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	<title>Chaire UNESCO d’études des fondements philosophique de la justice et de la société démocratique | UQAM</title>
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	<description>Les travaux de la Chaire sont ancrés dans les champs de la philosophie politique et de la philosophie du droit sous un horizon interdisciplinaire et visent à répondre aux différentes facettes du mandat fondateur des Chaires de philosophie de l’UNESCO : jouer un rôle de leadership, rassembler autour de thèmes fédérateurs illustrant, défendant et faisant partager au plus grand nombre possible, la nature, l’importance et les effets éthiques, politiques et sociaux de la pensée critique et de la réflexion philosophique.</description>
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		<title>Chaire UNESCO d’études des fondements philosophique de la justice et de la société démocratique | UQAM</title>
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		<title>Sommet des Am&#233;riques 2015 : au-del&#224; de la rencontre historique entre Raul Castro et Barack Obama</title>
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		<dc:date>2015-05-31T21:34:41Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&lt;span class=&#034;vcard author&#034;&gt;&lt;a class=&#034;url fn spip_in&#034; href=&#034;https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?page=auteur-unesco&amp;id_auteur=1228&#034;&gt;Mamadou Lamine Sarr&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le Sommet des Am&#233;riques qui s'est tenu au Panama les 10 et 11 avril 2015 restera marqu&#233; par la rencontre historique entre le pr&#233;sident am&#233;ricain, Barack Obama, et son homologue cubain, Raul Castro. Apr&#232;s plus de cinquante ans d'opposition, les &#201;tats-Unis et Cuba ont convenu en d&#233;cembre 2014 de renouer leurs relations diplomatiques et la rencontre des deux chefs d'&#201;tat &#224; Panama est venue souligner leur volont&#233; de d&#233;finir une nouvelle &#232;re entre les deux pays. Au-del&#224; de cette rencontre (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;Observatoire des Am&#233;riques (ODA)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le Sommet des Am&#233;riques qui s'est tenu au Panama les 10 et 11 avril 2015&lt;br class='autobr' /&gt;
restera marqu&#233; par la rencontre historique entre le pr&#233;sident am&#233;ricain,&lt;br class='autobr' /&gt;
Barack Obama, et son homologue cubain, Raul Castro. Apr&#232;s plus de&lt;br class='autobr' /&gt;
cinquante ans d'opposition, les &#201;tats-Unis et Cuba ont convenu en d&#233;cembre&lt;br class='autobr' /&gt;
2014 de renouer leurs relations diplomatiques et la rencontre des deux&lt;br class='autobr' /&gt;
chefs d'&#201;tat &#224; Panama est venue souligner leur volont&#233; de d&#233;finir une&lt;br class='autobr' /&gt;
nouvelle &#232;re entre les deux pays. Au-del&#224; de cette rencontre historique, ce&lt;br class='autobr' /&gt;
sommet a &#233;galement &#233;t&#233; le premier &#224; avoir r&#233;uni tous les pays de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'h&#233;misph&#232;re et celui lors duquel la volont&#233; de Washington de retrouver son&lt;br class='autobr' /&gt;
influence dans les Am&#233;riques aura &#233;t&#233; la plus marqu&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Panama 2015 : le &#171; premier &#187; Sommet des Am&#233;riques&lt;br class='autobr' /&gt;
L'absence de Cuba a &#233;t&#233; l'une des particularit&#233;s du Sommet des Am&#233;riques, et ce,&lt;br class='autobr' /&gt;
depuis la premi&#232;re &#233;dition, qui s'est tenue &#224; Miami (&#201;tats-Unis) en 1994. Ces&lt;br class='autobr' /&gt;
derni&#232;res ann&#233;es, l'int&#233;gration de la r&#233;publique communiste dans les affaires&lt;br class='autobr' /&gt;
h&#233;misph&#233;riques &#224; travers l'Organisation des &#201;tats am&#233;ricains (OEA) et le Sommet&lt;br class='autobr' /&gt;
des Am&#233;riques a &#233;t&#233; le principal point de discorde entre les &#201;tats-Unis et les pays&lt;br class='autobr' /&gt;
latino-am&#233;ricains. Pour ces derniers, la coop&#233;ration interam&#233;ricaine ne pouvait &#234;tre &lt;br class='autobr' /&gt;
2&lt;br class='autobr' /&gt;
totale et r&#233;elle avec l'exclusion de Cuba de l'OEA, en vigueur depuis 1962. En 2009,&lt;br class='autobr' /&gt;
cette exclusion est lev&#233;e, mais La Havane &#8211; qui consid&#232;re l'OEA comme une&lt;br class='autobr' /&gt;
institution &#224; la solde de Washington &#8211; n'int&#232;gre pas l'organisation, pr&#233;f&#233;rant&lt;br class='autobr' /&gt;
participer activement &#224; la cr&#233;ation de la Communaut&#233; des &#201;tats latino-am&#233;ricains et&lt;br class='autobr' /&gt;
carib&#233;ens (Celac). C'est dans un contexte de rapprochement avec les &#201;tats-Unis&lt;br class='autobr' /&gt;
initi&#233; en d&#233;cembre dernier que Cuba a particip&#233; pour la premi&#232;re fois au Sommet des&lt;br class='autobr' /&gt;
Am&#233;riques d'avril 2015. Il est &#233;vident que les divergences restent nombreuses entre&lt;br class='autobr' /&gt;
Washington et La Havane, notamment sur la question des droits de l'homme, mais la&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;sence de Raul Castro &#224; Panama constitue un fait marquant de la participation et&lt;br class='autobr' /&gt;
de l'implication de tous les pays &#224; la rencontre continentale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lors de ce sommet, dont le th&#232;me principal &#233;tait &#171; Prosp&#233;rit&#233; avec &#233;quit&#233; : le d&#233;fi de&lt;br class='autobr' /&gt;
la coop&#233;ration dans les Am&#233;riques &#187;, aucun engagement fort n'a &#233;t&#233; pris concernant&lt;br class='autobr' /&gt;
les principaux enjeux qui affectent la r&#233;gion comme la corruption, la lutte contre les&lt;br class='autobr' /&gt;
in&#233;galit&#233;s, la criminalit&#233; et les droits de l'homme. La rencontre entre les pr&#233;sidents&lt;br class='autobr' /&gt;
cubain et am&#233;ricain a &#233;clips&#233; les autres enjeux de ce sommet, qui aura &#233;t&#233; une&lt;br class='autobr' /&gt;
occasion pour le gouvernement am&#233;ricain de r&#233;affirmer, s'il le fallait encore, qu'il&lt;br class='autobr' /&gt;
reste un acteur incontournable de la coop&#233;ration interam&#233;ricaine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Barack Obama, l'autre gagnant de ce sommet&lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'on devait d&#233;signer un gagnant &#224; la suite de ce sommet, il est &#233;vident que le nom&lt;br class='autobr' /&gt;
de Raul Castro ressortirait, lui qui a r&#233;ussi &#224; placer son pays au-devant de la sc&#232;ne&lt;br class='autobr' /&gt;
de la plus grande rencontre h&#233;misph&#233;rique &#224; l'occasion de sa premi&#232;re participation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, on ne peut ignorer le capital politique que le pr&#233;sident Barack Obama&lt;br class='autobr' /&gt;
s'est procur&#233; lors de ce sommet. Aux yeux du monde et en particulier de l'Am&#233;rique&lt;br class='autobr' /&gt;
latine, le pr&#233;sident Obama est celui qui s'est montr&#233; le plus ouvert et le plus dispos&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; r&#233;tablir les relations diplomatiques avec Cuba et m&#234;me le pr&#233;sident Castro l'a&lt;br class='autobr' /&gt;
qualifi&#233; &#171; d'homme honn&#234;te &#187;. Si l'on peut remettre en question les r&#233;elles intentions&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; &#233;conomiques notamment &#8211; qui motivent le pr&#233;sident Obama dans son&lt;br class='autobr' /&gt;
rapprochement avec La Havane, c'est bien sous son leadership que ce&lt;br class='autobr' /&gt;
rapprochement a &#233;t&#233; possible et que Cuba a rejoint le concert des &#201;tats am&#233;ricains.&lt;br class='autobr' /&gt;
Barack Obama a &#233;galement r&#233;ussi &#224; calmer un diff&#233;rend qui est survenu quelques&lt;br class='autobr' /&gt;
semaines avant le sommet de Panama avec un pays alli&#233; de Cuba : le Venezuela. En&lt;br class='autobr' /&gt;
marge de l'actuelle crise v&#233;n&#233;zu&#233;lienne, le pr&#233;sident Obama avait d&#233;clar&#233; que le &lt;br class='autobr' /&gt;
3&lt;br class='autobr' /&gt;
Venezuela constituait une menace pour son pays et il avait par cons&#233;quent appliqu&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
des sanctions &#8211; gels d'avoirs et interdictions de visa &#8211; contre sept dirigeants&lt;br class='autobr' /&gt;
v&#233;n&#233;zu&#233;liens. Cette d&#233;cision avait &#233;t&#233; largement condamn&#233;e par les pays latinoam&#233;ricains&lt;br class='autobr' /&gt;
et il est &#233;vident qu'une augmentation de la tension avec Caracas au&lt;br class='autobr' /&gt;
moment o&#249; Washington souhaite normaliser ses relations avec La Havane s'av&#233;rait&lt;br class='autobr' /&gt;
&#234;tre incoh&#233;rente avec la volont&#233; du pr&#233;sident am&#233;ricain de r&#233;affirmer le r&#244;le central&lt;br class='autobr' /&gt;
des &#201;tats-Unis en mati&#232;re de coop&#233;ration continentale. Ainsi, juste avant le sommet,&lt;br class='autobr' /&gt;
Thomas Shannon, un conseiller du d&#233;partement d'&#201;tat am&#233;ricain, s'est rendu au&lt;br class='autobr' /&gt;
Venezuela o&#249; il s'est entretenu avec le pr&#233;sident Nicolas Maduro et avec la ministre&lt;br class='autobr' /&gt;
des Affaires &#233;trang&#232;res, Delcy Rodriguez, pour apaiser les tensions entre les deux&lt;br class='autobr' /&gt;
pays. Lors du Sommet des Am&#233;riques, le pr&#233;sident am&#233;ricain s'est ensuite entretenu&lt;br class='autobr' /&gt;
avec son homologue v&#233;n&#233;zu&#233;lien, m&#234;me si aucune grande d&#233;cision n'est ressortie de&lt;br class='autobr' /&gt;
cet entretien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les diff&#233;rends entre les deux pays restent importants, mais en se pr&#233;sentant au&lt;br class='autobr' /&gt;
sommet dans un esprit d'apaisement des relations avec la r&#233;publique bolivarienne, le&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;sident am&#233;ricain s'est vraisemblablement attir&#233; les faveurs de pays latinoam&#233;ricains&lt;br class='autobr' /&gt;
comme le Br&#233;sil, qui s'est propos&#233; comme m&#233;diateur entre les deux pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toutefois, ce modeste rapprochement n'emp&#234;che pas les &#201;tats-Unis de chercher &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;duire l'influence du Venezuela dans les Cara&#239;bes. En effet, avant sa venue au&lt;br class='autobr' /&gt;
Sommet des Am&#233;riques, le pr&#233;sident Obama s'est rendu en Jama&#239;que, o&#249; il a&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;fendu l'Initiative de la s&#233;curit&#233; &#233;nerg&#233;tique des Cara&#239;bes aupr&#232;s des dirigeants des&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;tats de la Communaut&#233; carib&#233;enne (Caricom). Cette initiative, qui est pr&#233;sent&#233;e par&lt;br class='autobr' /&gt;
Washington comme un projet visant &#224; aider les pays carib&#233;ens &#224; sortir de leur&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;pendance &#233;nerg&#233;tique, constitue plut&#244;t une alternative &#224; Petrocaribe, qui est une&lt;br class='autobr' /&gt;
alliance permettant la vente de p&#233;trole v&#233;n&#233;zu&#233;lien &#224; un tarif pr&#233;f&#233;rentiel en faveur&lt;br class='autobr' /&gt;
de 17 pays carib&#233;ens et qui a &#233;t&#233; lanc&#233;e par le Venezuela en 2005.&lt;br class='autobr' /&gt;
En d&#233;finitive, le sommet de Panama a permis aux &#201;tats-Unis de r&#233;affirmer leur&lt;br class='autobr' /&gt;
leadership dans l'h&#233;misph&#232;re. &#192; travers le rapprochement avec Cuba, l'att&#233;nuation&lt;br class='autobr' /&gt;
de la tension avec le Venezuela, la consolidation des relations avec les pays latinoam&#233;ricains&lt;br class='autobr' /&gt;
et carib&#233;ens, les &#201;tats-Unis cherchent &#224; retrouver une part de l'influence&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'ils avaient autrefois dans les Am&#233;riques. Pour Cuba, cette rencontre a constitu&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
une nouvelle &#233;tape dans sa qu&#234;te de reconnaissance internationale. Toutefois, avec&lt;br class='autobr' /&gt;
cette premi&#232;re participation de Cuba au Sommet des Am&#233;riques, la question de &lt;br class='autobr' /&gt;
4&lt;br class='autobr' /&gt;
l'adh&#233;sion de l'&#238;le des fr&#232;res Castro aux principes de l'OEA se pose d&#233;sormais avec&lt;br class='autobr' /&gt;
plus d'insistance. Cuba &#233;tant souvent critiqu&#233; pour ses manquements d&#233;mocratiques,&lt;br class='autobr' /&gt;
il sera int&#233;ressant d'analyser sa position face &#224; la Charte d&#233;mocratique de l'OEA,&lt;br class='autobr' /&gt;
dont les fondements sont la bonne gouvernance, le respect de la d&#233;mocratie, des&lt;br class='autobr' /&gt;
droits de l'homme et des institutions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'OEA sous Jos&#233; Miguel Insulza : une d&#233;cennie d'inertie ?</title>
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		<dc:creator>&lt;span class=&#034;vcard author&#034;&gt;&lt;a class=&#034;url fn spip_in&#034; href=&#034;https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?page=auteur-unesco&amp;id_auteur=1228&#034;&gt;Mamadou Lamine Sarr&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;</dc:creator>



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&lt;p&gt;CHRONIQUE L'OEA sous Jos&#233; Miguel Insulza : une d&#233;cennie d'inertie ? Par Mamadou Lamine Sarr* Le 18 mars dernier, l'ancien ministre uruguayen des Affaires &#233;trang&#232;res, Luis Almagro, a succ&#233;d&#233; &#224; Jos&#233; Miguel Insulza au poste de secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'Organisation des &#201;tats am&#233;ricains (OEA). &#201;lu en 2005 puis r&#233;&#233;lu en 2010, M. Insulza n'a pas r&#233;ussi &#224; faire de l'organisation continentale un acteur incontournable dans l'h&#233;misph&#232;re. En raison notamment de son manque de leadership et de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;Observatoire des Am&#233;riques (ODA)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;CHRONIQUE&lt;br class='autobr' /&gt;
L'OEA sous Jos&#233; Miguel Insulza : une d&#233;cennie d'inertie ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Par Mamadou Lamine Sarr*&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 18 mars dernier, l'ancien ministre uruguayen des Affaires &#233;trang&#232;res, Luis Almagro, a succ&#233;d&#233; &#224; Jos&#233; Miguel Insulza au poste de secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'Organisation des &#201;tats am&#233;ricains (OEA). &#201;lu en 2005 puis r&#233;&#233;lu en 2010, M. Insulza n'a pas r&#233;ussi &#224; faire de l'organisation continentale un acteur incontournable dans l'h&#233;misph&#232;re. En raison notamment de son manque de leadership et de la polarisation croissante entre les &#201;tats du continent, Jos&#233; Miguel Insulza n'a pas pu donner une r&#233;elle impulsion &#224; l'OEA afin de sortir l'organisation de l'inertie dont elle est souvent accus&#233;e. Comme ses pr&#233;d&#233;cesseurs, M. Insulza n'a pas toujours re&#231;u le soutien n&#233;cessaire de la part des &#201;tats membres et c'est un probl&#232;me que pourrait bien rencontrer Luis Almagro.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un d&#233;ficit de leadership &lt;br class='autobr' /&gt;
La succession de Jos&#233; Miguel Insulza n'a pas &#233;t&#233; marqu&#233;e par une bataille politique entre candidats ou entre pays. En effet, apr&#232;s le retrait de l'ancien ministre p&#233;ruvien des Affaires &#233;trang&#232;res, Garc&#237;a Sayan, et celui de l'ancien vice-pr&#233;sident du Guatemala, Eduardo Stein, Luis Almagro &#233;tait le seul candidat en lice pour devenir secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'OEA. Cette situation illustre parfaitement toute la r&#233;ticence des responsables politiques de la r&#233;gion &#224; s'engager durablement dans l'organisation h&#233;misph&#233;rique. Diriger une entit&#233; comme l'OEA n'est pas chose ais&#233;e et M. Insulza peut en t&#233;moigner. Apr&#232;s une d&#233;cennie &#224; la barre de l'organisation, cet ancien ministre de l'Int&#233;rieur du Chili n'a pas r&#233;ussi &#224; faire de l'OEA un acteur particuli&#232;rement pr&#233;sent et efficace dans les Am&#233;riques. &#192; titre d'exemple, l'OEA n'a pas jou&#233; un r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant dans les n&#233;gociations de paix en Colombie. Alors que le Venezuela, Cuba et la Norv&#232;ge ont &#233;t&#233; des facilitateurs du dialogue entre le gouvernement colombien et les Forces arm&#233;es r&#233;volutionnaires de Colombie (Farc), M. Insulza n'a pas r&#233;ussi &#224; pleinement impliquer l'OEA dans la r&#233;solution du plus vieux conflit arm&#233; des Am&#233;riques. C'est &#233;galement le cas dans le dossier des r&#233;cents efforts de rapprochement entre Cuba et les &#201;tats-Unis. Sur ce dossier aussi, Jos&#233; Miguel Insulza n'a pas su incarner l'image d'un m&#233;diateur engag&#233; et il s'est m&#234;me vu ravir la vedette par le Vatican, qui a facilit&#233; le dialogue entre La Havane et Washington, malgr&#233; le fait que ce soit sous son mandat que l'exclusion de Cuba de l'OEA a &#233;t&#233; lev&#233;e, en juin 2009. Finalement, le m&#234;me constat d'inertie peut &#234;tre fait quand l'OEA se limite &#224; &#233;mettre des condamnations ou des appels au calme lorsque surviennent des crises politiques et sociales dans les Am&#233;riques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toutefois, cette relative inertie de la seule organisation regroupant tous les pays des Am&#233;riques ne peut &#233;videmment pas s'expliquer uniquement par le manque de leadership de son secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral. &#192; sa d&#233;charge, Jos&#233; Miguel Insulza a &#233;galement d&#251; composer avec toute la complexit&#233; de l'OEA, qui est constitu&#233;e d'&#201;tats aux id&#233;ologies et aux int&#233;r&#234;ts difficilement conciliables.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une polarisation toujours marqu&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
La fin de la guerre froide n'a pas totalement enterr&#233; les diff&#233;rends politiques et id&#233;ologiques entre les diff&#233;rents pays de l'h&#233;misph&#232;re am&#233;ricain. En effet, les Am&#233;riques donnent l'image d'un continent scind&#233; en deux avec d'une part les &#201;tats-Unis et le Canada et d'autre part le reste du continent. Cette polarisation id&#233;ologique s'illustre tr&#232;s bien par les tensions fr&#233;quentes entre les &#201;tats-Unis et des pays comme le Venezuela ou la Bolivie, notamment sur des questions relatives &#224; la d&#233;mocratie, &#224; la gouvernance et aux droits humains. L'OEA n'a pas &#233;chapp&#233; &#224; cette polarisation, qui a constitu&#233; une entrave &#224; son action durant la derni&#232;re d&#233;cennie. Pour preuve, la Convention interam&#233;ricaine des droits de l'homme, qui constitue le principal trait&#233; du syst&#232;me interam&#233;ricain des droits de l'homme, n'est en vigueur que dans 22 des 34 pays &#201;tats membres de l'OEA, alors que le Canada et les &#201;tats-Unis ne l'ont pas ratifi&#233;e et que le Venezuela s'est retir&#233; en septembre 2013. Une telle situation constitue donc un v&#233;ritable obstacle aux efforts effectu&#233;s par l'OEA en mati&#232;re de protection des droits de l'homme. &lt;br class='autobr' /&gt;
La polarisation se retrouve aussi dans un autre important enjeu pour les Am&#233;riques, &#224; savoir la lutte contre le narcotrafic. Dans un rapport sur la probl&#233;matique des drogues dans les Am&#233;riques paru en 2013, l'OEA, par la voix de son secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral, a appel&#233; les pays membres &#224; r&#233;fl&#233;chir sur une politique de l&#233;galisation pour lutter contre le narcotrafic face &#224; l'&#233;chec de la politique de r&#233;pression. Si les &#201;tats-Unis rejettent cat&#233;goriquement cette possibilit&#233;, de plus en plus de voix s'&#233;l&#232;vent en Am&#233;rique latine pour que le d&#233;bat sur la l&#233;galisation de certaines drogues soit ouvert. Des pays comme le Guatemala, la Colombie et m&#234;me le Mexique se sont prononc&#233;s en faveur de solutions alternatives dans la lutte contre le narcotrafic. En 2014, l'Uruguay a l&#233;galis&#233; la consommation et la production de marijuana alors qu'en f&#233;vrier dernier, la Jama&#239;que a d&#233;p&#233;nalis&#233; la consommation de marijuana en petite quantit&#233;. Tout ceci montre donc les diff&#233;rences de perceptions des &#201;tats dans la lutte contre le trafic de drogues et ceci a &#233;videmment des r&#233;percussions sur leur coop&#233;ration au sein de l'OEA.&lt;br class='autobr' /&gt;
Durant son mandat, M. Insulza a &#233;galement d&#251; composer avec la naissance d'autres organisations qui apparaissent comme des concurrentes de l'OEA. La cr&#233;ation de la Communaut&#233; des &#201;tats latino-am&#233;ricains et carib&#233;ens en 2011, celle de l'Union des nations sud-am&#233;ricaines (Unasur) en 2008 ou de l'Alliance bolivarienne pour les Am&#233;riques (ALBA) en 2005, a contribu&#233; &#224; la baisse de l'influence de l'OEA dans l'h&#233;misph&#232;re. L'Unasur s'est notamment plus impliqu&#233;e que l'OEA dans la crise institutionnelle au Paraguay en 2012 ainsi que dans l'actuelle crise v&#233;n&#233;zu&#233;lienne. Le lancement de ces organisations repr&#233;sente pour certains pays une forme de contestation de l'influence de Washington en Am&#233;rique latine et au sein de l'OEA, de m&#234;me qu'une affirmation de leur volont&#233; de ne plus &#234;tre des acteurs de second plan. C'est notamment le cas du Venezuela avec l'ALBA et du Br&#233;sil avec l'Unasur. &lt;br class='autobr' /&gt;
En d&#233;finitive, si l'on peut reprocher un certain manque de leadership et de charisme &#224; Jos&#233; Miguel Insulza, qui n'a pas su donner &#224; l'OEA le dynamisme dont elle avait besoin, on ne peut cependant ignorer les difficult&#233;s auxquelles il a d&#251; faire face durant ses deux mandats. Toutefois, le continent am&#233;ricain pourrait difficilement se passer d'une organisation comme l'OEA, au vu des nombreux enjeux auxquels il est confront&#233;. Qu'il soit question de d&#233;mocratie, de s&#233;curit&#233;, de d&#233;veloppement, d'in&#233;galit&#233;s ou de lutte contre narcotrafic, ces enjeux n&#233;cessitent un plus grand cadre coop&#233;ratif que n'offrent l'ALBA et l'Unasur &#8211; qui sont des organisations sous-r&#233;gionales &#8211; ou la Celac, qui reste encore faiblement institutionnalis&#233;e. En plus des r&#233;formes internes qu'il voudra apporter, Luis Almagro devra redonner une cr&#233;dibilit&#233; &#224; l'OEA m&#234;me si en fin de compte, comme toute organisation inter&#233;tatique, l'OEA sera ce que les &#201;tats membres voudront bien qu'elle soit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mamadou Lamine Sarr &#8211; Candidat au doctorat en science politique et auxiliaire de recherche au Centre d'&#233;tudes interam&#233;ricaines&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Crise au Venezuela : un enjeu de taille pour la stabilit&#233; de l'Am&#233;rique latine </title>
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		<dc:creator>&lt;span class=&#034;vcard author&#034;&gt;&lt;a class=&#034;url fn spip_in&#034; href=&#034;https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?page=auteur-unesco&amp;id_auteur=1228&#034;&gt;Mamadou Lamine Sarr&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;</dc:creator>



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&lt;p&gt;Crise au Venezuela : un enjeu de taille pour la stabilit&#233; de l'Am&#233;rique latine Par Mamadou Lamine Sarr* En succ&#233;dant &#224; Hugo Ch&#225;vez &#224; la pr&#233;sidence du Venezuela en avril 2013, Nicol&#225;s Maduro ne s'attendait probablement pas &#224; ce que son premier mandat soit marqu&#233; par une crise politique et &#233;conomique d'une telle ampleur. Depuis plus d'un an, le pr&#233;sident v&#233;n&#233;zu&#233;lien fait face &#224; de nombreuses manifestations qui en appellent &#224; un changement de r&#233;gime et dont la r&#233;pression a fait plusieurs (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;Observatoire des Am&#233;riques (ODA)&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Crise au Venezuela : un enjeu de taille pour la stabilit&#233; de l'Am&#233;rique latine &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Mamadou Lamine Sarr*&lt;br class='autobr' /&gt;
En succ&#233;dant &#224; Hugo Ch&#225;vez &#224; la pr&#233;sidence du Venezuela en avril 2013, Nicol&#225;s Maduro ne s'attendait probablement pas &#224; ce que son premier mandat soit marqu&#233; par une crise politique et &#233;conomique d'une telle ampleur. Depuis plus d'un an, le pr&#233;sident v&#233;n&#233;zu&#233;lien fait face &#224; de nombreuses manifestations qui en appellent &#224; un changement de r&#233;gime et dont la r&#233;pression a fait plusieurs morts. Avec l'inflation, la p&#233;nurie de denr&#233;es alimentaires, l'ins&#233;curit&#233; et la baisse du cours du p&#233;trole &#8211; qui constitue la principale ressource du pays &#8211; le gouvernement v&#233;n&#233;zu&#233;lien traverse une crise sans pr&#233;c&#233;dent dont l'issue semble incertaine. Alors qu'elle semblait initialement &#234;tre limit&#233;e au Venezuela, cette crise politique et &#233;conomique constitue d&#233;sormais un v&#233;ritable enjeu pour la stabilit&#233; de la r&#233;gion. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un pays en difficult&#233;&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est dans la ville de San Crist&#243;bal, situ&#233;e dans l'&#201;tat de T&#225;chira (&#224; l'ouest du pays), qu'ont eu lieu les premi&#232;res manifestations &#233;tudiantes contre l'ins&#233;curit&#233;, apr&#232;s le viol d'une &#233;tudiante en f&#233;vrier 2014. Ces manifestations, qui se sont ensuite &#233;tendues &#224; Caracas, ont d'abord port&#233; sur l'ins&#233;curit&#233; avant que la libert&#233; d'expression, l'inflation et les p&#233;nuries deviennent un point central des revendications. Les manifestations contre le gouvernement de Nicol&#225;s Maduro durent ainsi depuis plus d'un an et la r&#233;pression des forces polici&#232;res s'est durcie, causant plusieurs morts et arrestations. Selon un rapport d'Amnistie internationale publi&#233; en f&#233;vrier 2015, la r&#233;pression polici&#232;re a caus&#233; 43 morts et 870 bless&#233;s. On note aussi de nombreuses arrestations politiques, comme celle de l'opposant Leopoldo Lopez, incarc&#233;r&#233; depuis l'ann&#233;e derni&#232;re. Le 19 f&#233;vrier dernier, le maire de Caracas, Antonio Ledezma, a pour sa part &#233;t&#233; plac&#233; en d&#233;tention provisoire alors qu'on l'accusait de pr&#233;parer un coup d'&#201;tat contre le pouvoir en place. &lt;br class='autobr' /&gt;
La situation &#233;conomique du pays est &#233;galement tr&#232;s d&#233;licate. Selon la Commission &#233;conomique des Nations unies pour l'Am&#233;rique latine et les Cara&#239;bes (Cepalc), le produit int&#233;rieur brut (PIB) du Venezuela a baiss&#233; de 3 % en 2014 et pour 2015, le Fonds mon&#233;taire international (FMI) s'attend &#224; une chute de l'ordre de 7 %. Cette diminution de la croissance &#233;conomique s'est accompagn&#233;e d'une inflation de plus de 60 % en 2014. Le Venezuela, qui importe la majeure partie de ses produits de consommation, est aujourd'hui confront&#233; &#224; de grandes p&#233;nuries de produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;, ce qui s'illustre notamment par de longues files d'attente devant les magasins. Cette situation s'est aggrav&#233;e avec la chute du cours du p&#233;trole, ce qui a compl&#232;tement d&#233;stabilis&#233; l'&#233;conomie du pays. En effet, l'or noir repr&#233;sente pr&#232;s de 96 % des exportations du Venezuela et la chute de son cours a entrain&#233; une baisse de revenus qui a &#233;t&#233; suivie par d'importantes coupes budg&#233;taires, notamment dans les programmes sociaux. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Venezuela traverse donc une crise &#224; la fois politique et &#233;conomique et rien ne semble indiquer que le pays sortira de cette impasse &#224; court terme. Les pays sud-am&#233;ricains ont fait part de leurs inqui&#233;tudes, mais ils n'ont pas encore r&#233;ussi &#224; convaincre les diff&#233;rentes parties de s'engager dans un dialogue constructif afin de mettre un terme au conflit.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8230;une r&#233;gion qui s'inqui&#232;te&lt;br class='autobr' /&gt;
Globalement, les pays sud-am&#233;ricains ont tard&#233; &#224; s'impliquer v&#233;ritablement dans la r&#233;solution de la crise politique au Venezuela, vraisemblablement au nom du principe de non-ing&#233;rence dans les affaires internes d'un pays souverain. Si des pays alli&#233;s au Venezuela comme Cuba, la Bolivie et l'&#201;quateur soutiennent le pr&#233;sident Maduro, d'autres pays comme le Br&#233;sil, le Chili et la Colombie sont rest&#233;s plus mesur&#233;s en appelant au dialogue. L'implication de l'Union des nations sud-am&#233;ricaines (Unasur) au d&#233;but de la crise a vite &#233;t&#233; frein&#233;e par les positions radicales des diff&#233;rentes parties. En effet, la polarisation entre le gouvernement qui crie au complot orchestr&#233; par Washington et l'opposition qui exige le d&#233;part de Nicol&#225;s Maduro, le climat d'ins&#233;curit&#233; ainsi que la situation &#233;conomique et sociale qui se d&#233;t&#233;riore constituent autant d'ingr&#233;dients qui pourraient faire en sorte que le pays devienne ingouvernable. Le Venezuela est un acteur de premier plan en Am&#233;rique du Sud et &#224; long terme, cette crise affectera indubitablement la r&#233;gion d'une mani&#232;re plus large. Le Venezuela peut-il sombrer dans la guerre civile ? S'il demeure trop t&#244;t pour l'envisager, ce sc&#233;nario ne peut &#234;tre ignor&#233;. Une telle d&#233;stabilisation du Venezuela serait un &#233;chec colossal pour la r&#233;gion, qui a connu une stabilit&#233; politique notable et des avanc&#233;es d&#233;mocratiques importantes lors des derni&#232;res d&#233;cennies. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les difficult&#233;s &#233;conomiques du Venezuela pourraient &#233;galement entrainer des cons&#233;quences importantes pour ses partenaires commerciaux dans la r&#233;gion. La r&#233;cession &#233;conomique du Venezuela constitue un frein tant pour la reprise de la croissance en Am&#233;rique latine que pour la consolidation de l'int&#233;gration r&#233;gionale, en particulier pour le March&#233; commun du Sud (Mercosur). La crise v&#233;n&#233;zu&#233;lienne menace &#233;galement la s&#233;curit&#233; &#233;nerg&#233;tique de nombreux pays d'Am&#233;rique latine pour lesquels le Venezuela s'av&#232;re &#234;tre le principal fournisseur de p&#233;trole. C'est le cas des 17 pays d'Am&#233;rique centrale et des Cara&#239;bes membres de l'alliance Petrocaribe qui profitent de taux pr&#233;f&#233;rentiels sur leur achat de p&#233;trole v&#233;n&#233;zu&#233;lien. Les difficult&#233;s &#233;conomiques du pays et la chute des cours du p&#233;trole pourraient amener le gouvernement v&#233;n&#233;zu&#233;lien &#224; red&#233;finir les termes de cette entente.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et qu'en est-il des relations avec les &#201;tats-Unis ? La crise v&#233;n&#233;zu&#233;lienne n'a fait qu'exacerber la tension entre les deux pays. Le pr&#233;sident Barack Obama a pr&#233;sent&#233; le Venezuela comme une menace &#224; la s&#233;curit&#233; nationale et &#224; la politique &#233;trang&#232;re des &#201;tats-Unis puis il a ordonn&#233; de nouvelles sanctions contre sept responsables v&#233;n&#233;zu&#233;liens accus&#233;s de violation de droits de l'homme. Le Venezuela a r&#233;agi en rappelant son charg&#233; d'affaires aux &#201;tats-Unis (les deux pays n'ont plus d'ambassades depuis 2010) et il pr&#233;voit rendre obligatoire l'obtention d'un visa pour les Am&#233;ricains qui visitent le pays. Toutefois, les &#201;tats-Unis et le Venezuela n'ont pas suspendu leurs &#233;changes commerciaux, ce qui montre que les deux pays sont conscients de leurs int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques communs, notamment dans le secteur p&#233;trolier, malgr&#233; leurs diff&#233;rends diplomatiques. Les sanctions am&#233;ricaines n'ont fait que conforter le pr&#233;sident Maduro dans sa position, d'autant plus qu'il a re&#231;u le soutien de nombreux pays latino-am&#233;ricains qui ont d&#233;nonc&#233; les gestes de la diplomatie am&#233;ricaine. Nicol&#225;s Maduro a par ailleurs obtenu de l'Assembl&#233;e nationale l'autorisation de gouverner par d&#233;cret jusqu'&#224; la fin de l'ann&#233;e 2015, au nom de la s&#233;curit&#233; et de la d&#233;fense du Venezuela. &lt;br class='autobr' /&gt;
En d&#233;finitive, il est &#233;vident que le Venezuela ne r&#233;soudra pas seul la crise qu'il traverse et les pays latino-am&#233;ricains devront sans doute jouer un r&#244;le accru de m&#233;diateur. D'une part, il s'agira pour eux de montrer au gouvernement v&#233;n&#233;zu&#233;lien qu'il doit apaiser la situation en s'ouvrant davantage au dialogue et, d'autre part, de convaincre l'opposition que le d&#233;part du pr&#233;sident Maduro n'est pas l'unique issue possible du conflit. Apr&#232;s tout, le pr&#233;sident Maduro a &#233;t&#233; &#233;lu d&#233;mocratiquement, aussi contestable que cela puisse para&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mamadou Lamine Sarr &#8211; Candidat au doctorat en science politique et auxiliaire de recherche au Centre d'&#233;tudes interam&#233;ricaines&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Uruguay : quel avenir pour l'h&#233;ritage du pr&#233;sident Jos&#233; Mujica ?</title>
		<link>https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?page=article-unesco&amp;id_article=9652</link>
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		<dc:creator>&lt;span class=&#034;vcard author&#034;&gt;&lt;a class=&#034;url fn spip_in&#034; href=&#034;https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?page=auteur-unesco&amp;id_auteur=1228&#034;&gt;Mamadou Lamine Sarr&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir pr&#233;sid&#233; l'Uruguay de 2005 &#224; 2010, Tabar&#233; V&#225;zquez a de nouveau &#233;t&#233; &#233;lu &#224; la pr&#233;sidence du pays lors du second tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle du 30 novembre 2014. Le candidat du Front large (gauche) l'a remport&#233; devant le candidat du Parti national (droite), Luis Lacalle Pou, avec pr&#232;s de 54 % des voix. Tabar&#233; V&#225;zquez entrera officiellement en fonction le 1er mars prochain et il succ&#232;dera ainsi &#224; Jos&#233; Mujica, qui est arriv&#233; au pouvoir en 2010 et qui ne pouvait pas se (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;Observatoire des Am&#233;riques (ODA)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir pr&#233;sid&#233; l'Uruguay de 2005 &#224; 2010, Tabar&#233; V&#225;zquez a de nouveau &#233;t&#233; &#233;lu &#224; la pr&#233;sidence du pays lors du second tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle du 30 novembre 2014. Le candidat du Front large (gauche) l'a remport&#233; devant le candidat du Parti national (droite), Luis Lacalle Pou, avec pr&#232;s de 54 % des voix. Tabar&#233; V&#225;zquez entrera officiellement en fonction le 1er mars prochain et il succ&#232;dera ainsi &#224; Jos&#233; Mujica, qui est arriv&#233; au pouvoir en 2010 et qui ne pouvait pas se repr&#233;senter, conform&#233;ment &#224; la constitution. Le mandat de ce dernier a &#233;t&#233; marqu&#233; par l'adoption de plusieurs lois jug&#233;es progressistes en Am&#233;rique latine, &#224; savoir la l&#233;galisation du cannabis, de l'avortement et du mariage entre conjoints de m&#234;me sexe. Le prochain pr&#233;sident sera attendu sur sa gestion de l'h&#233;ritage du pr&#233;sident Mujica, mais aussi sur les questions d'&#233;ducation et de s&#233;curit&#233;, deux grandes pr&#233;occupations des Uruguayens.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tabar&#233; V&#225;zquez et l'h&#233;ritage de Jos&#233; Mujica&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mandat du pr&#233;sident Mujica restera marqu&#233; comme celui lors duquel on aura vu l'Uruguay &#234;tre au centre de l'actualit&#233; r&#233;gionale et internationale sur de grands d&#233;bats de soci&#233;t&#233;. Entre octobre 2012 et d&#233;cembre 2013, le pays a adopt&#233; trois lois d'une ampleur historique. Il y a d'abord eu la l&#233;galisation de l'avortement en octobre 2012, qui autorise toute femme &#226;g&#233;e d'au moins 18 ans qui le souhaite d'avorter jusqu'&#224; 12 semaines de gestation, alors que les mineures doivent avoir une autorisation parentale. Avec l'adoption de cette loi, l'Uruguay a rejoint Cuba, la Guyane et Porto Rico dans le club restreint des &#201;tats latino-am&#233;ricains qui accordent aux femmes un droit &#224; l'avortement. Il y a ensuite eu la l&#233;galisation du mariage homosexuel, qui est officiellement entr&#233;e en vigueur en ao&#251;t 2013. L'Uruguay est ainsi devenu un des seuls pays de la r&#233;gion avec l'Argentine (et quelques &#201;tats du Br&#233;sil) &#224; permettre le mariage entre personnes de m&#234;me sexe. La derni&#232;re loi d'envergure porte sur la l&#233;galisation de la production et la consommation de cannabis, qui a &#233;t&#233; adopt&#233;e en d&#233;cembre 2013. Cette loi autorise les consommateurs &#226;g&#233;s de 18 ans et plus &#224; se procurer jusqu'&#224; 40 grammes de cannabis par mois dans des pharmacies reconnues par l'&#201;tat. La production personnelle est limit&#233;e &#224; six plants de cannabis, soit 480 grammes par an, alors que les clubs form&#233;s de 15 &#224; 45 membres seront autoris&#233;s &#224; cultiver 99 plants par an. &lt;br class='autobr' /&gt;
S'il est issu de la m&#234;me formation politique que le pr&#233;sident Mujica, Tabar&#233; V&#225;zquez ne partage pas les m&#234;mes points de vue que le pr&#233;sident sortant, notamment concernant la loi sur l'avortement et celle sur le cannabis. Comme c'&#233;tait le cas lors de son premier mandat pr&#233;sidentiel (2005-2010), Tabar&#233; V&#225;zquez reste oppos&#233; &#224; l'avortement ainsi qu'&#224; la production et la vente de cannabis. Lors de la campagne pr&#233;sidentielle, il a affirm&#233; que son administration &#233;valuerait l'impact r&#233;el de la l&#233;galisation du cannabis sur la soci&#233;t&#233; uruguayenne. Il sera donc int&#233;ressant de pr&#234;ter une attention particuli&#232;re &#224; ce que fera le pr&#233;sident V&#225;zquez par rapport &#224; ces lois, qui constituent les mesures phares de la pr&#233;sidence de Jos&#233; Mujica. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au-del&#224; de ces grands enjeux de soci&#233;t&#233;, l'arriv&#233;e d'anciens d&#233;tenus de la prison am&#233;ricaine de Guantanamo en sol uruguayen sera une question centrale pour le pr&#233;sident V&#225;zquez. En d&#233;cembre 2014, l'Uruguay a accueilli six anciens prisonniers de Guantanamo (un Palestinien, un Tunisien et quatre Syriens) qui b&#233;n&#233;ficient du statut de r&#233;fugi&#233;. L'Uruguay est le premier pays d'Am&#233;rique latine &#224; recevoir des d&#233;tenus de Guantanamo, mais cette d&#233;cision du pr&#233;sident Mujica est loin de faire l'unanimit&#233; dans la population. Assisterons-nous &#224; d'autres arriv&#233;es sous Tabar&#233; V&#225;zquez, qui s'est montr&#233; favorable &#224; cette d&#233;cision du pr&#233;sident Mujica ? Il est tout &#224; fait &#224; propos de se poser cette question lorsqu'on sait que Washington a beaucoup de mal &#224; trouver des pays dispos&#233;s &#224; accueillir d'anciens d&#233;tenus de cette prison controvers&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tabar&#233; V&#225;zquez devra donc apporter des r&#233;ponses aux nombreuses interrogations quant &#224; la suite qu'il donnera aux grandes r&#233;formes de son pr&#233;d&#233;cesseur. Il h&#233;rite d'un pays en bonne sant&#233; &#233;conomique avec une croissance annuelle de 3 % et un taux de ch&#244;mage de 6,7 %, malgr&#233; un taux d'inflation qui avoisine les 10 % en 2014. Il aura la lourde t&#226;che de consolider ces avanc&#233;es &#233;conomiques alors que la croissance tarde &#224; reprendre en Am&#233;rique du Sud. Il devra aussi lutter contre les probl&#232;mes du pays en mati&#232;re d'&#233;ducation et de s&#233;curit&#233;, deux domaines qui constituent le talon d'Achille du pr&#233;sident Mujica et plus g&#233;n&#233;ralement, de la gauche uruguayenne depuis dix ans. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;ducation et s&#233;curit&#233; : les points faibles de la gauche uruguayenne&lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'Uruguay est souvent cit&#233; comme mod&#232;le en mati&#232;re de droits de l'homme, ceci n'est pas le cas dans le domaine de l'&#233;ducation, o&#249; le pays accuse un retard important par rapport &#224; ses voisins, malgr&#233; de nombreuses initiatives. &#192; titre d'exemple, en 2007, le gouvernement uruguayen a lanc&#233; &#171; le plan Ceibal &#187;, qui pr&#233;voyait l'octroi d'un ordinateur par &#233;l&#232;ve du primaire et du secondaire, ce qui a permis de baisser significativement la fracture num&#233;rique qui r&#233;gnait jusque-l&#224; dans le pays. Toutefois, le taux de redoublement &#233;lev&#233; au primaire (jusqu'&#224; 57,4 % dans certains &#233;tablissements) retarde l'entr&#233;e au secondaire et l'importance du d&#233;crochage au secondaire (seul un adolescent sur trois termine le cycle secondaire) constituent des obstacles majeurs &#224; l'am&#233;lioration du syst&#232;me &#233;ducatif uruguayen. Selon le rapport 2012 du Programme international pour le suivi des acquis des &#233;l&#232;ves (PISA) publi&#233; par l'Organisation de coop&#233;ration et de d&#233;veloppement &#233;conomiques (OCDE), l'Uruguay est un des deux pays latino-am&#233;ricains, avec le Costa Rica, o&#249; le niveau des &#233;l&#232;ves a baiss&#233; en math&#233;matiques, en sciences et en langues. Il ne s'agit l&#224; que de quelques exemples servant &#224; illustrer les difficult&#233;s du syst&#232;me &#233;ducatif de l'Uruguay et auxquelles devra n&#233;cessairement s'attaquer le pr&#233;sident V&#225;zquez. &lt;br class='autobr' /&gt;
La lutte contre l'ins&#233;curit&#233; sera aussi &#224; l'ordre du jour du nouveau pr&#233;sident. Ces dix derni&#232;res ann&#233;es, les cas de vols sont pass&#233;s de 7000 &#224; 20 000 par an &#224; l'&#233;chelle du pays. Entre 1990 et 2012, le taux d'homicide a augment&#233; de 79 %. En 2014, on comptait 8 homicides par tranche de 100 000 habitants. Certes, l'Uruguay n'a pas les m&#234;mes probl&#233;matiques s&#233;curitaires que des pays comme le Br&#233;sil, le Venezuela ou le Mexique, mais elle doit faire face &#224; une mont&#233;e de la violence et ceci s'av&#232;re &#234;tre un d&#233;fi que devra relever Tabar&#233; V&#225;zquez. &lt;br class='autobr' /&gt;
En d&#233;finitive, cette victoire de Tabar&#233; V&#225;zquez vient consolider l'&#233;mergence de la gauche uruguayenne, au pouvoir depuis maintenant dix ans. Au-del&#224; des probl&#233;matiques internes, le pr&#233;sident V&#225;zquez devra &#233;galement veiller &#224; ce que son pays s'affirme davantage comme un leader au sein du March&#233; commun du Sud (Mercosur). Il devra aussi continuer de discuter avec l'Argentine pour &#233;viter de nouvelles tensions concernant &#171; la guerre du papier &#187;, un diff&#233;rend qui porte sur la pr&#233;sence contest&#233;e par l'Argentine de deux usines polluantes de la papeterie finlandaise UPM sur le c&#244;t&#233; uruguayen des rives du fleuve Uruguay, qui s&#233;pare les deux pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mamadou Lamine Sarr &#8211; Candidat au doctorat en science politique &#224; l'Universit&#233; Laval et auxiliaire de recherche au Centre d'&#233;tudes interam&#233;ricaines (CEI)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La r&#233;&#233;lection de Dilma Rousseff : quelles cons&#233;quences sur la politique &#233;trang&#232;re br&#233;silienne ?</title>
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		<description>&lt;p&gt;Les cons&#233;quences de la r&#233;&#233;lection de Dilma Roussef &#224; la t&#234;te du Br&#233;sil&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;Observatoire des Am&#233;riques (ODA)&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;CHRONIQUE&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;&#233;lection de Dilma Rousseff : quelles cons&#233;quences sur la politique &#233;trang&#232;re br&#233;silienne ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Par Mamadou Lamine Sarr*&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 26 octobre dernier, la pr&#233;sidente sortante et candidate du Parti des travailleurs (PT), Dilma Rousseff, a &#233;t&#233; r&#233;&#233;lue au second tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle br&#233;silienne avec 51 % des voix, devant le candidat du Parti de la social-d&#233;mocratie br&#233;silienne (PSDB), A&#233;cio Neves. Pour ce nouveau mandat de quatre ans, Dilma Rousseff est attendue sur divers enjeux nationaux dont la relance &#233;conomique, la lutte contre la corruption, les in&#233;galit&#233;s et l'ins&#233;curit&#233;, mais elle sera aussi jug&#233;e sur sa politique &#233;trang&#232;re. Au vu des efforts entrepris par le Br&#233;sil ces derni&#232;res d&#233;cennies pour s'affirmer comme un acteur majeur sur la sc&#232;ne internationale, la politique &#233;trang&#232;re constituera un barom&#232;tre incontournable au moment du bilan. La consolidation du March&#233; commun du Sud (Mercosur), les relations avec les &#201;tats-Unis, la coop&#233;ration Sud-Sud et les relations avec les pays &#233;mergents sont autant d'enjeux sur lesquels Mme Rousseff devra se pencher.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une politique &#233;trang&#232;re h&#233;rit&#233;e de Lula &lt;br class='autobr' /&gt;
En succ&#233;dant &#224; Luiz In&#225;cio Lula da Silva &#224; la pr&#233;sidence br&#233;silienne en janvier 2011, Dilma Rousseff s'&#233;tait engag&#233;e &#224; poursuivre la politique &#233;trang&#232;re de son pr&#233;d&#233;cesseur. Comme c'&#233;tait le cas sous Lula, il s'agissait pour Mme Rousseff de positionner le Br&#233;sil comme un interlocuteur cr&#233;dible et autonome face aux pays occidentaux, en particulier les &#201;tats-Unis. Elle a ainsi poursuivi l'articulation de la politique &#233;trang&#232;re br&#233;silienne autour de trois axes principaux : la consolidation de la coop&#233;ration en Am&#233;rique du Sud, le renforcement des relations avec les pays du BRICS (Br&#233;sil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) et avec les pays du Sud (notamment les pays africains) ainsi que le renforcement de la pr&#233;sence br&#233;silienne dans les organisations internationales. Cependant, la pr&#233;sidente Rousseff a beaucoup souffert des comparaisons avec son pr&#233;d&#233;cesseur et son d&#233;ficit de charisme par rapport &#224; Lula a souvent &#233;t&#233; consid&#233;r&#233; comme un frein &#224; la politique &#233;trang&#232;re &#171; active et fi&#232;re &#187; instaur&#233;e par l'ancien pr&#233;sident. De plus, on lui a souvent reproch&#233; d'avoir trop marginalis&#233; la politique &#233;trang&#232;re du pays au profit de la politique interne. &lt;br class='autobr' /&gt;
Principaux enjeux de la politique &#233;trang&#232;re br&#233;silienne jusqu'en 2018&lt;br class='autobr' /&gt;
L'un des principaux enjeux dont le Br&#233;sil doit se soucier sur la sc&#232;ne internationale reste l'int&#233;gration en Am&#233;rique du Sud, notamment au sein du March&#233; commun du Sud (Mercosur). D'ailleurs, le Mercosur a entam&#233; une consolidation de ses relations avec d'autres blocs r&#233;gionaux, comme l'atteste la cr&#233;ation en juillet 2014 d'une zone &#233;conomique compl&#233;mentaire (ZEC) avec l'Alliance bolivarienne pour les Am&#233;riques (ALBA), la Communaut&#233; carib&#233;enne (Caricom) et Petrocaribe. Il est clair que l'avenir de cette ZEC d&#233;pend en grande partie de l'action de la premi&#232;re puissance &#233;conomique de la r&#233;gion, puisque le Br&#233;sil assurera de janvier &#224; juin 2015 la pr&#233;sidence tournante du Mercosur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sidence br&#233;silienne du Mercosur sera &#233;galement attendue sur son rapprochement avec l'Alliance du Pacifique (AP), qui regroupe le Chili, la Colombie, le Mexique et le P&#233;rou. Ces derniers mois, la pr&#233;sidente chilienne, Michelle Bachelet, a multipli&#233; les appels pour une convergence des deux ensembles. La pr&#233;sidente Rousseff avait r&#233;pondu favorablement &#224; cet appel en proposant que l'abaissement des droits de douane avec les pays de l'AP pr&#233;vu en 2019 soit effectif d&#232;s 2015. Si l'on ne peut ignorer les limites d'une telle convergence, notamment en raison des diff&#233;rences id&#233;ologiques entre le Mercosur et l'AP, n'emp&#234;che que le rapprochement entre ces deux blocs, qui repr&#233;sentent 80 % du commerce ext&#233;rieur et pr&#232;s de 90 % du produit int&#233;rieur brut de l'Am&#233;rique latine, serait un v&#233;ritable catalyseur de l'int&#233;gration r&#233;gionale. Ceci permettrait au Br&#233;sil de renforcer sa pr&#233;sence &#233;conomique et commerciale dans la r&#233;gion, au moment o&#249; les &#201;tats-Unis, la Chine et la Russie y sont de plus en plus actifs. Par ailleurs, le Br&#233;sil devra aussi s'affairer &#224; convaincre les autres pays du bloc, en particulier l'Argentine, de conclure un accord de libre-&#233;change avec l'Union europ&#233;enne (UE) et dont les n&#233;gociations durent depuis pr&#232;s de 15 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quid des relations avec les &#201;tats-Unis ? Les r&#233;v&#233;lations en 2013 sur l'espionnage des communications de la pr&#233;sidente br&#233;silienne et de la compagnie Petrobras par l'Agence nationale de s&#233;curit&#233; am&#233;ricaine (NSA) ont jet&#233; un froid diplomatique entre les deux &#201;tats. L'annulation du voyage officiel de la pr&#233;sidente Rousseff aux &#201;tats-Unis qui &#233;tait pr&#233;vu en octobre 2013 &#224; la suite du refus du pr&#233;sident Obama de pr&#233;senter des excuses a marqu&#233; l'ampleur de la tension qui r&#232;gne entre les deux nations. Au-del&#224; des excuses, Dilma Rousseff souhaite aussi une reconnaissance de son pays comme un partenaire de premi&#232;re importance par Washington ainsi qu'un soutien dans sa qu&#234;te d'obtenir un si&#232;ge permanent au Conseil de s&#233;curit&#233; des Nations unies. Pour le moment, rien n'indique que Washington est pr&#234;t &#224; satisfaire les exigences br&#233;siliennes ou que la pr&#233;sidente Rousseff est dispos&#233;e &#224; faire table rase de cet &#233;pisode. Si elles souhaitent consolider leur coop&#233;ration &#233;conomique et commerciale, les deux plus grandes puissances &#233;conomiques des Am&#233;riques devront pourtant d&#233;passer ce statu quo diplomatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre enjeu sur lequel Dilma Rousseff sera certainement active comme ce fut le cas lors de son premier mandat concerne le renforcement du BRICS. Le Br&#233;sil parie sur le fait qu'une red&#233;finition de l'&#233;chiquier international avec un BRICS plus autonome et plus influent ne peut que l'aider &#224; atteindre ses objectifs sur la sc&#232;ne internationale. &#192; titre d'exemple, lors du dernier sommet des BRICS organis&#233; &#224; Fortaleza (Br&#233;sil) en juillet dernier, les pays membres ont lanc&#233; la Nouvelle banque de d&#233;veloppement (NBD), qui disposera d'un capital initial de 50 milliards $ US qui servira &#224; financer des projets d'infrastructures. La NBD aura &#233;galement un fonds de r&#233;serve de 100 milliards $ US qui permettra aux pays membres de faire face &#224; d'&#233;ventuelles crises financi&#232;res. Pour Brasilia, ceci constitue une r&#233;ponse &#224; l'opposition des &#201;tats-Unis sur la question de la r&#233;forme des droits de vote au sein de la Banque mondiale et du Fonds mon&#233;taire international (FMI). Avec ce type d'initiative, le Br&#233;sil esp&#232;re asseoir sa position parmi les grandes puissances et la consolidation du BRICS sera sans doute un axe fort de la diplomatie br&#233;silienne pour ce second mandat de Dilma Rousseff.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, la coop&#233;ration avec les pays du Sud, en particulier avec l'Afrique, sera certainement poursuivie. Certes, Dilma Rousseff s'est personnellement moins engag&#233;e que ne l'avait fait Lula dans le rapprochement avec l'Afrique, mais cet enjeu demeure une des priorit&#233;s de la politique &#233;trang&#232;re du pays. Les difficult&#233;s &#233;conomiques que connait actuellement Br&#233;sil ont eu pour effet de compromettre le renforcement de la politique d'aide au d&#233;veloppement &#224; l'Afrique, mais au vu des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques et commerciaux br&#233;siliens en Afrique puis de la s&#233;curit&#233; dans l'Atlantique Sud, la consolidation des liens avec l'Afrique est un d&#233;fi que la pr&#233;sidente Rousseff devra relever. La l&#233;gitimit&#233; de l'aspiration internationale du Br&#233;sil passe aussi par sa capacit&#233; &#224; tenir ses engagements en mati&#232;re de politique &#233;trang&#232;re et le rapprochement avec l'Afrique en est une depuis une d&#233;cennie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Mamadou Lamine Sarr &#8211; Candidat au doctorat en science politique et auxiliaire de recherche au Centre d'&#233;tudes interam&#233;ricaines&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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