<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
>
 
<channel xml:lang="fr">
	<title>Chaire UNESCO d’études des fondements philosophique de la justice et de la société démocratique | UQAM</title>
	<link>http://www.unesco.tmp.uqam.ca/</link>
	<description>Les travaux de la Chaire sont ancrés dans les champs de la philosophie politique et de la philosophie du droit sous un horizon interdisciplinaire et visent à répondre aux différentes facettes du mandat fondateur des Chaires de philosophie de l’UNESCO : jouer un rôle de leadership, rassembler autour de thèmes fédérateurs illustrant, défendant et faisant partager au plus grand nombre possible, la nature, l’importance et les effets éthiques, politiques et sociaux de la pensée critique et de la réflexion philosophique.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<image>
		<title>Chaire UNESCO d’études des fondements philosophique de la justice et de la société démocratique | UQAM</title>
		<url>http://www.unesco.tmp.uqam.ca/IMG/siteon0.gif</url>
		<link>http://www.unesco.tmp.uqam.ca</link>
		<height>200</height>
		<width>430</width>
	</image>


<item xml:lang="fr">
		<title>Crise de gouvernance et de l&#233;gitimit&#233; politique au Br&#233;sil : quel avenir pour la pr&#233;sidente Dilma Rousseff ?</title>
		<link>https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?page=article-unesco&amp;id_article=9811</link>
		<guid isPermaLink="true">https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?page=article-unesco&amp;id_article=9811</guid>
		<dc:date>2015-05-31T21:33:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&lt;span class=&#034;vcard author&#034;&gt;&lt;a class=&#034;url fn spip_in&#034; href=&#034;https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?page=auteur-unesco&amp;id_auteur=1227&#034;&gt;Cyprien Bassamagne Mougnok&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;En s'engageant en janvier 2014 &#8211; lors de son discours d'investiture &#224; la pr&#233;sidence du Br&#233;sil &#8211; &#224; assainir les finances publiques et &#224; relancer la croissance &#233;conomique du pays, Dilma Rousseff reconnaissait implicitement que son pays traverse ce qu'il est convenu d'appeler une &#171; crise &#187; de gouvernance. Cependant, elle n'avait sans doute pas imagin&#233; que seulement trois mois apr&#232;s le d&#233;but de son second mandat, la population vibrerait au rythme de cette crise au point d'en arriver &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;Observatoire des Am&#233;riques (ODA)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En s'engageant en janvier 2014 &#8211; lors de son discours d'investiture &#224; la&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;sidence du Br&#233;sil &#8211; &#224; assainir les finances publiques et &#224; relancer la&lt;br class='autobr' /&gt;
croissance &#233;conomique du pays, Dilma Rousseff reconnaissait implicitement&lt;br class='autobr' /&gt;
que son pays traverse ce qu'il est convenu d'appeler une &#171; crise &#187; de&lt;br class='autobr' /&gt;
gouvernance. Cependant, elle n'avait sans doute pas imagin&#233; que seulement&lt;br class='autobr' /&gt;
trois mois apr&#232;s le d&#233;but de son second mandat, la population vibrerait au&lt;br class='autobr' /&gt;
rythme de cette crise au point d'en arriver &#224; revendiquer sa destitution. Si,&lt;br class='autobr' /&gt;
au regard des faits, la probabilit&#233; d'une destitution para&#238;t plut&#244;t limit&#233;e,&lt;br class='autobr' /&gt;
tout porte &#224; croire que ce second mandat sera un v&#233;ritable chemin de croix&lt;br class='autobr' /&gt;
pour la pr&#233;sidente Rousseff, qui devra composer avec une conjoncture&lt;br class='autobr' /&gt;
particuli&#232;rement difficile.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un pays confront&#233; &#224; une crise de gouvernance&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Br&#233;sil traverse actuellement une temp&#234;te d'ordre politique et socio&#233;conomique qui&lt;br class='autobr' /&gt;
a &#233;t&#233; en bonne partie provoqu&#233;e par le scandale de corruption qui affecte la&lt;br class='autobr' /&gt;
compagnie p&#233;troli&#232;re nationale Petrobras. R&#233;v&#233;l&#233;e en mars 2014, cette affaire a pris&lt;br class='autobr' /&gt;
une ampleur sans pr&#233;c&#233;dent depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e 2015 &#224; la suite de la d&#233;cision&lt;br class='autobr' /&gt;
de la Cour supr&#234;me d'autoriser une enqu&#234;te sur au moins 49 personnalit&#233;s politiques &lt;br class='autobr' /&gt;
2&lt;br class='autobr' /&gt;
du pays, dont les pr&#233;sidents du Parlement et du S&#233;nat, ainsi que le tr&#233;sorier de la&lt;br class='autobr' /&gt;
formation politique de la pr&#233;sidente Dilma Rousseff, le Parti des travailleurs (PT). La&lt;br class='autobr' /&gt;
plupart de ces hommes politiques, qui sont issus de la coalition gouvernementale,&lt;br class='autobr' /&gt;
sont soup&#231;onn&#233;s d'avoir particip&#233; &#224; un vaste r&#233;seau de corruption impliquant de&lt;br class='autobr' /&gt;
grandes entreprises br&#233;siliennes de BTP (b&#226;timent et travaux publics), qui auraient&lt;br class='autobr' /&gt;
surfactur&#233; pendant de nombreuses ann&#233;es des contrats sign&#233;s avec Petrobras. En&lt;br class='autobr' /&gt;
contrepartie, ils auraient per&#231;u des pots-de-vin de la part de ces entreprises, ce qui&lt;br class='autobr' /&gt;
leur aurait permis de financer leurs campagnes &#233;lectorales de 2010. Les sommes&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;tourn&#233;es s'&#233;l&#232;veraient &#224; 4 milliards $ US. Le nom de la pr&#233;sidente Rousseff&lt;br class='autobr' /&gt;
n'appara&#238;t jusque-l&#224; nulle part dans le r&#233;quisitoire du Procureur de la R&#233;publique,&lt;br class='autobr' /&gt;
mais une grande partie de la population estime qu'&#224; d&#233;faut d'&#233;tablir sa culpabilit&#233;, sa&lt;br class='autobr' /&gt;
responsabilit&#233; dans ce scandale reste pos&#233;e, puisqu'elle a &#233;t&#233; pr&#233;sidente du conseil&lt;br class='autobr' /&gt;
d'administration de Petrobras entre 2003 et 2010.&lt;br class='autobr' /&gt;
En dehors de ce scandale, le mod&#232;le &#233;conomique br&#233;silien semble battre de l'aile&lt;br class='autobr' /&gt;
depuis 2011, notamment en raison de la difficult&#233; du gouvernement &#224; appliquer de&lt;br class='autobr' /&gt;
nouvelles r&#233;formes, de la rigidit&#233; des politiques interventionnistes, du capitalisme&lt;br class='autobr' /&gt;
d'&#201;tat ainsi que de la manipulation des march&#233;s. De plus, la croissance &#233;conomique&lt;br class='autobr' /&gt;
du pays est actuellement en berne ; loin des 7,5 % de croissance enregistr&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
en 2010, le g&#233;ant sud-am&#233;ricain a cl&#244;tur&#233; l'ann&#233;e 2014 avec une croissance presque&lt;br class='autobr' /&gt;
nulle (+0,1 %) et pourrait conna&#238;tre une r&#233;cession en 2015, selon les pr&#233;visions de&lt;br class='autobr' /&gt;
la Commission &#233;conomique pour l'Am&#233;rique latine et les Cara&#239;bes (Cepalc). Les&lt;br class='autobr' /&gt;
chiffres avanc&#233;s par l'Institut br&#233;silien de g&#233;ographie et de statistiques (IBGE)&lt;br class='autobr' /&gt;
indiquent par ailleurs que l'inflation y a grimp&#233; de 1,24 % en janvier 2015 et s'&#233;tablit&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; plus de 7 % sur douze mois, une premi&#232;re depuis mai 2005. Pour mieux faire face&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; cette situation, le gouvernement a mis en place un plan de redressement des&lt;br class='autobr' /&gt;
finances publiques au d&#233;but de l'ann&#233;e 2015, lequel semble plut&#244;t avoir raviv&#233; la&lt;br class='autobr' /&gt;
col&#232;re de la population, qui a d&#233;cid&#233; de descendre massivement dans les rues pour&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;noncer les suppos&#233;es malversations de la pr&#233;sidente Rousseff.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand la l&#233;gitimit&#233; politique de Dilma Rousseff est menac&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les syst&#232;mes politiques dits d&#233;mocratiques, il est fr&#233;quent que les chefs d'&#201;tat&lt;br class='autobr' /&gt;
ou de gouvernement obtiennent de mauvais r&#233;sultats dans les sondages d'opinion&lt;br class='autobr' /&gt;
parce que la majorit&#233; de la population dit ne pas leur faire confiance, d&#233;sapprouve&lt;br class='autobr' /&gt;
leur politique ou n'appr&#233;cie pas leur personnalit&#233;. Dans certains cas, de tels r&#233;sultats &lt;br class='autobr' /&gt;
3&lt;br class='autobr' /&gt;
peuvent conduire &#224; une &#171; crise &#187; de l&#233;gitimit&#233; politique, si l'on consid&#232;re qu'ils&lt;br class='autobr' /&gt;
traduisent une crise de confiance g&#233;n&#233;ralis&#233;e au sein d'une population qui souhaite&lt;br class='autobr' /&gt;
envoyer un signal fort &#224; ses dirigeants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela semble &#234;tre actuellement le cas au Br&#233;sil, o&#249; les r&#233;cents sondages r&#233;alis&#233;s par&lt;br class='autobr' /&gt;
l'Institut Datafolha indiquent que la cote de popularit&#233; de la pr&#233;sidente Rousseff a&lt;br class='autobr' /&gt;
consid&#233;rablement baiss&#233;, et ce, &#224; peine trois mois apr&#232;s le d&#233;but de son second&lt;br class='autobr' /&gt;
mandat. Alors qu'en d&#233;cembre 2014, pr&#232;s de 42 % des Br&#233;siliens qualifiaient sa&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;sidence de &#171; bonne &#187; ou &#171; excellente &#187;, Mme Rousseff a obtenu &#224; peine 23 %&lt;br class='autobr' /&gt;
d'opinions favorables en mars 2015. Ce constat devient encore plus inqui&#233;tant&lt;br class='autobr' /&gt;
lorsqu'on se rend compte que m&#234;me dans le nord du pays &#8211; qui est consid&#233;r&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
comme l'un des bastions politiques du PT &#8211; la popularit&#233; de la pr&#233;sidente a chut&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
consid&#233;rablement, passant de 53 % en d&#233;cembre 2014 &#224; seulement 29 % en f&#233;vrier&lt;br class='autobr' /&gt;
2015. &#192; ce tableau quelque peu sombre sont venus s'ajouter les mouvements de&lt;br class='autobr' /&gt;
protestations que le pays conna&#238;t depuis mars dernier et &#224; travers lesquels des&lt;br class='autobr' /&gt;
milliers de Br&#233;siliens contestent ouvertement la l&#233;gitimit&#233; de la pr&#233;sidente Rousseff,&lt;br class='autobr' /&gt;
allant jusqu'&#224; r&#233;clamer sa destitution. Il faut d'ailleurs noter qu'&#224; la suite de ces&lt;br class='autobr' /&gt;
manifestations, les sondages r&#233;alis&#233;s en mars 2015 indiquent que pr&#232;s de 62 % de&lt;br class='autobr' /&gt;
la population estime d&#233;sormais que sa pr&#233;sidence est &#171; mauvaise &#187; ou &#171; nulle &#187;. De&lt;br class='autobr' /&gt;
plus, plusieurs Br&#233;siliens consid&#232;rent que sa courte victoire sur son rival sociald&#233;mocrate,&lt;br class='autobr' /&gt;
A&#233;cio Neves, lors des &#233;lections pr&#233;sidentielles de 2014 (51,6 % des voix&lt;br class='autobr' /&gt;
contre 48,3 %), lui conf&#232;re une moindre l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quoi qu'il en soit, la question de la l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique de la pr&#233;sidente Rousseff&lt;br class='autobr' /&gt;
ne se pose plus, tout au moins si l'on tient pour acquis qu'elle a remport&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
honn&#234;tement les &#233;lections du 26 octobre 2014, lesquelles ont &#233;t&#233; jug&#233;es libres et&lt;br class='autobr' /&gt;
transparentes par les observateurs nationaux et internationaux. Malgr&#233; son d&#233;ficit de&lt;br class='autobr' /&gt;
l&#233;gitimit&#233; politique, qui ne doit pas &#234;tre confondue avec la l&#233;gitimit&#233; du syst&#232;me&lt;br class='autobr' /&gt;
politique br&#233;silien en tant que tel, Mme Rousseff reste l&#233;galement d&#233;positaire du&lt;br class='autobr' /&gt;
pouvoir, et &#224; ce titre, elle b&#233;n&#233;ficie pleinement de toutes les pr&#233;rogatives associ&#233;es &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
sa fonction de chef d'&#201;tat. La population semble d'ailleurs avoir tenu compte de cet&lt;br class='autobr' /&gt;
aspect, puisqu'elle a r&#233;clam&#233; la destitution de la pr&#233;sidente Rousseff par la voie&lt;br class='autobr' /&gt;
d'une proc&#233;dure l&#233;gale institutionnalis&#233;e (l'impeachment).&lt;br class='autobr' /&gt;
4&lt;br class='autobr' /&gt;
Quel avenir pour la pr&#233;sidente Dilma Rousseff ?&lt;br class='autobr' /&gt;
En ce qui concerne le Br&#233;sil, il faut remonter aux ann&#233;es 1990, notamment avec la&lt;br class='autobr' /&gt;
destitution par voie d'impeachment du pr&#233;sident Fernando Collor de Mello, pour&lt;br class='autobr' /&gt;
mieux percevoir la port&#233;e symbolique des manifestations de masse comme celles&lt;br class='autobr' /&gt;
que conna&#238;t le pays depuis mars dernier. Un an seulement apr&#232;s le d&#233;but de son&lt;br class='autobr' /&gt;
mandat, M. Collor avait &#233;t&#233; impliqu&#233; dans un scandale de corruption qui avait&lt;br class='autobr' /&gt;
conduit &#224; sa destitution par le Congr&#232;s, ceci conform&#233;ment aux revendications de la&lt;br class='autobr' /&gt;
population, qui avait organis&#233; un mouvement de protestation &#224; cette occasion. Or,&lt;br class='autobr' /&gt;
comme le souligne Fran&#231;ois-Michel Le Tourneau, qui est professeur &#224; l'Institut des&lt;br class='autobr' /&gt;
hautes &#233;tudes de l'Am&#233;rique latine (IHEAL), &#171; si le pr&#233;texte &#233;tait facile &#224; trouver&lt;br class='autobr' /&gt;
pour Fernando Collor, politicien notoirement v&#233;reux, il n'en va pas de m&#234;me avec&lt;br class='autobr' /&gt;
Dilma Rousseff, pour l'instant &#233;pargn&#233;e judiciairement par le scandale Petrobras, et&lt;br class='autobr' /&gt;
dont le premier mandat a plut&#244;t &#233;t&#233; marqu&#233; par sa volont&#233; d'assainir la vie politique&lt;br class='autobr' /&gt;
(sept ministres vir&#233;s sans m&#233;nagement) &#187;. Dans un m&#234;me ordre d'id&#233;es, bien que&lt;br class='autobr' /&gt;
l'opposition encourage subtilement les mouvements d'humeur, elle ne semble pas&lt;br class='autobr' /&gt;
&#234;tre tout &#224; fait acquise &#224; la cause de la destitution. Jusque-l&#224;, elle a simplement saisi&lt;br class='autobr' /&gt;
officiellement la Cour supr&#234;me du pays afin qu'elle enqu&#234;te sur la suppos&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
implication de la pr&#233;sidente Rousseff dans le scandale Petrobras. &#192; d&#233;faut d'un&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;l&#233;ment nouveau pouvant compromettre la pr&#233;sidence de Dilma Rousseff, il apparait&lt;br class='autobr' /&gt;
donc tr&#232;s probable qu'elle sera en mesure de poursuivre son mandat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, elle devra composer avec un environnement difficile, caract&#233;ris&#233; entre&lt;br class='autobr' /&gt;
autres par son d&#233;ficit de l&#233;gitimit&#233; politique ainsi que par la r&#233;cession &#233;conomique&lt;br class='autobr' /&gt;
que traversera probablement le pays. Tout porte &#233;galement &#224; croire qu'&#224; court&lt;br class='autobr' /&gt;
terme, il lui sera plus difficile de convaincre la population, y compris ses coll&#232;gues du&lt;br class='autobr' /&gt;
PT, du bien-fond&#233; de ses politiques. En effet, la politique d'aust&#233;rit&#233; qu'elle a mise en&lt;br class='autobr' /&gt;
place en d&#233;but d'ann&#233;e entre en totale contradiction avec ses promesses de&lt;br class='autobr' /&gt;
campagne, ce qui peut donner une impression de trahison &#224; ses &#233;lecteurs. Il n'est&lt;br class='autobr' /&gt;
toutefois pas exclu que malgr&#233; cette conjoncture particuli&#232;re, Mme Rousseff puisse&lt;br class='autobr' /&gt;
adopter avec succ&#232;s certaines r&#233;formes, comme l'avait d&#233;j&#224; fait le pr&#233;sident&lt;br class='autobr' /&gt;
Fernando Henrique Cardoso (1995-2003) alors que 56 % de Br&#233;siliens qualifiaient sa&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;sidence de &#171; nulle &#187; &#224; la suite de la d&#233;valuation du R&#233;al en 1999.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cyprien Bassamagne Mougnok est candidat au doctorat en &#233;tudes internationales et&lt;br class='autobr' /&gt;
auxiliaire de recherche au Centre d'&#233;tudes interam&#233;ricaines&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://ceim.uqam.ca/db/IMG/pdf/cei_cbm_legitrousseff_mai2015-2.pdf" length="123205" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;chauffement diplomatique entre Cuba et les &#201;tats-Unis : des cl&#233;s pour comprendre la strat&#233;gie du pr&#233;sident Obama</title>
		<link>https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?page=article-unesco&amp;id_article=9691</link>
		<guid isPermaLink="true">https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?page=article-unesco&amp;id_article=9691</guid>
		<dc:date>2015-03-04T17:23:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&lt;span class=&#034;vcard author&#034;&gt;&lt;a class=&#034;url fn spip_in&#034; href=&#034;https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?page=auteur-unesco&amp;id_auteur=1227&#034;&gt;Cyprien Bassamagne Mougnok&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s plus d'un demi-si&#232;cle d'embargo et de rupture diplomatique avec Cuba, le pr&#233;sident Obama annon&#231;ait en d&#233;cembre 2014 sa d&#233;cision de r&#233;tablir les relations diplomatiques avec La Havane. Si cette d&#233;cision a &#233;t&#233; applaudie par l'ensemble de la communaut&#233; internationale en raison notamment de son caract&#232;re symbolique, elle semble toutefois &#234;tre le r&#233;sultat d'un calcul strat&#233;gique dict&#233; par des consid&#233;rations d'ordre interne et international. Une d&#233;cision historique, mais quelque peu &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;Observatoire des Am&#233;riques (ODA)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s plus d'un demi-si&#232;cle d'embargo et de rupture diplomatique avec Cuba, le pr&#233;sident Obama annon&#231;ait en d&#233;cembre 2014 sa d&#233;cision de r&#233;tablir les relations diplomatiques avec La Havane. Si cette d&#233;cision a &#233;t&#233; applaudie par l'ensemble de la communaut&#233; internationale en raison notamment de son caract&#232;re symbolique, elle semble toutefois &#234;tre le r&#233;sultat d'un calcul strat&#233;gique dict&#233; par des consid&#233;rations d'ordre interne et international. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une d&#233;cision historique, mais quelque peu &#171; paradoxale &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 17 d&#233;cembre 2014, le pr&#233;sident Obama annon&#231;ait l'ouverture de n&#233;gociations avec Cuba en vue du r&#233;tablissement de leurs relations diplomatiques. Celles-ci avaient &#233;t&#233; rompues unilat&#233;ralement par Washington en 1961 suite &#224; la confiscation de biens am&#233;ricains &#224; Cuba ainsi qu'aux accointances que le r&#233;gime Castro entretenait avec l'URSS. Pr&#233;cisant qu'il soumettrait au Congr&#232;s la question de la lev&#233;e de l'embargo, Barack Obama annon&#231;ait au m&#234;me moment qu'une ambassade am&#233;ricaine serait ouverte sur l'&#238;le au courant des prochains mois. Cette d&#233;cision a &#233;t&#233; salu&#233;e par l'ensemble de la communaut&#233; internationale, particuli&#232;rement la communaut&#233; interam&#233;ricaine, qui y voit le d&#233;but d'une nouvelle &#232;re dans les Am&#233;riques. Certains dirigeants de gauche ordinairement d&#233;tracteurs des politiques de Washington dans la r&#233;gion &#8212; dont le pr&#233;sident v&#233;n&#233;zu&#233;lien, Nicolas Maduro &#8212; consid&#232;rent qu'il s'agit d'un geste courageux et n&#233;cessaire pour la rectification de l'histoire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si dans leur r&#233;cent ouvrage intitul&#233; Back Channel to Cuba : The Hidden History of Negotiations between Washington and Havana, Peter Kornbluh et William LeoGrande soulignent que depuis les ann&#233;es 1960, Washington a toujours tent&#233; de n&#233;gocier discr&#232;tement un modus vivendi avec Cuba, Barack Obama appara&#238;t toutefois comme &#233;tant le premier pr&#233;sident &#224; s'&#234;tre r&#233;solument engag&#233; &#224; lever le rideau de fer qui s&#233;pare les &#201;tats-Unis de l'&#238;le des fr&#232;res Castro. Cette volont&#233; est d'autant plus perceptible que son administration a annonc&#233;, le 16 janvier 2015, la lev&#233;e d'importantes restrictions vis-&#224;-vis de Cuba, notamment en ce qui concerne le commerce, le transfert de fonds et les possibilit&#233;s de voyages sur l'&#238;le. Plusieurs entretiens de haut niveau entre n&#233;gociateurs am&#233;ricains et cubains sont &#233;galement en cours depuis janvier 2015 afin de faciliter, entre autres choses, la r&#233;ouverture d'ambassades ainsi que la lev&#233;e de restrictions concernant les d&#233;placements des diplomates accr&#233;dit&#233;s &#224; l'int&#233;rieur des deux pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aussi symbolique qu'elle soit, cette d&#233;cision de l'administration Obama soul&#232;ve implicitement la question des r&#233;elles motivations de Washington en regard de sa nouvelle politique &#233;trang&#232;re vis-&#224;-vis Cuba. Autrement dit, comment expliquer le revirement de la politique &#233;trang&#232;re des &#201;tats-Unis &#224; l'&#233;gard de Cuba &#224; cette p&#233;riode pr&#233;cise ? Cette question est d'autant plus int&#233;ressante qu'elle permet d'entrevoir une sorte de paradoxe entretenu par l'administration Obama &#224; travers cette d&#233;cision. &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis 1962, Washington a toujours conditionn&#233; la normalisation de ses relations avec Cuba &#224; la mise en place d'un gouvernement d&#233;mocratique sur l'&#238;le. Or, au moment de r&#233;tablir les relations diplomatiques, le pr&#233;sident Obama a lui-m&#234;me reconnu &#224; quelques reprises que la situation des droits de la personne n'y avait pas &#233;volu&#233; de fa&#231;on significative au cours des derni&#232;res d&#233;cennies. De m&#234;me, Cuba n'a toujours pas &#233;t&#233; retir&#233; de la liste noire des pays accus&#233;s par Washington de soutenir le terrorisme. Finalement, et comme le souligne Janette Habel, qui est professeure &#224; l'Institut des hautes &#233;tudes d'Am&#233;rique latine, &#171; lors des derni&#232;res d&#233;cennies, Raul Castro [a] carr&#233;ment &#233;t&#233; menac&#233; de jugement par les Am&#233;ricains pour complicit&#233; de trafic de drogue &#187;. D&#232;s lors, comment comprendre une telle d&#233;cision ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques facteurs explicatifs &lt;br class='autobr' /&gt;
Aussi paradoxale qu'elle puisse para&#238;tre, la d&#233;cision du pr&#233;sident Obama de r&#233;tablir les relations diplomatiques avec Cuba semble &#234;tre le r&#233;sultat d'un calcul strat&#233;gique, lequel a &#233;t&#233; dict&#233; par des facteurs d'ordre interne et international.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au plan international, Washington a subi ces derni&#232;res ann&#233;es de fortes pressions &#8211; autant de la part de la communaut&#233; interam&#233;ricaine que de la communaut&#233; internationale au sens large &#8211; concernant sa politique d'hostilit&#233; contre Cuba. Lors de la derni&#232;re Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale de l'Organisation des Nations unies, qui s'est tenue en octobre 2014 &#224; Washington, 188 pays sur 192 ont vot&#233; pour la 23e fois cons&#233;cutive contre l'embargo am&#233;ricain &#224; Cuba. Aussi, &#224; l'occasion du r&#233;cent Sommet de la Communaut&#233; carib&#233;enne (CARICOM), qui s'est tenu en d&#233;cembre 2014 &#224; La Havane, les &#201;tats membres ont invit&#233; le pr&#233;sident Obama &#224; lever imm&#233;diatement cet embargo, qu'ils ont qualifi&#233; d'absurde. Enfin, et pour ne se limiter qu'au dernier Sommet des Am&#233;riques, qui a eu lieu &#224; Carthag&#232;ne (Colombie) en 2012, plusieurs pays de l'Organisation des &#201;tats am&#233;ricains (O&#201;A) ont t&#233;moign&#233; leur solidarit&#233; envers Cuba en mena&#231;ant de boycotter le prochain Sommet des Am&#233;riques si ce pays n'y prenait pas part. Ledit Sommet se tiendra au Panama les 10 et 11 avril prochain et on peut raisonnablement envisager qu'un tel boycott viendrait r&#233;duire encore un peu plus l'influence am&#233;ricaine dans la r&#233;gion. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce sc&#233;nario appara&#238;t d'autant plus plausible que le secr&#233;taire d'&#201;tat am&#233;ricain, John Kerry, a lui aussi reconnu, &#224; l'instar de Barack Obama, que la politique d'hostilit&#233; &#224; l'&#233;gard de Cuba a non seulement &#233;chou&#233;, mais qu'elle a &#233;galement contribu&#233; &#224; isoler les &#201;tats-Unis de ses partenaires r&#233;gionaux et internationaux au profit de Cuba. Pour preuve, un nombre impressionnant d'alliances politiques et &#233;conomiques r&#233;gionales excluant les &#201;tats-Unis mais incluant Cuba comme membre &#224; part enti&#232;re ont vu le jour au cours des derni&#232;res d&#233;cennies. En r&#233;tablissant les relations diplomatiques avec Cuba, on pourrait croire que Washington esp&#232;re ainsi redorer progressivement son blason dans les Am&#233;riques en cherchant &#224; substituer sa politique d'hostilit&#233; par une politique de s&#233;duction susceptible de lui permettre de mieux d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un r&#233;chauffement diplomatique s'av&#233;rerait sans doute profitable en mati&#232;re de s&#233;curit&#233;, alors qu'un accord de coop&#233;ration Cuba-Russie autorisant le retour des troupes russes sur l'&#238;le (base de Lourdes) a &#233;t&#233; sign&#233; en juillet 2014. Si le statu quo devait &#234;tre maintenu, comment les Am&#233;ricains seraient-ils &#224; m&#234;me d'exercer une certaine influence sur les activit&#233;s de l'ennemi d'hier, post&#233; &#224; quelques kilom&#232;tres de leurs fronti&#232;res ? Au demeurant, bien que le pr&#233;sident Castro ait promis &#224; son homologue am&#233;ricain que Cuba ne constituerait d'aucune fa&#231;on une menace &#224; la s&#233;curit&#233; des &#201;tats-Unis, la pr&#233;sence russe sur le territoire cubain suscite beaucoup d'inqui&#233;tudes du c&#244;t&#233; am&#233;ricain. D'un point de vue g&#233;ostrat&#233;gique, ces inqui&#233;tudes paraissent plut&#244;t fond&#233;es, tant la nouvelle version de la doctrine militaire russe (approuv&#233;e par le Kremlin en d&#233;cembre 2014) qualifie le renforcement du potentiel de l'Organisation du trait&#233; de l'Atlantique Nord (OTAN) &#8212; dont font partie les &#201;tats-Unis &#8212; de v&#233;ritable menace &#224; la s&#233;curit&#233; russe. En renouant avec Cuba &#224; ce moment pr&#233;cis, on peut raisonnablement penser que Barack Obama souhaite exercer un droit de regard sur les activit&#233;s russes sur l'&#238;le et pr&#233;server ainsi, &#224; partir de Cuba, la s&#233;curit&#233; des Am&#233;ricains.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au plan national, en dehors de certains militants anticastristes qui voient en cette d&#233;cision du pr&#233;sident Obama une trahison et un m&#233;pris pour les valeurs d&#233;mocratiques, l'opinion publique am&#233;ricaine est plus que jamais favorable au rapprochement avec Cuba. Selon un sondage publi&#233; en janvier 2015 par le Pew Research Center, 63 % d'Am&#233;ricains appuieraient la nouvelle politique de Washington &#224; l'&#233;gard de Cuba. M&#234;me les milieux d'affaires am&#233;ricains s'y montrent d&#233;sormais favorables. &#192; son retour de Cuba en mai 2014, o&#249; il &#233;tait accompagn&#233; d'une forte d&#233;l&#233;gation de gens d'affaires, Thomas Donohue, l'une des figures de proue du patronat am&#233;ricain, a d'ailleurs exhort&#233; le pr&#233;sident Obama &#224; prendre de nouvelles mesures d'assouplissement &#224; l'&#233;gard de Cuba pour faciliter les investissements am&#233;ricains sur l'&#238;le. &lt;br class='autobr' /&gt;
Alors que le deuxi&#232;me et dernier mandat du pr&#233;sident Obama touche &#224; sa fin, il est tout &#224; fait plausible de penser qu'&#224; travers cette d&#233;cision, il cherche &#224; apporter une touche personnelle &#224; l'histoire des relations entre les &#201;tats-Unis, Cuba et l'ensemble de l'Am&#233;rique latine. Il ne serait pas le premier pr&#233;sident &#224; tenter de laisser sa marque dans le domaine des relations internationales en fin de mandat. Toutefois, cette d&#233;cision pourrait venir ouvrir une bo&#238;te de pandore qui pourrait devenir difficile &#224; g&#233;rer &#224; long terme sur la sc&#232;ne internationale. En effet, si les sanctions &#224; l'encontre de Cuba ou de l'Iran sont lev&#233;es parce qu'elles sont jug&#233;es contre-productives, qu'adviendrait-il en cas d'&#233;chec des sanctions adopt&#233;es contre la Russie, par exemple, si le pays devait maintenir sa politique de soutien aux s&#233;paratistes en Ukraine ? La logique de g&#233;om&#233;trie variable ne risquerait-elle pas de devenir la marque de commerce du pr&#233;sident Obama en mati&#232;re de respect des sanctions internationales ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cyprien Bassamagne Mougnok est candidat au doctorat en &#233;tudes internationales et auxiliaire de recherche au Centre d'&#233;tudes interam&#233;ricaines&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://ceim.uqam.ca/db/IMG/pdf/cei_cbm_cuba_fev2015.pdf" length="126468" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les nouveaux d&#233;fis du pr&#233;sident Obama au lendemain des &#233;lections de mi-mandat</title>
		<link>https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?page=article-unesco&amp;id_article=9576</link>
		<guid isPermaLink="true">https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?page=article-unesco&amp;id_article=9576</guid>
		<dc:date>2015-01-11T22:57:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&lt;span class=&#034;vcard author&#034;&gt;&lt;a class=&#034;url fn spip_in&#034; href=&#034;https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?page=auteur-unesco&amp;id_auteur=1227&#034;&gt;Cyprien Bassamagne Mougnok&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Les d&#233;fis qui attendent le Pr&#233;sident Obama suite aux &#233;lections mi-mandat 2014&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;Observatoire des Am&#233;riques (ODA)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les nouveaux d&#233;fis du pr&#233;sident Obama au lendemain des &#233;lections de mi-mandat&lt;br class='autobr' /&gt;
Par Cyprien Bassamagne Mougnok*&lt;br class='autobr' /&gt;
Au terme des &#233;lections de mi-mandat qui se sont d&#233;roul&#233;es le 4 novembre dernier aux &#201;tats-Unis, le Parti r&#233;publicain a repris le contr&#244;le du Congr&#232;s, une premi&#232;re depuis 2006. Cette victoire a &#233;t&#233; d'autant plus saillante qu'elle a laiss&#233; l'impression qu'il s'agissait d'un vote sanction &#224; l'encontre de l'administration Obama. Avec la nouvelle configuration du Congr&#232;s am&#233;ricain, il est possible que de nouveaux obstacles d'ordre politique et institutionnel se dressent sur le chemin du pr&#233;sident Obama, ce qui pourrait compromettre l'avenir de certaines de ses ambitions d'envergure nationale et internationale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#233;lections de mi-mandat : de quoi s'agit-il ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Tous les deux ans, les Am&#233;ricains se rendent aux urnes pour renouveler le Congr&#232;s, soit 435 si&#232;ges de la Chambre des repr&#233;sentants ainsi qu'un tiers des 100 si&#232;ges que compte le S&#233;nat. Ces &#233;lections, qu'on qualifie de mi-mandat puisqu'elles surviennent au milieu d'un mandat pr&#233;sidentiel, constituent l'occasion privil&#233;gi&#233;e pour la population d'approuver ou de sanctionner &#224; mi-parcours les politiques gouvernementales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#233;lections l&#233;gislatives influencent &#233;galement la configuration des rapports de force entre le pr&#233;sident am&#233;ricain et le Congr&#232;s, selon que celui-ci est constitu&#233; majoritairement ou non d'adversaires politiques du pr&#233;sident. Concr&#232;tement, il peut arriver qu'un Congr&#232;s majoritairement compos&#233; d'adversaires du pr&#233;sident s'oppose syst&#233;matiquement aux r&#233;formes entreprises par ce dernier, ce qui peut provoquer une forme de paralysie de l'action gouvernementale. D&#232;s lors, ces &#233;lections constituent une sorte de catalyseur de la vie politique nationale, puisque ce sont elles qui d&#233;terminent, dans une certaine mesure, le comportement de l'&#201;tat &#224; l'&#233;chelle nationale et internationale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#233;lections de novembre 2014 : un vote sanction contre M. Obama ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 4 novembre 2014, les r&#233;publicains sont pass&#233;s de 45 &#224; 54 si&#232;ges sur 100 au S&#233;nat. En remportant la victoire dans plusieurs &#201;tats qui &#233;taient jusque-l&#224; la chasse gard&#233;e des d&#233;mocrates, notamment l'Iowa, la Caroline du Nord, l'Arkansas, le Colorado ou le Montana, les r&#233;publicains se sont empar&#233;s de la majorit&#233; pr&#233;c&#233;demment d&#233;tenue par le Parti d&#233;mocrate. Les r&#233;publicains conservent &#233;galement leur majorit&#233; &#224; la Chambre des repr&#233;sentants, avec 246 si&#232;ges contre 188 pour les d&#233;mocrates. Cette nouvelle l&#233;gislature entrera officiellement en fonction le 3 janvier 2015.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le r&#233;sultat de ces &#233;lections de mi-mandat a toutes les apparences d'un vote sanction de la part de la population am&#233;ricaine &#224; l'endroit de l'administration Obama et de la formation politique du pr&#233;sident. Selon les sondages de sortie des urnes publi&#233;s par Fox News, plus de 80% de la population am&#233;ricaine d&#233;sapprouverait le travail du Parti d&#233;mocrate au Congr&#232;s alors que moins de deux Am&#233;ricains sur trois se disent satisfaits de l'administration Obama. Plus int&#233;ressant encore, ces sondages indiquent que ni la croissance du PIB que le pays a enregistr&#233;e au cours du troisi&#232;me trimestre de l'ann&#233;e 2014 (+3,5%), ni la baisse du taux de ch&#244;mage, qui est &#233;valu&#233; actuellement &#224; 5,9% (le plus bas depuis 2008), ne semblent avoir convaincu les Am&#233;ricains d'apporter leur soutien au parti du pr&#233;sident. Aussi, le programme de couverture sant&#233; surnomm&#233; Obamacare, qui est entr&#233; en vigueur en janvier 2014, n'a peut-&#234;tre pas eu l'impact positif esp&#233;r&#233; par les d&#233;mocrates, du moins sur le plan &#233;lectoral.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quoi qu'il en soit, le pr&#233;sident Obama semble avoir pris la mesure des attentes de la population, puisqu'au cours d'une conf&#233;rence de presse qu'il a tenue au lendemain des &#233;lections de mi-mandat, il a affirm&#233; avoir compris le message ainsi que le d&#233;sarroi des Am&#233;ricains, en plus de reconna&#238;tre qu'il &#233;tait de sa responsabilit&#233; de faire en sorte que les choses fonctionnent mieux. Cependant, en pr&#233;sence d'un Congr&#232;s sous domination r&#233;publicaine avec lequel il devra composer jusqu'&#224; la fin de son mandat en 2016, Barack Obama parviendra-t-il &#224; r&#233;aliser ses objectifs de politique interne et internationale comme il l'aurait initialement souhait&#233; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle sera la dynamique des relations entre le pr&#233;sident et le Congr&#232;s ?&lt;br class='autobr' /&gt;
S'il existe des sujets sensibles en mati&#232;re de politique interne ou internationale, traditionnellement bloqu&#233;s par les d&#233;mocrates au Congr&#232;s, mais qu'un S&#233;nat r&#233;publicain pourrait soutenir, il en existe d'autres qui pourraient &#234;tre syst&#233;matiquement rejet&#233;s par les r&#233;publicains. La possibilit&#233; que les r&#233;publicains soutiennent certaines initiatives du pr&#233;sident appara&#238;t d'autant plus probable qu'au cours de son discours d'apr&#232;s-victoire &#233;lectorale, le nouveau chef de la majorit&#233; r&#233;publicaine au S&#233;nat, Mitch McConnell, a insist&#233; sur le fait qu'il encouragerait les politiques qui stimulent la cr&#233;ation d'emplois. Il a &#233;galement promis l'adoption d'une loi sur l'&#233;nergie, laquelle int&#233;grera le projet d'ol&#233;oduc Keystone XL, dont la r&#233;alisation permettrait entre autres de relier les gisements de sables bitumineux du Canada aux raffineries du golfe du Mexique. Ces d&#233;clarations ont notamment amen&#233; le ministre canadien de l'Emploi et du D&#233;veloppement social, Jason Kenney, &#224; saluer la victoire des r&#233;publicains au Congr&#232;s, puisque selon lui, un Congr&#232;s domin&#233; par les r&#233;publicains facilitera la t&#226;che au pr&#233;sident Obama, particuli&#232;rement au sujet des n&#233;gociations en vue de la signature du Partenariat transpacifique auquel le Canada voudrait &#234;tre membre.&lt;br class='autobr' /&gt;
N&#233;anmoins, cette nouvelle configuration du Congr&#232;s r&#233;duit davantage la marge de man&#339;uvre du pr&#233;sident Obama et pourrait constituer un v&#233;ritable obstacle &#224; l'op&#233;rationnalisation de certains de ses projets politiques. Pour n'en citer que quelques-uns, on mentionnera son projet de r&#233;gularisation de quelque 11 millions d'immigrants clandestins r&#233;sidant aux &#201;tats-Unis et auquel les r&#233;publicains se sont oppos&#233;s vigoureusement avant m&#234;me la tenue des &#233;lections de mi-mandat. On peut &#233;galement penser &#224; son projet de fermeture d&#233;finitive de la prison de Guantanamo, dont la r&#233;alisation n&#233;cessite un transf&#232;rement de d&#233;tenus sur le territoire am&#233;ricain et auquel s'opposent bon nombre de r&#233;publicains en pr&#233;tendant qu'il s'agit d'une menace &#224; la s&#233;curit&#233; nationale. On pourrait aussi citer son projet de r&#233;forme de l'assurance maladie de m&#234;me que sa strat&#233;gie de lutte contre l'&#201;tat islamique, qui ne semblent pas &#234;tre endoss&#233;s par les r&#233;publicains.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un tel portrait des relations entre le pr&#233;sident Obama et les r&#233;publicains illustre d&#233;j&#224; quelque peu les nouveaux d&#233;fis auxquels sera confront&#233; M. Obama jusqu'&#224; la fin de son mandat. Or, comme le souligne Laure Mandeville, qui est journaliste au quotidien fran&#231;ais Le Figaro, pour parvenir &#224; relever tous ces d&#233;fis, le pr&#233;sident am&#233;ricain devra choisir entre deux strat&#233;gies. La premi&#232;re, celle dite de la triangulation et qui consiste &#224; faire des concessions &#224; l'adversaire politique afin d'avancer ensemble sur certains dossiers, pourrait permettre &#224; Barack Obama et aux r&#233;publicains de proc&#233;der entre autres &#224; la r&#233;forme du code fiscal dans les meilleurs d&#233;lais. Une telle strat&#233;gie pourrait &#233;galement jouer en faveur des d&#233;mocrates pour les prochaines &#233;lections pr&#233;sidentielles dans la mesure o&#249; elle permettrait aux &#233;lecteurs de constater que malgr&#233; les dissensions politiques, les d&#233;mocrates sont pr&#234;ts &#224; travailler avec les r&#233;publicains dans l'int&#233;r&#234;t national. Quant &#224; la deuxi&#232;me strat&#233;gie, elle pourrait reposer sur la confrontation politique. Le pr&#233;sident Obama pourrait alors refuser de promulguer les lois vot&#233;es par le Congr&#232;s. Il pourrait &#233;galement gouverner par d&#233;cret dans les domaines o&#249; l'opposition du Congr&#232;s est plut&#244;t cat&#233;gorique. Cette strat&#233;gie semble d'ailleurs avoir &#233;t&#233; envisag&#233;e par M. Obama, puisqu'au cours de la conf&#233;rence de presse qu'il a donn&#233;e au lendemain des &#233;lections de mi-mandat, il a affirm&#233; qu'&#171; en tant que pr&#233;sident, [il a] une responsabilit&#233; unique ; celle de faire en sorte que la Capitale fonctionne &#187;. C'est notamment dans ce contexte que M. McConnell a mis la population en garde contre les cons&#233;quences d'une gouvernance par d&#233;cret.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce faisant, une telle strat&#233;gie pourrait se r&#233;v&#233;ler &#234;tre beaucoup plus on&#233;reuse pour le pr&#233;sident Obama, tant elle donnerait l'occasion &#224; ses adversaires d'envisager le d&#233;clenchement de la proc&#233;dure d'impeachment. Cette id&#233;e a d'ailleurs &#233;t&#233; d&#233;fendue par la nouvelle s&#233;natrice de l'Iowa, Joni Ernst, qui en r&#233;action &#224; la volont&#233; du pr&#233;sident Obama d'agir par d&#233;cret sur le dossier de l'immigration, avait laiss&#233; entendre qu'un impeachment serait souhaitable, avant de revenir sur ses propos quelque temps apr&#232;s. Bien qu'il soit pr&#233;matur&#233; d'envisager s&#233;rieusement pareil sc&#233;nario, le d&#233;clenchement d'une telle proc&#233;dure demeure plausible, d'autant plus qu'&#224; la suite de l'annonce du r&#233;tablissement des relations diplomatiques avec Cuba, plusieurs r&#233;publicains oppos&#233;s &#224; ce projet ont promis au pr&#233;sident Obama une v&#233;ritable bataille au Congr&#232;s. Or, cette &#233;ventualit&#233; pourrait consid&#233;rablement affecter la l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique de Barack Obama. Il devra donc rester prudent jusqu'&#224; la fin de son mandat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Cyprien Bassamagne Mougnok &#8211; Candidat au doctorat en &#233;tudes internationales et auxiliaire de recherche au Centre d'&#233;tudes interam&#233;ricaines&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://ceim.uqam.ca/db/IMG/pdf/cbm_congresusa_dec2014.pdf" length="101235" type="application/pdf" />
		

	</item>



</channel>

</rss>
