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	<title>Centre d'&#233;tudes sur l'int&#233;gration et la mondialisation (CEIM)</title>
	<link>https://ceim.uqam.ca/</link>
	<description>Le CEIM r&#233;unit des chercheurs de r&#233;putation internationale sp&#233;cialistes de l'&#233;conomie politique des processus d'int&#233;gration et de mondialisation. Les th&#232;mes les plus importants d&#233;velopp&#233;s au CEIM sont : le r&#233;gionalisme, les institutions &#233;conomiques internationales, le commerce et l'investissement, le lien commerce-travail, la concurrence, les transformations du secteur des communications, les dimensions sociales et culturelles de la mondialisation.</description>
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		<title>Centre d'&#233;tudes sur l'int&#233;gration et la mondialisation (CEIM)</title>
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		<title>Le d&#233;senclavement de l'Asie centrale : perspectives s&#233;curitaires et &#233;nerg&#233;tiques</title>
		
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		<dc:date>2007-02-26T11:03:54Z</dc:date>
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		<dc:creator>&lt;span class=&#034;vcard author&#034;&gt;&lt;a itemprop=&#034;author&#034; class=&#034;url fn spip_in&#034; href=&#034;https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?page=auteur-ceim&amp;id_auteur=651&#034;&gt;Patrick Lacroix&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;</dc:creator>


		<dc:subject>Asie</dc:subject>
		<dc:subject>Bulletin du maintien de la paix</dc:subject>
		<dc:subject>Politiques &#233;trang&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;nergie et ressources strat&#233;giques</dc:subject>

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&lt;p&gt;Patrick Lacroix. &#171; Le d&#233;senclavement de l'Asie centrale : Perspectives s&#233;curitaires et &#233;nerg&#233;tiques &#187;, Bulletin du maintien de la paix, no. 84, f&#233;vrier 2007. &lt;br class='autobr' /&gt; L'effondrement de l'Union sovi&#233;tique en 1991 amorce la marche vers l'ind&#233;pendance des cinq anciennes r&#233;publiques sovi&#233;tiques de l'Asie centrale - le Kazakhstan, le Turkm&#233;nistan, le Kirghizistan, l'Ouzb&#233;kistan et le Tadjikistan. Cette transition est toutefois marqu&#233;e par la guerre civile tadjike entre 1992 et 1997 et par l'ascension (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?page=mot-ceim&amp;id_mot=89" rel="tag"&gt;Politiques &#233;trang&#232;res&lt;/a&gt;,  
&lt;a href="https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?page=mot-ceim&amp;id_mot=90" rel="tag"&gt;&#201;nergie et ressources strat&#233;giques&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Patrick Lacroix. &#171; Le d&#233;senclavement de l'Asie centrale : Perspectives s&#233;curitaires et &#233;nerg&#233;tiques &#187;, &lt;i&gt;Bulletin du maintien de la paix&lt;/i&gt;, no. 84, f&#233;vrier 2007.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'effondrement de l'Union sovi&#233;tique en 1991 amorce la marche vers l'ind&#233;pendance des cinq anciennes r&#233;publiques sovi&#233;tiques de l'Asie centrale - le Kazakhstan, le Turkm&#233;nistan, le Kirghizistan, l'Ouzb&#233;kistan et le Tadjikistan. Cette transition est toutefois marqu&#233;e par la guerre civile tadjike entre 1992 et 1997 et par l'ascension au pouvoir d'anciens dirigeants communistes, faisant languir le spectre de l'autoritarisme sur les plus de 60 millions d'habitants de la r&#233;gion. Longtemps isol&#233;e g&#233;ographiquement et politiquement par l'h&#233;g&#233;monie russe, l'Asie centrale, suite aux &#233;v&#233;nements du 11 septembre 2001, est revenue sous les projecteurs comme enjeu de s&#233;curit&#233; &#233;nerg&#233;tique et internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA FRAGILE DYNAMIQUE AVEC L'AFGHANISTAN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La compr&#233;hension de la dynamique de d&#233;senclavement de l'Asie centrale est indissociable des deux crises qui ont secou&#233; l'Afghanistan en 1979 et 2001. En effet, l'invasion sovi&#233;tique face &#224; la r&#233;bellion afghane en 1979 avait ciment&#233; la pr&#233;sence russe en Asie centrale. Vingt-deux ans plus tard, ce fut le lancement de l'op&#233;ration militaire Enduring Freedom, mission am&#233;ricaine visant le renversement du gouvernement taliban et la chasse aux membres d'Al-Qa&#239;da, qui remit l'Asie centrale &#224; l'avant-sc&#232;ne. Comme rampe de lancement d'Enduring Freedom, les Am&#233;ricains r&#233;quisitionn&#232;rent des bases militaires en Ouzb&#233;kistan (Khanabad et Kokaida), au Kirghizistan (a&#233;roport de Manas) et au Tadjikistan (Khulyab, Kurgan Tepe et Khojand), aboutissant &#224; une pr&#233;sence militaire am&#233;ricaine en Asie centrale de plus de 3 000 soldats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LE TERRORISME ISLAMIQUE EN ASIE CENTRALE : UN &#201;TAT DES FAITS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vall&#233;e de Ferghana, p&#244;le industriel et &#233;conomique de l'Asie centrale, est partag&#233;e par l'Ouzb&#233;kistan, le Tadjikistan et le Kirghizistan. Elle est devenue, depuis la fin des ann&#233;es 1990, le centre de gravit&#233; de diff&#233;rentes mouvances terroristes. Depuis la guerre civile tadjike, deux groupes sont particuli&#232;rement cibl&#233;s par les gouvernements d'Asie centrale : le Mouvement islamique de l'Ouzb&#233;kistan (MIO) et l'Hizb ut-Tahrir (HuT). Le MIO, fond&#233; en 1992 par Tahir Yuldashev, vise le renversement de d'Islam Karimov en Ouzb&#233;kistan et l'&#233;tablissement d'un &#233;tat islamique, avec l'appui du djihad. Ce mouvement revendique des actes de terrorisme et de violence politique depuis 1999. Ses membres auraient en outre combattu aupr&#232;s des Talibans et d'Al-Qa&#239;da en Afghanistan. La subsistance du MIO dans la r&#233;gion semble aujourd'hui fragmentaire suite &#224; la mort de son dirigeant politique Juma Namangani en Afghanistan en novembre 2001. Certains experts avancent toutefois qu'il se serait scind&#233; en trois regroupements, soit le Mouvement islamique du Turkestan oriental, le Mouvement islamique d'Asie centrale et le Groupe du djihad islamique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'Hizb ut-Tahrir, un regroupement transnational, il se pr&#233;sente comme non-violent, menant sa lutte au niveau id&#233;ologique. Toutefois, une nette radicalisation du mouvement semble s'op&#233;rer depuis 2001. En outre, il r&#233;clame l'&#233;tablissement d'un califat englobant l'oumma, c'est-&#224;-dire s'&#233;tendant &#224; l'ensemble de la population musulmane. Ses supporteurs se chiffrent dans les dizaines de milliers, principalement en Ouzb&#233;kistan. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une myriade d'autres regroupements de radicalisme islamique, &#233;tal&#233;s le long d'un spectre allant du pacifisme jusqu'au terrorisme, a pullul&#233; en Asie centrale depuis la fin des ann&#233;es 1990. D&#233;notons l'Akramiya et l'Hizb un-Nusrat, de m&#234;me que l'Uzun Soqol, le Tabligh Jamaat, le Lashkar-i-Taiba et le Hezbollah. Parmi ces groupes, le MIO, le Groupe de djihad islamique, le Lashkar-i-Taiba et le Hezbollah se retrouvent sur la liste am&#233;ricaine des organisations terroristes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;NARCOTRAFIC : DE LA ROUTE DE LA SOIE &#192; LA ROUTE DE L'OPIUM&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fronti&#232;res communes du Tadjikistan, de l'Ouzb&#233;kistan et du Turkm&#233;nistan avec l'Afghanistan demeurent perm&#233;ables au narcotrafic. En effet, l'Afghanistan exporte en des quantit&#233;s record son opium (pr&#232;s de 87% de la production mondiale en 2005) &#224; travers l'Asie centrale pour rejoindre les march&#233;s noirs russe, europ&#233;en et m&#234;me chinois. Interpol avance d'ailleurs que 24 % de l'h&#233;ro&#239;ne afghane passe par l'Asie centrale, chiffre major&#233; &#224; 30 % par le Bureau des drogues et du crime des Nations Unies. D'autre part, le Mouvement islamique de l'Ouzb&#233;kistan a d'ailleurs &#233;t&#233; un acteur important dans le narcotrafic au long de la fronti&#232;re afghane. Ralf Mutchke, &#224; titre de directeur adjoint du CID d'Interpol, imputait au MIO pr&#232;s de 70 % du trafic d'h&#233;ro&#239;ne et d'opium en Asie centrale au d&#233;but des ann&#233;es 2000. Peu importe que cette proportion soit sur&#233;valu&#233;e ou non, le narcotrafic demeure une source de financement importante pour le terrorisme centrasiatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LES IMP&#201;RATIFS AM&#201;RICAINS : LA GRANDE ASIE CENTRALE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1991, l'aide militaire am&#233;ricaine a particuli&#232;rement cibl&#233; le d&#233;sarmement nucl&#233;aire du Kazakhstan. Avec la Central Asian Border Security Initiative (CASI) de 2000, c'est la r&#233;gion tout enti&#232;re qui tombe d&#233;sormais sous la coupe de ce programme. L'implication r&#233;gionale am&#233;ricaine s'est consolid&#233;e en 1999 par le transfert de l'espace centrasiatique depuis le Commandement europ&#233;en (EUCOM) vers le Commandement r&#233;gional du CENTCOM. Pour Washington, ces changements d&#233;montrent l'importance que les &#201;tats-Unis attachent &#224; la Grande Asie Centrale. Depuis 2001, l'aide &#233;conomique et militaire totale pour la r&#233;gion a presque tripl&#233;, passant de 28 &#224; 76 millions annuellement, l'Ouzb&#233;kistan recevant plus de la moiti&#233; des transferts en 2004. Cette tendance semble s'&#234;tre invers&#233;e pour l'ann&#233;e fiscale 2007, avec une baisse de 24 % de l'aide totale pour la r&#233;gion. L'Ouzb&#233;kistan en particulier a &#233;t&#233; touch&#233; par ces r&#233;ductions. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'OTAN est &#233;galement pr&#233;sente en Asie centrale. Le Partenariat pour la Paix s'&#233;tendait d&#233;j&#224; &#224; la plupart des acteurs d&#232;s 1994, engendrant ainsi des m&#233;canismes coop&#233;ratifs de d&#233;fense et de s&#233;curit&#233;. Plus tard, au sommet d'Istanbul en 2004, les dirigeants des pays signataires du trait&#233; de s&#233;curit&#233; r&#233;gionale d&#233;sign&#232;rent l'Asie centrale comme &#171; r&#233;gion strat&#233;gique importante &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
La pr&#233;sence am&#233;ricaine en Asie centrale perturbe les objectifs g&#233;ostrat&#233;giques r&#233;gionaux de la Chine et de la Russie. En octobre 2005 et plus tard lors de la visite du pr&#233;sident Dick Cheney au Kazakhstan en mai 2006, les &#201;tats-Unis n'ont pas manqu&#233; de r&#233;affirmer leur int&#233;r&#234;t pour la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'H&#201;G&#201;MONIE FRAGILE DE LA RUSSIE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La signature en novembre 2005 du Trait&#233; des relations d'alliance entre Moscou et Tachkent, un pacte de d&#233;fense implicite entre les deux parties, et la r&#233;int&#233;gration de l'Ouzb&#233;kistan dans l'Organisation du Trait&#233; de D&#233;fense Collective (OTDC), de laquelle il s'&#233;tait soustrait depuis 1999, consolid&#232;rent l'axe entre Moscou et la puissance r&#233;gionale ouzb&#232;ke. L'OTDC, pacte parrain&#233; par la Russie, t&#233;moigne du d&#233;clin de l'influence r&#233;gionale de la Communaut&#233; des &#201;tats Ind&#233;pendants. La cr&#233;ation d'une force de d&#233;ploiement rapide en 2001, de m&#234;me que l'&#233;tablissement d'un centre r&#233;gional antiterroriste &#224; Bichkek, au Kirghizistan, consolid&#232;rent la port&#233;e r&#233;gionale de l'OTDC. En octobre 2003, pour la premi&#232;re fois depuis la fin de la guerre froide, une base militaire russe fut &#233;tablie &#224; Kant, au Kirghizistan, &#224; 30 km de la base am&#233;ricaine de Ganci. Un an plus tard, c'est le Tadjikistan qui renouvellera la pr&#233;sence permanente de la 201e division motoris&#233;e d'infanterie russe pr&#232;s de Douchanbe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA PERC&#201;E CHINOISE : LA NAISSANCE DE L'ORGANISATON DE COOP&#201;RATION DE SHANGHAI&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les implications s&#233;curitaires d'une d&#233;stabilisation politique de l'Asie centrale demeurent pour la Chine un imp&#233;ratif central dans son implication accrue dans la r&#233;gion. Des discussions auraient eu lieu durant l'ann&#233;e 2005 avec la Kirghizie, visant &#224; l'&#233;tablissement d'une premi&#232;re base militaire chinoise dans la r&#233;gion, information r&#233;fut&#233;e par Beijing. Pour la Chine, il s'agit avant tout de s&#233;curiser ses nouvelles sources d'approvisionnement et de r&#233;duire sa d&#233;pendance &#224; l'&#233;gard du p&#233;trole transitant par le d&#233;troit de Malacca (entre 70 et 80 % de ses importations y passent).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Organisation de Coop&#233;ration de Shanghai, institutionnalis&#233;e en 2001, dont 4 des 5 acteurs de l'Asie centrale sont membres, sert d'instrument d'influence chinoise et russe. L'OCS, club s&#233;lect ayant refus&#233; aux &#201;tats-Unis le statut de r&#244;le d'observateur, ne s'est pas priv&#233;e en revanche pour l'accorder &#224; l'Iran, &#224; l'Inde et au Pakistan. Cette organisation vise certes la r&#233;solution des litiges frontaliers entre les &#201;tats adh&#233;rents et la gestion commune des questions s&#233;curitaires, mais son objectif essentiel reste la lutte antiterroriste. R&#233;cemment, un groupe de travail sur l'&#233;nergie a &#233;t&#233; mis sur pied, ce qui en dit long sur les int&#233;r&#234;ts des uns et des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'INSTRUMENTALISATION DU CONTRE-TERRORISME&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;claration de l'OCS, au sommet d'Astana de juillet 2005 se voulait un ultimatum &#224; la pr&#233;sence am&#233;ricaine dans la r&#233;gion. On demandait aux &#201;tats-Unis &#171; de d&#233;cider sur une &#233;ch&#233;ance &#224; l'utilisation des infrastructures temporaires et &#224; la pr&#233;sence de contingents militaires &#187; en Asie centrale. Inqui&#232;te de se voir chasser de l'ensemble de la r&#233;gion, Washington d&#233;p&#234;cha son secr&#233;taire &#224; la D&#233;fense Donald Rumsfeld en Asie centrale, avec des visites au Kirghizistan et au Tadjikistan les 25 et 26 juillet 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En novembre 2005, l'Ouzb&#233;kistan met les bouch&#233;es doubles en expulsant les militaires am&#233;ricains de la base militaire K2 (Karshi-Kanabad). La crainte de Karimov de voir les r&#233;volutions de couleurs se propager &#224; son pays, de m&#234;me que la d&#233;nonciation am&#233;ricaine de la r&#233;pression mortelle d'Andijian de mai 2005, ont motiv&#233; cette expulsion. Au Kirghizistan, malgr&#233; la conservation des droits d'utilisation de Manas par Washington, le loyer impos&#233; par les autorit&#233;s kirghizes est pass&#233; de 2,7 millions &#224; 150 ou 200 millions de dollars am&#233;ricains, ce qui contraste avec la gratuit&#233; de la base russe quelques dizaines de kilom&#232;tres plus loin. Depuis, les Am&#233;ricains, suivis par les Japonais et l'Union europ&#233;enne, tentent de retisser les liens rompus avec le gouvernement de Tachkent, comme en t&#233;moignent les visites successives de repr&#233;sentants gouvernementaux en Ouzb&#233;kistan entre ao&#251;t et octobre 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LES VOIES D'ACHEMINEMENT DU GAZ ET DU P&#201;TROLE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re de pr&#233;vision de production p&#233;troli&#232;re pour la r&#233;gion en 2010, le D&#233;partement de l'&#233;nergie am&#233;ricain (DOE) place le Kazakhstan &#224; la t&#234;te de tous les pays de la r&#233;gion (40,7 %). L'Ouzb&#233;kistan et le Turkm&#233;nistan suivent, chacun avec une part de 16,9 %. Quant aux pr&#233;visions de production gazi&#232;re pour 2010, le Turkm&#233;nistan m&#232;ne le bal suivi par l'Ouzb&#233;kistan. Le Kazakhstan, en d&#233;pit de ses importantes r&#233;serves gazi&#232;res, vient au troisi&#232;me rang. Dans ces pourcentages r&#233;gionaux sont comptabilis&#233;es les productions de l'Azerba&#239;djan.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour tous les pays de la r&#233;gion, la question centrale du d&#233;senclavement tient &#224; l'&#233;ventualit&#233; de trouver des voies d'acheminement qui n'empruntent pas les r&#233;seaux de distribution de l'ancien syst&#232;me sovi&#233;tique. Par exemple, le Kazakhstan a export&#233; en 2005 un peu plus que un million de barils par jour (1,1 Mbj), dont la plus grande partie a transit&#233; vers le Nord via les r&#233;seaux de distribution russes ou par rail. Les livraisons vers l'ouest ont aussi augment&#233; &#224; travers le pipeline CPC (Caspian Pipeline Consortium) qui passe au long du Caucase Nord, tandis que le pipeline du Caucase sud, le BTC (Bakou-Tbilissi-Ceyhan), pourrait devenir le principal comp&#233;titeur du CPC. Les Russes ont donc conclu un accord avec le Kazakhstan pour faire en sorte que la quantit&#233; de p&#233;trole achemin&#233;e &#224; travers le Caucase Nord soit augment&#233;e. &#192; l'est, le Kazakhstan a aussi conclu un accord avec la Chine et le fameux pipeline Atasu-Alanshankou est d&#233;sormais en op&#233;ration depuis d&#233;cembre 2005. Mais la Russie y trouve aussi son compte, car une partie du p&#233;trole achemin&#233; via l'ol&#233;oduc vers la Chine provient des gisements de Sib&#233;rie occidentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte qui se poursuit en Asie centrale a un caract&#232;re triangulaire. La Chine entend augmenter ses importations d'Asie centrale, ce qui ajoute &#224; la s&#233;curit&#233; de ses approvisionnements, car en cas de conflit elle estime vuln&#233;rables ses fournitures maritimes qui passent par le d&#233;troit de Malacca. La Russie, de son c&#244;t&#233;, souhaite contr&#244;ler et d&#233;velopper les gisements d'Asie centrale, ce qui lui permet de retarder ses investissements dans d'autres r&#233;gions strat&#233;giques de Russie plus &#233;loign&#233;es et plus co&#251;teuses &#224; exploiter. Les &#201;tats-Unis, enfin, estiment qu'il faut investir dans la r&#233;gion et d&#233;velopper les voies d'acheminement du BTC et du gazoduc parall&#232;le au long de ce dernier vers la Turquie et l'Europe tout en contournant l'Iran. Quant aux pays d'Asie centrale, ils coop&#232;rent avec l'un ou l'autre des trois p&#244;les du triangle, pour autant que chacun y trouve son compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres projets sont toujours dans les cartons, dont un pipeline traversant les reliefs iraniens, au sud, avec comme porte de sortie le Golfe Persique et un second projet d&#233;nomm&#233; Central Asia Oil Pipeline, qui pourrait joindre le p&#233;trole turkm&#232;ne et ouzbek au port de Gwadar sur la c&#244;te maritime du Pakistan. Sur le plan gazier, la voie du sud-est est aussi envisag&#233;e, par un gazoduc trans-afghan, afin de r&#233;pondre aux besoins &#233;nerg&#233;tiques pakistanais et indiens. En outre, le projet d'un gazoduc sous-marin trans-caspien, qui acheminerait le gaz turkmen et kazakh &#224; Bakou, est toujours en suspens. La Russie brandit la carte environnementale, s'opposant &#224; cette tentative de contourner le r&#233;seau de Gazprom. Bien que les &#201;tats-Unis s'opposent &#224; tout transfert p&#233;trolier ou gazier &#224; travers l'Iran, il n'en reste pas moins que les pays importateurs r&#233;gionaux ainsi que l'Europe ont tout int&#233;r&#234;t &#224; diversifier leurs sources d'approvisionnements. Ne serait-ce que pour r&#233;duire leur d&#233;pendance &#224; l'&#233;gard des fournitures russes. Toutefois, l'obstacle majeur &#224; la concr&#233;tisation de la plupart des projets &#233;nerg&#233;tiques de la r&#233;gion tient &#224; l'absence d'entente sur le statut juridique de la Caspienne. L'accord tripartite convenu entre la Russie, le Kazakhstan et l'Azerba&#239;djan ne satisfait pas les objectifs turkm&#232;nes et iraniens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;UNE MULTIPLICATION DES ACTEURS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Am&#233;ricains, Russes et Chinois demeurent les joueurs majeurs dans ce qui est qualifi&#233; par plusieurs comme un renouveau du Grand Jeu, faisant r&#233;f&#233;rence &#224; la lutte g&#233;opolitique entre l'empire anglais et russe dans la r&#233;gion au XIXe si&#232;cle. En arri&#232;re-plan, se profilent de nombreux acteurs strat&#233;giques : l'Inde, l'Iran, la Turquie et l'Union europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Turquie, de par ses liens socioculturels et historiques avec la r&#233;gion dont la plupart des habitants sont turcophones, s'implique &#233;galement au point de vue s&#233;curitaire, notamment par l'entra&#238;nement de soldats kazakhs. Les d&#233;bouch&#233;s &#233;nerg&#233;tiques qu'elle offre sur la M&#233;diterran&#233;e l'impliquent de fait dans la plupart des projets occidentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La demande &#233;nerg&#233;tique croissante de l'Inde, parall&#232;le &#224; celle de la Chine, stimule son implication accrue en Asie centrale. Son statut d'observateur au dernier sommet de l'OCS en juin 2006 concr&#233;tise d'autant plus son essor r&#233;gional. La diplomatie indienne passe en outre par la r&#233;alisation du pipeline gazier trans-afghan et par des accords bilat&#233;raux sur la coop&#233;ration &#233;nerg&#233;tique et le contre-terrorisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Iran, voulant tisser des liens plus solides avec le pouvoir en Asie centrale, se limite &#224; des &#233;changes &#233;nerg&#233;tiques avec le Turkm&#233;nistan et le Kazakhstan. Un possible rattachement de l'Iran &#224; l'OCS - T&#233;h&#233;ran en a avanc&#233; l'id&#233;e en mai 2006 - semble dans le domaine du possible advenant une approbation russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Union europ&#233;enne a tout &#224; gagner &#224; s'impliquer de fa&#231;on proactive en Asie centrale. L'implication europ&#233;enne, via l'OSCE, dont les 5 r&#233;publiques centrasiatiques sont membres, &#233;largit son cercle d'influence dans la r&#233;gion. Par ailleurs, le projet europ&#233;en TRACECA, vise, depuis 1993, la cr&#233;ation d'une nouvelle route de la soie avec une dimension &#233;nerg&#233;tique. Le projet de gazoduc Nabucco, reliant le champ gazier de Shah Deniz, en Azerba&#239;djan &#224; la Hongrie via la G&#233;orgie, la Turquie, la Bulgarie et la Roumanie refait aussi surface. Une autre option, le gazoduc G&#233;orgie-Ukraine-Union europ&#233;enne (GUUE) serait aussi &#224; l'ordre du jour des grandes discussions &#233;nerg&#233;tiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;INTERNATIONALISATION DES ENJEUX S&#201;CURITAIRES ET &#201;NERG&#201;TIQUES EN ASIE CENTRALE : T&#201;MOIN DE SON D&#201;SENCLAVEMENT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeu de pouvoir auquel se livre le triangle Chine-Russie-&#201;tats-Unis est d&#233;doubl&#233; par le vent de multilat&#233;ralisme qui souffle sur la r&#233;gion. Les investissements croissants dans le domaine &#233;nerg&#233;tique par ces m&#234;mes acteurs pointent clairement vers un d&#233;sir commun de stabilit&#233; politique r&#233;gionale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prochain sommet de l'OCS &#224; Bichkek, au Kirghizistan, en 2007 sera int&#233;ressant &#224; suivre. Les r&#233;p&#233;titions militaires conjointes (Peaceful Mission Rubezh-2007) entre l'OCS et l'OTSC (Organisation du Trait&#233; de s&#233;curit&#233; collective) pr&#233;vues pour l'&#233;t&#233; 2007 sous-tendront ce sommet annuel. En 2006, membres et observateurs de l'OCS repr&#233;sentaient &#224; eux seuls 23% des r&#233;serves de p&#233;trole de la plan&#232;te et plus de 50% des r&#233;serves mondiales prouv&#233;es de gaz naturel. Ces chiffres imposants ont amen&#233; le pr&#233;sident Poutine &#224; proposer lors du dernier sommet de l'OCS la cr&#233;ation d'un club de l'&#233;nergie. Le pr&#233;sident Mahmoud Ahmadinejad a rench&#233;ri en proposant l'id&#233;e de former un &#233;quivalent gazier &#224; l'OPEP. Cette proposition a &#233;t&#233; reprise lors du sommet de la Communaut&#233; &#233;conomique eurasiatique (CEEA) en ao&#251;t 2006. L'hypoth&#232;se est d'ailleurs de nouveau &#224; l'avant-plan de l'actualit&#233; &#233;nerg&#233;tique suite &#224; de r&#233;centes discussions entre l'Alg&#233;rie et la Russie. Le pr&#233;sident Poutine pr&#233;cisait r&#233;cemment toutefois qu'une telle initiative ne conduirait pas &#224; la naissance d'un cartel, mais repr&#233;senterait plut&#244;t une coordination strat&#233;gique des exportations des producteurs gaziers. Pour &#234;tre efficace, encore faudrait-il que les termes sur lesquels s'appuie le march&#233; du gaz soient harmonis&#233;s au sein d'une structure compatible avec une telle approche. Ce qui permet de douter de la p&#233;rennit&#233; de ce projet&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Patrick LACROIX&lt;br class='autobr' /&gt;
Adjoint de recherche&lt;br class='autobr' /&gt;
Chaire de recherche du Canada en relations internationales&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;partement de science politique, UQAM&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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