;me causer la reprise de la guerre civile avec le Sud-Soudan, en radicalisant l'ensemble des acteurs. De plus, l'implication de la CPI est d&#233;crite comme une nouvelle forme de n&#233;ocolonialisme exclusivement dirig&#233;e contre l'Afrique ou les pays en d&#233;veloppement. Le Soudan obtient ainsi le soutien de nombreux pays africains et arabes et celui d'organisations telles que l'Union africaine et la Ligue arabe, qui voient en l'action de la CPI une ing&#233;rence &#233;trang&#232;re qui d&#233;courage les efforts pour obtenir une r&#233;solution politique du conflit au Darfour. La pr&#233;sence de M. B&#233;chir au sommet annuel de la Ligue arabe tenu le 30 mars est un bon exemple de cette dynamique : celui-ci qualifie le Conseil de s&#233;curit&#233; d'&#171; institution non-d&#233;mocratique qui (...) fait deux poids deux mesures, s'en prenant aux faibles et fait semblant de ne pas voir les (vrais) criminels &#187;. Par la suite, le communiqu&#233; &#233;mis par les membres de la Ligue stipule : &#171; nous soulignons notre solidarit&#233; avec le Soudan et notre rejet des d&#233;cisions de la CPI contre le pr&#233;sident B&#233;chir &#187;. Par ailleurs, certains des 30 membres de l'UA ayant ratifi&#233; le Statut de Rome pourraient &#234;tre pouss&#233;s &#224; s'en dissocier, une option qu'ils examineront les 8 et 9 juin prochains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement soudanais se retrouve pour le moment en position de force malgr&#233; l'&#233;mission du mandat d'arr&#234;t car il b&#233;n&#233;ficie &#233;galement d'un regain du nationalisme soudanais. Toutefois, si son opposition &#224; la CPI implique une certaine radicalisation du pays &#224; moyen terme, sa popularit&#233; pourrait r&#233;tr&#233;cir sur la sc&#232;ne domestique s'il doit faire face &#224; des difficult&#233;s internes, telles que les r&#233;percussions d'une baisse des cours p&#233;troliers ou des difficult&#233;s au niveau de la mise en &#339;uvre du processus de paix amorc&#233; avec le Sud-Soudan en 2005. En outre, il pourrait &#234;tre tenu responsable si, par exemple, la &#171; soudanisation &#187; de l'aide internationale au Darfour ne parvient pas &#224; remplacer efficacement les organisations internationales expuls&#233;es. En r&#233;sum&#233;, Omar el-B&#233;chir ne peut pas uniquement baser sa popularit&#233; sur son opposition &#224; la CPI : en ce sens, son statut pourrait &#234;tre remis en question par les mouvements d'opposition, qui restent toutefois fragment&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'importance d'&#233;viter l'apparence de partialit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En de telles circonstances, la CPI doit &#234;tre capable de mieux faire conna&#238;tre son r&#244;le afin de se dissocier de certaines perceptions dont elle fait l'objet. Elle doit tout d'abord rappeler qu'&#224; l'exception du Darfour, ce sont les chefs d'&#201;tats africains qui ont demand&#233; formellement son implication dans tous les cas o&#249; elle est pr&#233;sentement active (Ouganda, RDCongo, Centrafrique). De plus, la CPI doit &#234;tre consciente que, bien que plusieurs conflits importants aient secou&#233; le continent africain depuis son inauguration en 2002, son absence d'actions visibles &#224; l'ext&#233;rieur de l'Afrique peut donner lieu &#224; une certaine m&#233;fiance. Tant qu'elle ne se sera pas impliqu&#233;e directement dans d'autres types de situations, elle doit faire savoir qu'elle surveille de pr&#232;s certains &#233;v&#232;nements survenus &#224; l'ext&#233;rieur du continent, comme par exemple en Colombie ou en Isra&#235;l. Finalement, concernant son action au Darfour, la CPI doit &#234;tre en mesure de d&#233;montrer qu'elle n'a pas d'agenda politique cach&#233; mais qu'elle ob&#233;it &#224; une optique juridique. Sans absoudre pour autant le chef d'&#201;tat soudanais, l'&#233;mission probable de mandats d'arr&#234;ts contre les trois commandants rebelles du SLM-Unit&#233; responsables de l'attaque de la base africaine d'Haskanita en 2007 pourrait avoir une grande importance pour la suite des choses au Soudan. En effet, les diff&#233;rents groupes rebelles du Darfour, qui se sont scind&#233;s en une multitude de factions depuis 2006 et s'opposent pour la plupart aux n&#233;gociations, ont &#233;galement leur part de responsabilit&#233;s dans la poursuite des hostilit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La communaut&#233; internationale ne doit pour sa part envisager un gel des proc&#233;dures du Conseil de s&#233;curit&#233; qu'en &#233;change de garanties cr&#233;dibles en faveur de la paix au Darfour, puisqu'une utilisation r&#233;p&#233;t&#233;e de ce pouvoir viendrait discr&#233;diter les mandats d'arr&#234;ts futurs, qui ne deviendraient qu'une monnaie d'&#233;change parmi tant d'autres. Toutefois, comme l'a d&#233;montr&#233; l'exemple de Milosevic dans les ann&#233;es 1990, un mandat d'arrestation international ne disqualifie pas l'option des n&#233;gociations. Comme dans le cas d'enjeux complexes comme les relations entre les &#201;tats-Unis et la Russie, elle peut avoir int&#233;r&#234;t &#224; se dissocier des enjeux controvers&#233;s lorsqu'il est question de certains domaines cibl&#233;s. Par exemple, l'&#233;ventualit&#233; d'un retour des ONG expuls&#233;es et, plus concr&#232;tement, la distribution de l'aide alimentaire et des soins de sant&#233; en leur absence, doivent &#234;tre clairement dissoci&#233;es du mandat international ou de la CPI aupr&#232;s de l'Union africaine ou de la Ligue arabe. Dans ce cas particulier, il faut &#233;galement savoir que leur retour s'apparente &#224; une tactique de marchandage de la part du gouvernement soudanais. Enfin, elle doit privil&#233;gier une vision globale de la situation au Soudan sans se focaliser seulement sur le pr&#233;sident lui-m&#234;me ou sur le Darfour. En effet, les tensions politiques du pays d&#233;passent celles reli&#233;es au Darfour, notamment au Sud-Soudan, o&#249; la mise en &#339;uvre de l'Accord de paix reste encore fragile et o&#249; se fera &#233;galement sentir les effets de l'expulsion des ONG, notamment dans les r&#233;gions d'Abyei, du Sud-Kordofan et du Nil Bleu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par Etienne Tremblay-Champagne,&lt;br&gt;
Agent de recherche au R&#233;seau francophone de recherche sur les op&#233;rations de paix (ROP)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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