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	<title>Centre d'&#233;tudes sur l'int&#233;gration et la mondialisation (CEIM)</title>
	<link>https://ceim.uqam.ca/</link>
	<description>Le CEIM r&#233;unit des chercheurs de r&#233;putation internationale sp&#233;cialistes de l'&#233;conomie politique des processus d'int&#233;gration et de mondialisation. Les th&#232;mes les plus importants d&#233;velopp&#233;s au CEIM sont : le r&#233;gionalisme, les institutions &#233;conomiques internationales, le commerce et l'investissement, le lien commerce-travail, la concurrence, les transformations du secteur des communications, les dimensions sociales et culturelles de la mondialisation.</description>
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		<title>Centre d'&#233;tudes sur l'int&#233;gration et la mondialisation (CEIM)</title>
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		<title>Crise de gouvernance et de l&#233;gitimit&#233; politique au Br&#233;sil : quel avenir pour la pr&#233;sidente Dilma Rousseff ?</title>
		
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		<dc:date>2015-05-31T21:33:44Z</dc:date>
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		<dc:creator>&lt;span class=&#034;vcard author&#034;&gt;&lt;a itemprop=&#034;author&#034; class=&#034;url fn spip_in&#034; href=&#034;https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?page=auteur-ceim&amp;id_auteur=1227&#034;&gt;Cyprien Bassamagne Mougnok&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;En s'engageant en janvier 2014 &#8211; lors de son discours d'investiture &#224; la pr&#233;sidence du Br&#233;sil &#8211; &#224; assainir les finances publiques et &#224; relancer la croissance &#233;conomique du pays, Dilma Rousseff reconnaissait implicitement que son pays traverse ce qu'il est convenu d'appeler une &#171; crise &#187; de gouvernance. Cependant, elle n'avait sans doute pas imagin&#233; que seulement trois mois apr&#232;s le d&#233;but de son second mandat, la population vibrerait au rythme de cette crise au point d'en arriver &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;Observatoire des Am&#233;riques (ODA)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En s'engageant en janvier 2014 &#8211; lors de son discours d'investiture &#224; la&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;sidence du Br&#233;sil &#8211; &#224; assainir les finances publiques et &#224; relancer la&lt;br class='autobr' /&gt;
croissance &#233;conomique du pays, Dilma Rousseff reconnaissait implicitement&lt;br class='autobr' /&gt;
que son pays traverse ce qu'il est convenu d'appeler une &#171; crise &#187; de&lt;br class='autobr' /&gt;
gouvernance. Cependant, elle n'avait sans doute pas imagin&#233; que seulement&lt;br class='autobr' /&gt;
trois mois apr&#232;s le d&#233;but de son second mandat, la population vibrerait au&lt;br class='autobr' /&gt;
rythme de cette crise au point d'en arriver &#224; revendiquer sa destitution. Si,&lt;br class='autobr' /&gt;
au regard des faits, la probabilit&#233; d'une destitution para&#238;t plut&#244;t limit&#233;e,&lt;br class='autobr' /&gt;
tout porte &#224; croire que ce second mandat sera un v&#233;ritable chemin de croix&lt;br class='autobr' /&gt;
pour la pr&#233;sidente Rousseff, qui devra composer avec une conjoncture&lt;br class='autobr' /&gt;
particuli&#232;rement difficile.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un pays confront&#233; &#224; une crise de gouvernance&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Br&#233;sil traverse actuellement une temp&#234;te d'ordre politique et socio&#233;conomique qui&lt;br class='autobr' /&gt;
a &#233;t&#233; en bonne partie provoqu&#233;e par le scandale de corruption qui affecte la&lt;br class='autobr' /&gt;
compagnie p&#233;troli&#232;re nationale Petrobras. R&#233;v&#233;l&#233;e en mars 2014, cette affaire a pris&lt;br class='autobr' /&gt;
une ampleur sans pr&#233;c&#233;dent depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e 2015 &#224; la suite de la d&#233;cision&lt;br class='autobr' /&gt;
de la Cour supr&#234;me d'autoriser une enqu&#234;te sur au moins 49 personnalit&#233;s politiques &lt;br class='autobr' /&gt;
2&lt;br class='autobr' /&gt;
du pays, dont les pr&#233;sidents du Parlement et du S&#233;nat, ainsi que le tr&#233;sorier de la&lt;br class='autobr' /&gt;
formation politique de la pr&#233;sidente Dilma Rousseff, le Parti des travailleurs (PT). La&lt;br class='autobr' /&gt;
plupart de ces hommes politiques, qui sont issus de la coalition gouvernementale,&lt;br class='autobr' /&gt;
sont soup&#231;onn&#233;s d'avoir particip&#233; &#224; un vaste r&#233;seau de corruption impliquant de&lt;br class='autobr' /&gt;
grandes entreprises br&#233;siliennes de BTP (b&#226;timent et travaux publics), qui auraient&lt;br class='autobr' /&gt;
surfactur&#233; pendant de nombreuses ann&#233;es des contrats sign&#233;s avec Petrobras. En&lt;br class='autobr' /&gt;
contrepartie, ils auraient per&#231;u des pots-de-vin de la part de ces entreprises, ce qui&lt;br class='autobr' /&gt;
leur aurait permis de financer leurs campagnes &#233;lectorales de 2010. Les sommes&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;tourn&#233;es s'&#233;l&#232;veraient &#224; 4 milliards $ US. Le nom de la pr&#233;sidente Rousseff&lt;br class='autobr' /&gt;
n'appara&#238;t jusque-l&#224; nulle part dans le r&#233;quisitoire du Procureur de la R&#233;publique,&lt;br class='autobr' /&gt;
mais une grande partie de la population estime qu'&#224; d&#233;faut d'&#233;tablir sa culpabilit&#233;, sa&lt;br class='autobr' /&gt;
responsabilit&#233; dans ce scandale reste pos&#233;e, puisqu'elle a &#233;t&#233; pr&#233;sidente du conseil&lt;br class='autobr' /&gt;
d'administration de Petrobras entre 2003 et 2010.&lt;br class='autobr' /&gt;
En dehors de ce scandale, le mod&#232;le &#233;conomique br&#233;silien semble battre de l'aile&lt;br class='autobr' /&gt;
depuis 2011, notamment en raison de la difficult&#233; du gouvernement &#224; appliquer de&lt;br class='autobr' /&gt;
nouvelles r&#233;formes, de la rigidit&#233; des politiques interventionnistes, du capitalisme&lt;br class='autobr' /&gt;
d'&#201;tat ainsi que de la manipulation des march&#233;s. De plus, la croissance &#233;conomique&lt;br class='autobr' /&gt;
du pays est actuellement en berne ; loin des 7,5 % de croissance enregistr&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
en 2010, le g&#233;ant sud-am&#233;ricain a cl&#244;tur&#233; l'ann&#233;e 2014 avec une croissance presque&lt;br class='autobr' /&gt;
nulle (+0,1 %) et pourrait conna&#238;tre une r&#233;cession en 2015, selon les pr&#233;visions de&lt;br class='autobr' /&gt;
la Commission &#233;conomique pour l'Am&#233;rique latine et les Cara&#239;bes (Cepalc). Les&lt;br class='autobr' /&gt;
chiffres avanc&#233;s par l'Institut br&#233;silien de g&#233;ographie et de statistiques (IBGE)&lt;br class='autobr' /&gt;
indiquent par ailleurs que l'inflation y a grimp&#233; de 1,24 % en janvier 2015 et s'&#233;tablit&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; plus de 7 % sur douze mois, une premi&#232;re depuis mai 2005. Pour mieux faire face&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; cette situation, le gouvernement a mis en place un plan de redressement des&lt;br class='autobr' /&gt;
finances publiques au d&#233;but de l'ann&#233;e 2015, lequel semble plut&#244;t avoir raviv&#233; la&lt;br class='autobr' /&gt;
col&#232;re de la population, qui a d&#233;cid&#233; de descendre massivement dans les rues pour&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;noncer les suppos&#233;es malversations de la pr&#233;sidente Rousseff.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand la l&#233;gitimit&#233; politique de Dilma Rousseff est menac&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les syst&#232;mes politiques dits d&#233;mocratiques, il est fr&#233;quent que les chefs d'&#201;tat&lt;br class='autobr' /&gt;
ou de gouvernement obtiennent de mauvais r&#233;sultats dans les sondages d'opinion&lt;br class='autobr' /&gt;
parce que la majorit&#233; de la population dit ne pas leur faire confiance, d&#233;sapprouve&lt;br class='autobr' /&gt;
leur politique ou n'appr&#233;cie pas leur personnalit&#233;. Dans certains cas, de tels r&#233;sultats &lt;br class='autobr' /&gt;
3&lt;br class='autobr' /&gt;
peuvent conduire &#224; une &#171; crise &#187; de l&#233;gitimit&#233; politique, si l'on consid&#232;re qu'ils&lt;br class='autobr' /&gt;
traduisent une crise de confiance g&#233;n&#233;ralis&#233;e au sein d'une population qui souhaite&lt;br class='autobr' /&gt;
envoyer un signal fort &#224; ses dirigeants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela semble &#234;tre actuellement le cas au Br&#233;sil, o&#249; les r&#233;cents sondages r&#233;alis&#233;s par&lt;br class='autobr' /&gt;
l'Institut Datafolha indiquent que la cote de popularit&#233; de la pr&#233;sidente Rousseff a&lt;br class='autobr' /&gt;
consid&#233;rablement baiss&#233;, et ce, &#224; peine trois mois apr&#232;s le d&#233;but de son second&lt;br class='autobr' /&gt;
mandat. Alors qu'en d&#233;cembre 2014, pr&#232;s de 42 % des Br&#233;siliens qualifiaient sa&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;sidence de &#171; bonne &#187; ou &#171; excellente &#187;, Mme Rousseff a obtenu &#224; peine 23 %&lt;br class='autobr' /&gt;
d'opinions favorables en mars 2015. Ce constat devient encore plus inqui&#233;tant&lt;br class='autobr' /&gt;
lorsqu'on se rend compte que m&#234;me dans le nord du pays &#8211; qui est consid&#233;r&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
comme l'un des bastions politiques du PT &#8211; la popularit&#233; de la pr&#233;sidente a chut&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
consid&#233;rablement, passant de 53 % en d&#233;cembre 2014 &#224; seulement 29 % en f&#233;vrier&lt;br class='autobr' /&gt;
2015. &#192; ce tableau quelque peu sombre sont venus s'ajouter les mouvements de&lt;br class='autobr' /&gt;
protestations que le pays conna&#238;t depuis mars dernier et &#224; travers lesquels des&lt;br class='autobr' /&gt;
milliers de Br&#233;siliens contestent ouvertement la l&#233;gitimit&#233; de la pr&#233;sidente Rousseff,&lt;br class='autobr' /&gt;
allant jusqu'&#224; r&#233;clamer sa destitution. Il faut d'ailleurs noter qu'&#224; la suite de ces&lt;br class='autobr' /&gt;
manifestations, les sondages r&#233;alis&#233;s en mars 2015 indiquent que pr&#232;s de 62 % de&lt;br class='autobr' /&gt;
la population estime d&#233;sormais que sa pr&#233;sidence est &#171; mauvaise &#187; ou &#171; nulle &#187;. De&lt;br class='autobr' /&gt;
plus, plusieurs Br&#233;siliens consid&#232;rent que sa courte victoire sur son rival sociald&#233;mocrate,&lt;br class='autobr' /&gt;
A&#233;cio Neves, lors des &#233;lections pr&#233;sidentielles de 2014 (51,6 % des voix&lt;br class='autobr' /&gt;
contre 48,3 %), lui conf&#232;re une moindre l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quoi qu'il en soit, la question de la l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique de la pr&#233;sidente Rousseff&lt;br class='autobr' /&gt;
ne se pose plus, tout au moins si l'on tient pour acquis qu'elle a remport&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
honn&#234;tement les &#233;lections du 26 octobre 2014, lesquelles ont &#233;t&#233; jug&#233;es libres et&lt;br class='autobr' /&gt;
transparentes par les observateurs nationaux et internationaux. Malgr&#233; son d&#233;ficit de&lt;br class='autobr' /&gt;
l&#233;gitimit&#233; politique, qui ne doit pas &#234;tre confondue avec la l&#233;gitimit&#233; du syst&#232;me&lt;br class='autobr' /&gt;
politique br&#233;silien en tant que tel, Mme Rousseff reste l&#233;galement d&#233;positaire du&lt;br class='autobr' /&gt;
pouvoir, et &#224; ce titre, elle b&#233;n&#233;ficie pleinement de toutes les pr&#233;rogatives associ&#233;es &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
sa fonction de chef d'&#201;tat. La population semble d'ailleurs avoir tenu compte de cet&lt;br class='autobr' /&gt;
aspect, puisqu'elle a r&#233;clam&#233; la destitution de la pr&#233;sidente Rousseff par la voie&lt;br class='autobr' /&gt;
d'une proc&#233;dure l&#233;gale institutionnalis&#233;e (l'impeachment).&lt;br class='autobr' /&gt;
4&lt;br class='autobr' /&gt;
Quel avenir pour la pr&#233;sidente Dilma Rousseff ?&lt;br class='autobr' /&gt;
En ce qui concerne le Br&#233;sil, il faut remonter aux ann&#233;es 1990, notamment avec la&lt;br class='autobr' /&gt;
destitution par voie d'impeachment du pr&#233;sident Fernando Collor de Mello, pour&lt;br class='autobr' /&gt;
mieux percevoir la port&#233;e symbolique des manifestations de masse comme celles&lt;br class='autobr' /&gt;
que conna&#238;t le pays depuis mars dernier. Un an seulement apr&#232;s le d&#233;but de son&lt;br class='autobr' /&gt;
mandat, M. Collor avait &#233;t&#233; impliqu&#233; dans un scandale de corruption qui avait&lt;br class='autobr' /&gt;
conduit &#224; sa destitution par le Congr&#232;s, ceci conform&#233;ment aux revendications de la&lt;br class='autobr' /&gt;
population, qui avait organis&#233; un mouvement de protestation &#224; cette occasion. Or,&lt;br class='autobr' /&gt;
comme le souligne Fran&#231;ois-Michel Le Tourneau, qui est professeur &#224; l'Institut des&lt;br class='autobr' /&gt;
hautes &#233;tudes de l'Am&#233;rique latine (IHEAL), &#171; si le pr&#233;texte &#233;tait facile &#224; trouver&lt;br class='autobr' /&gt;
pour Fernando Collor, politicien notoirement v&#233;reux, il n'en va pas de m&#234;me avec&lt;br class='autobr' /&gt;
Dilma Rousseff, pour l'instant &#233;pargn&#233;e judiciairement par le scandale Petrobras, et&lt;br class='autobr' /&gt;
dont le premier mandat a plut&#244;t &#233;t&#233; marqu&#233; par sa volont&#233; d'assainir la vie politique&lt;br class='autobr' /&gt;
(sept ministres vir&#233;s sans m&#233;nagement) &#187;. Dans un m&#234;me ordre d'id&#233;es, bien que&lt;br class='autobr' /&gt;
l'opposition encourage subtilement les mouvements d'humeur, elle ne semble pas&lt;br class='autobr' /&gt;
&#234;tre tout &#224; fait acquise &#224; la cause de la destitution. Jusque-l&#224;, elle a simplement saisi&lt;br class='autobr' /&gt;
officiellement la Cour supr&#234;me du pays afin qu'elle enqu&#234;te sur la suppos&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
implication de la pr&#233;sidente Rousseff dans le scandale Petrobras. &#192; d&#233;faut d'un&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;l&#233;ment nouveau pouvant compromettre la pr&#233;sidence de Dilma Rousseff, il apparait&lt;br class='autobr' /&gt;
donc tr&#232;s probable qu'elle sera en mesure de poursuivre son mandat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, elle devra composer avec un environnement difficile, caract&#233;ris&#233; entre&lt;br class='autobr' /&gt;
autres par son d&#233;ficit de l&#233;gitimit&#233; politique ainsi que par la r&#233;cession &#233;conomique&lt;br class='autobr' /&gt;
que traversera probablement le pays. Tout porte &#233;galement &#224; croire qu'&#224; court&lt;br class='autobr' /&gt;
terme, il lui sera plus difficile de convaincre la population, y compris ses coll&#232;gues du&lt;br class='autobr' /&gt;
PT, du bien-fond&#233; de ses politiques. En effet, la politique d'aust&#233;rit&#233; qu'elle a mise en&lt;br class='autobr' /&gt;
place en d&#233;but d'ann&#233;e entre en totale contradiction avec ses promesses de&lt;br class='autobr' /&gt;
campagne, ce qui peut donner une impression de trahison &#224; ses &#233;lecteurs. Il n'est&lt;br class='autobr' /&gt;
toutefois pas exclu que malgr&#233; cette conjoncture particuli&#232;re, Mme Rousseff puisse&lt;br class='autobr' /&gt;
adopter avec succ&#232;s certaines r&#233;formes, comme l'avait d&#233;j&#224; fait le pr&#233;sident&lt;br class='autobr' /&gt;
Fernando Henrique Cardoso (1995-2003) alors que 56 % de Br&#233;siliens qualifiaient sa&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;sidence de &#171; nulle &#187; &#224; la suite de la d&#233;valuation du R&#233;al en 1999.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cyprien Bassamagne Mougnok est candidat au doctorat en &#233;tudes internationales et&lt;br class='autobr' /&gt;
auxiliaire de recherche au Centre d'&#233;tudes interam&#233;ricaines&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;chauffement diplomatique entre Cuba et les &#201;tats-Unis : des cl&#233;s pour comprendre la strat&#233;gie du pr&#233;sident Obama</title>
		
		  <link>https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?page=article-ceim&amp;id_article=9691</link>
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		<dc:date>2015-03-04T17:23:52Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&lt;span class=&#034;vcard author&#034;&gt;&lt;a itemprop=&#034;author&#034; class=&#034;url fn spip_in&#034; href=&#034;https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?page=auteur-ceim&amp;id_auteur=1227&#034;&gt;Cyprien Bassamagne Mougnok&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s plus d'un demi-si&#232;cle d'embargo et de rupture diplomatique avec Cuba, le pr&#233;sident Obama annon&#231;ait en d&#233;cembre 2014 sa d&#233;cision de r&#233;tablir les relations diplomatiques avec La Havane. Si cette d&#233;cision a &#233;t&#233; applaudie par l'ensemble de la communaut&#233; internationale en raison notamment de son caract&#232;re symbolique, elle semble toutefois &#234;tre le r&#233;sultat d'un calcul strat&#233;gique dict&#233; par des consid&#233;rations d'ordre interne et international. Une d&#233;cision historique, mais quelque peu &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;Observatoire des Am&#233;riques (ODA)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s plus d'un demi-si&#232;cle d'embargo et de rupture diplomatique avec Cuba, le pr&#233;sident Obama annon&#231;ait en d&#233;cembre 2014 sa d&#233;cision de r&#233;tablir les relations diplomatiques avec La Havane. Si cette d&#233;cision a &#233;t&#233; applaudie par l'ensemble de la communaut&#233; internationale en raison notamment de son caract&#232;re symbolique, elle semble toutefois &#234;tre le r&#233;sultat d'un calcul strat&#233;gique dict&#233; par des consid&#233;rations d'ordre interne et international. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une d&#233;cision historique, mais quelque peu &#171; paradoxale &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 17 d&#233;cembre 2014, le pr&#233;sident Obama annon&#231;ait l'ouverture de n&#233;gociations avec Cuba en vue du r&#233;tablissement de leurs relations diplomatiques. Celles-ci avaient &#233;t&#233; rompues unilat&#233;ralement par Washington en 1961 suite &#224; la confiscation de biens am&#233;ricains &#224; Cuba ainsi qu'aux accointances que le r&#233;gime Castro entretenait avec l'URSS. Pr&#233;cisant qu'il soumettrait au Congr&#232;s la question de la lev&#233;e de l'embargo, Barack Obama annon&#231;ait au m&#234;me moment qu'une ambassade am&#233;ricaine serait ouverte sur l'&#238;le au courant des prochains mois. Cette d&#233;cision a &#233;t&#233; salu&#233;e par l'ensemble de la communaut&#233; internationale, particuli&#232;rement la communaut&#233; interam&#233;ricaine, qui y voit le d&#233;but d'une nouvelle &#232;re dans les Am&#233;riques. Certains dirigeants de gauche ordinairement d&#233;tracteurs des politiques de Washington dans la r&#233;gion &#8212; dont le pr&#233;sident v&#233;n&#233;zu&#233;lien, Nicolas Maduro &#8212; consid&#232;rent qu'il s'agit d'un geste courageux et n&#233;cessaire pour la rectification de l'histoire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si dans leur r&#233;cent ouvrage intitul&#233; Back Channel to Cuba : The Hidden History of Negotiations between Washington and Havana, Peter Kornbluh et William LeoGrande soulignent que depuis les ann&#233;es 1960, Washington a toujours tent&#233; de n&#233;gocier discr&#232;tement un modus vivendi avec Cuba, Barack Obama appara&#238;t toutefois comme &#233;tant le premier pr&#233;sident &#224; s'&#234;tre r&#233;solument engag&#233; &#224; lever le rideau de fer qui s&#233;pare les &#201;tats-Unis de l'&#238;le des fr&#232;res Castro. Cette volont&#233; est d'autant plus perceptible que son administration a annonc&#233;, le 16 janvier 2015, la lev&#233;e d'importantes restrictions vis-&#224;-vis de Cuba, notamment en ce qui concerne le commerce, le transfert de fonds et les possibilit&#233;s de voyages sur l'&#238;le. Plusieurs entretiens de haut niveau entre n&#233;gociateurs am&#233;ricains et cubains sont &#233;galement en cours depuis janvier 2015 afin de faciliter, entre autres choses, la r&#233;ouverture d'ambassades ainsi que la lev&#233;e de restrictions concernant les d&#233;placements des diplomates accr&#233;dit&#233;s &#224; l'int&#233;rieur des deux pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aussi symbolique qu'elle soit, cette d&#233;cision de l'administration Obama soul&#232;ve implicitement la question des r&#233;elles motivations de Washington en regard de sa nouvelle politique &#233;trang&#232;re vis-&#224;-vis Cuba. Autrement dit, comment expliquer le revirement de la politique &#233;trang&#232;re des &#201;tats-Unis &#224; l'&#233;gard de Cuba &#224; cette p&#233;riode pr&#233;cise ? Cette question est d'autant plus int&#233;ressante qu'elle permet d'entrevoir une sorte de paradoxe entretenu par l'administration Obama &#224; travers cette d&#233;cision. &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis 1962, Washington a toujours conditionn&#233; la normalisation de ses relations avec Cuba &#224; la mise en place d'un gouvernement d&#233;mocratique sur l'&#238;le. Or, au moment de r&#233;tablir les relations diplomatiques, le pr&#233;sident Obama a lui-m&#234;me reconnu &#224; quelques reprises que la situation des droits de la personne n'y avait pas &#233;volu&#233; de fa&#231;on significative au cours des derni&#232;res d&#233;cennies. De m&#234;me, Cuba n'a toujours pas &#233;t&#233; retir&#233; de la liste noire des pays accus&#233;s par Washington de soutenir le terrorisme. Finalement, et comme le souligne Janette Habel, qui est professeure &#224; l'Institut des hautes &#233;tudes d'Am&#233;rique latine, &#171; lors des derni&#232;res d&#233;cennies, Raul Castro [a] carr&#233;ment &#233;t&#233; menac&#233; de jugement par les Am&#233;ricains pour complicit&#233; de trafic de drogue &#187;. D&#232;s lors, comment comprendre une telle d&#233;cision ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques facteurs explicatifs &lt;br class='autobr' /&gt;
Aussi paradoxale qu'elle puisse para&#238;tre, la d&#233;cision du pr&#233;sident Obama de r&#233;tablir les relations diplomatiques avec Cuba semble &#234;tre le r&#233;sultat d'un calcul strat&#233;gique, lequel a &#233;t&#233; dict&#233; par des facteurs d'ordre interne et international.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au plan international, Washington a subi ces derni&#232;res ann&#233;es de fortes pressions &#8211; autant de la part de la communaut&#233; interam&#233;ricaine que de la communaut&#233; internationale au sens large &#8211; concernant sa politique d'hostilit&#233; contre Cuba. Lors de la derni&#232;re Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale de l'Organisation des Nations unies, qui s'est tenue en octobre 2014 &#224; Washington, 188 pays sur 192 ont vot&#233; pour la 23e fois cons&#233;cutive contre l'embargo am&#233;ricain &#224; Cuba. Aussi, &#224; l'occasion du r&#233;cent Sommet de la Communaut&#233; carib&#233;enne (CARICOM), qui s'est tenu en d&#233;cembre 2014 &#224; La Havane, les &#201;tats membres ont invit&#233; le pr&#233;sident Obama &#224; lever imm&#233;diatement cet embargo, qu'ils ont qualifi&#233; d'absurde. Enfin, et pour ne se limiter qu'au dernier Sommet des Am&#233;riques, qui a eu lieu &#224; Carthag&#232;ne (Colombie) en 2012, plusieurs pays de l'Organisation des &#201;tats am&#233;ricains (O&#201;A) ont t&#233;moign&#233; leur solidarit&#233; envers Cuba en mena&#231;ant de boycotter le prochain Sommet des Am&#233;riques si ce pays n'y prenait pas part. Ledit Sommet se tiendra au Panama les 10 et 11 avril prochain et on peut raisonnablement envisager qu'un tel boycott viendrait r&#233;duire encore un peu plus l'influence am&#233;ricaine dans la r&#233;gion. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce sc&#233;nario appara&#238;t d'autant plus plausible que le secr&#233;taire d'&#201;tat am&#233;ricain, John Kerry, a lui aussi reconnu, &#224; l'instar de Barack Obama, que la politique d'hostilit&#233; &#224; l'&#233;gard de Cuba a non seulement &#233;chou&#233;, mais qu'elle a &#233;galement contribu&#233; &#224; isoler les &#201;tats-Unis de ses partenaires r&#233;gionaux et internationaux au profit de Cuba. Pour preuve, un nombre impressionnant d'alliances politiques et &#233;conomiques r&#233;gionales excluant les &#201;tats-Unis mais incluant Cuba comme membre &#224; part enti&#232;re ont vu le jour au cours des derni&#232;res d&#233;cennies. En r&#233;tablissant les relations diplomatiques avec Cuba, on pourrait croire que Washington esp&#232;re ainsi redorer progressivement son blason dans les Am&#233;riques en cherchant &#224; substituer sa politique d'hostilit&#233; par une politique de s&#233;duction susceptible de lui permettre de mieux d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un r&#233;chauffement diplomatique s'av&#233;rerait sans doute profitable en mati&#232;re de s&#233;curit&#233;, alors qu'un accord de coop&#233;ration Cuba-Russie autorisant le retour des troupes russes sur l'&#238;le (base de Lourdes) a &#233;t&#233; sign&#233; en juillet 2014. Si le statu quo devait &#234;tre maintenu, comment les Am&#233;ricains seraient-ils &#224; m&#234;me d'exercer une certaine influence sur les activit&#233;s de l'ennemi d'hier, post&#233; &#224; quelques kilom&#232;tres de leurs fronti&#232;res ? Au demeurant, bien que le pr&#233;sident Castro ait promis &#224; son homologue am&#233;ricain que Cuba ne constituerait d'aucune fa&#231;on une menace &#224; la s&#233;curit&#233; des &#201;tats-Unis, la pr&#233;sence russe sur le territoire cubain suscite beaucoup d'inqui&#233;tudes du c&#244;t&#233; am&#233;ricain. D'un point de vue g&#233;ostrat&#233;gique, ces inqui&#233;tudes paraissent plut&#244;t fond&#233;es, tant la nouvelle version de la doctrine militaire russe (approuv&#233;e par le Kremlin en d&#233;cembre 2014) qualifie le renforcement du potentiel de l'Organisation du trait&#233; de l'Atlantique Nord (OTAN) &#8212; dont font partie les &#201;tats-Unis &#8212; de v&#233;ritable menace &#224; la s&#233;curit&#233; russe. En renouant avec Cuba &#224; ce moment pr&#233;cis, on peut raisonnablement penser que Barack Obama souhaite exercer un droit de regard sur les activit&#233;s russes sur l'&#238;le et pr&#233;server ainsi, &#224; partir de Cuba, la s&#233;curit&#233; des Am&#233;ricains.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au plan national, en dehors de certains militants anticastristes qui voient en cette d&#233;cision du pr&#233;sident Obama une trahison et un m&#233;pris pour les valeurs d&#233;mocratiques, l'opinion publique am&#233;ricaine est plus que jamais favorable au rapprochement avec Cuba. Selon un sondage publi&#233; en janvier 2015 par le Pew Research Center, 63 % d'Am&#233;ricains appuieraient la nouvelle politique de Washington &#224; l'&#233;gard de Cuba. M&#234;me les milieux d'affaires am&#233;ricains s'y montrent d&#233;sormais favorables. &#192; son retour de Cuba en mai 2014, o&#249; il &#233;tait accompagn&#233; d'une forte d&#233;l&#233;gation de gens d'affaires, Thomas Donohue, l'une des figures de proue du patronat am&#233;ricain, a d'ailleurs exhort&#233; le pr&#233;sident Obama &#224; prendre de nouvelles mesures d'assouplissement &#224; l'&#233;gard de Cuba pour faciliter les investissements am&#233;ricains sur l'&#238;le. &lt;br class='autobr' /&gt;
Alors que le deuxi&#232;me et dernier mandat du pr&#233;sident Obama touche &#224; sa fin, il est tout &#224; fait plausible de penser qu'&#224; travers cette d&#233;cision, il cherche &#224; apporter une touche personnelle &#224; l'histoire des relations entre les &#201;tats-Unis, Cuba et l'ensemble de l'Am&#233;rique latine. Il ne serait pas le premier pr&#233;sident &#224; tenter de laisser sa marque dans le domaine des relations internationales en fin de mandat. Toutefois, cette d&#233;cision pourrait venir ouvrir une bo&#238;te de pandore qui pourrait devenir difficile &#224; g&#233;rer &#224; long terme sur la sc&#232;ne internationale. En effet, si les sanctions &#224; l'encontre de Cuba ou de l'Iran sont lev&#233;es parce qu'elles sont jug&#233;es contre-productives, qu'adviendrait-il en cas d'&#233;chec des sanctions adopt&#233;es contre la Russie, par exemple, si le pays devait maintenir sa politique de soutien aux s&#233;paratistes en Ukraine ? La logique de g&#233;om&#233;trie variable ne risquerait-elle pas de devenir la marque de commerce du pr&#233;sident Obama en mati&#232;re de respect des sanctions internationales ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cyprien Bassamagne Mougnok est candidat au doctorat en &#233;tudes internationales et auxiliaire de recherche au Centre d'&#233;tudes interam&#233;ricaines&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les nouveaux d&#233;fis du pr&#233;sident Obama au lendemain des &#233;lections de mi-mandat</title>
		
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		<dc:creator>&lt;span class=&#034;vcard author&#034;&gt;&lt;a itemprop=&#034;author&#034; class=&#034;url fn spip_in&#034; href=&#034;https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?page=auteur-ceim&amp;id_auteur=1227&#034;&gt;Cyprien Bassamagne Mougnok&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Les d&#233;fis qui attendent le Pr&#233;sident Obama suite aux &#233;lections mi-mandat 2014&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;Observatoire des Am&#233;riques (ODA)&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les nouveaux d&#233;fis du pr&#233;sident Obama au lendemain des &#233;lections de mi-mandat&lt;br class='autobr' /&gt;
Par Cyprien Bassamagne Mougnok*&lt;br class='autobr' /&gt;
Au terme des &#233;lections de mi-mandat qui se sont d&#233;roul&#233;es le 4 novembre dernier aux &#201;tats-Unis, le Parti r&#233;publicain a repris le contr&#244;le du Congr&#232;s, une premi&#232;re depuis 2006. Cette victoire a &#233;t&#233; d'autant plus saillante qu'elle a laiss&#233; l'impression qu'il s'agissait d'un vote sanction &#224; l'encontre de l'administration Obama. Avec la nouvelle configuration du Congr&#232;s am&#233;ricain, il est possible que de nouveaux obstacles d'ordre politique et institutionnel se dressent sur le chemin du pr&#233;sident Obama, ce qui pourrait compromettre l'avenir de certaines de ses ambitions d'envergure nationale et internationale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#233;lections de mi-mandat : de quoi s'agit-il ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Tous les deux ans, les Am&#233;ricains se rendent aux urnes pour renouveler le Congr&#232;s, soit 435 si&#232;ges de la Chambre des repr&#233;sentants ainsi qu'un tiers des 100 si&#232;ges que compte le S&#233;nat. Ces &#233;lections, qu'on qualifie de mi-mandat puisqu'elles surviennent au milieu d'un mandat pr&#233;sidentiel, constituent l'occasion privil&#233;gi&#233;e pour la population d'approuver ou de sanctionner &#224; mi-parcours les politiques gouvernementales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#233;lections l&#233;gislatives influencent &#233;galement la configuration des rapports de force entre le pr&#233;sident am&#233;ricain et le Congr&#232;s, selon que celui-ci est constitu&#233; majoritairement ou non d'adversaires politiques du pr&#233;sident. Concr&#232;tement, il peut arriver qu'un Congr&#232;s majoritairement compos&#233; d'adversaires du pr&#233;sident s'oppose syst&#233;matiquement aux r&#233;formes entreprises par ce dernier, ce qui peut provoquer une forme de paralysie de l'action gouvernementale. D&#232;s lors, ces &#233;lections constituent une sorte de catalyseur de la vie politique nationale, puisque ce sont elles qui d&#233;terminent, dans une certaine mesure, le comportement de l'&#201;tat &#224; l'&#233;chelle nationale et internationale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#233;lections de novembre 2014 : un vote sanction contre M. Obama ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 4 novembre 2014, les r&#233;publicains sont pass&#233;s de 45 &#224; 54 si&#232;ges sur 100 au S&#233;nat. En remportant la victoire dans plusieurs &#201;tats qui &#233;taient jusque-l&#224; la chasse gard&#233;e des d&#233;mocrates, notamment l'Iowa, la Caroline du Nord, l'Arkansas, le Colorado ou le Montana, les r&#233;publicains se sont empar&#233;s de la majorit&#233; pr&#233;c&#233;demment d&#233;tenue par le Parti d&#233;mocrate. Les r&#233;publicains conservent &#233;galement leur majorit&#233; &#224; la Chambre des repr&#233;sentants, avec 246 si&#232;ges contre 188 pour les d&#233;mocrates. Cette nouvelle l&#233;gislature entrera officiellement en fonction le 3 janvier 2015.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le r&#233;sultat de ces &#233;lections de mi-mandat a toutes les apparences d'un vote sanction de la part de la population am&#233;ricaine &#224; l'endroit de l'administration Obama et de la formation politique du pr&#233;sident. Selon les sondages de sortie des urnes publi&#233;s par Fox News, plus de 80% de la population am&#233;ricaine d&#233;sapprouverait le travail du Parti d&#233;mocrate au Congr&#232;s alors que moins de deux Am&#233;ricains sur trois se disent satisfaits de l'administration Obama. Plus int&#233;ressant encore, ces sondages indiquent que ni la croissance du PIB que le pays a enregistr&#233;e au cours du troisi&#232;me trimestre de l'ann&#233;e 2014 (+3,5%), ni la baisse du taux de ch&#244;mage, qui est &#233;valu&#233; actuellement &#224; 5,9% (le plus bas depuis 2008), ne semblent avoir convaincu les Am&#233;ricains d'apporter leur soutien au parti du pr&#233;sident. Aussi, le programme de couverture sant&#233; surnomm&#233; Obamacare, qui est entr&#233; en vigueur en janvier 2014, n'a peut-&#234;tre pas eu l'impact positif esp&#233;r&#233; par les d&#233;mocrates, du moins sur le plan &#233;lectoral.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quoi qu'il en soit, le pr&#233;sident Obama semble avoir pris la mesure des attentes de la population, puisqu'au cours d'une conf&#233;rence de presse qu'il a tenue au lendemain des &#233;lections de mi-mandat, il a affirm&#233; avoir compris le message ainsi que le d&#233;sarroi des Am&#233;ricains, en plus de reconna&#238;tre qu'il &#233;tait de sa responsabilit&#233; de faire en sorte que les choses fonctionnent mieux. Cependant, en pr&#233;sence d'un Congr&#232;s sous domination r&#233;publicaine avec lequel il devra composer jusqu'&#224; la fin de son mandat en 2016, Barack Obama parviendra-t-il &#224; r&#233;aliser ses objectifs de politique interne et internationale comme il l'aurait initialement souhait&#233; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle sera la dynamique des relations entre le pr&#233;sident et le Congr&#232;s ?&lt;br class='autobr' /&gt;
S'il existe des sujets sensibles en mati&#232;re de politique interne ou internationale, traditionnellement bloqu&#233;s par les d&#233;mocrates au Congr&#232;s, mais qu'un S&#233;nat r&#233;publicain pourrait soutenir, il en existe d'autres qui pourraient &#234;tre syst&#233;matiquement rejet&#233;s par les r&#233;publicains. La possibilit&#233; que les r&#233;publicains soutiennent certaines initiatives du pr&#233;sident appara&#238;t d'autant plus probable qu'au cours de son discours d'apr&#232;s-victoire &#233;lectorale, le nouveau chef de la majorit&#233; r&#233;publicaine au S&#233;nat, Mitch McConnell, a insist&#233; sur le fait qu'il encouragerait les politiques qui stimulent la cr&#233;ation d'emplois. Il a &#233;galement promis l'adoption d'une loi sur l'&#233;nergie, laquelle int&#233;grera le projet d'ol&#233;oduc Keystone XL, dont la r&#233;alisation permettrait entre autres de relier les gisements de sables bitumineux du Canada aux raffineries du golfe du Mexique. Ces d&#233;clarations ont notamment amen&#233; le ministre canadien de l'Emploi et du D&#233;veloppement social, Jason Kenney, &#224; saluer la victoire des r&#233;publicains au Congr&#232;s, puisque selon lui, un Congr&#232;s domin&#233; par les r&#233;publicains facilitera la t&#226;che au pr&#233;sident Obama, particuli&#232;rement au sujet des n&#233;gociations en vue de la signature du Partenariat transpacifique auquel le Canada voudrait &#234;tre membre.&lt;br class='autobr' /&gt;
N&#233;anmoins, cette nouvelle configuration du Congr&#232;s r&#233;duit davantage la marge de man&#339;uvre du pr&#233;sident Obama et pourrait constituer un v&#233;ritable obstacle &#224; l'op&#233;rationnalisation de certains de ses projets politiques. Pour n'en citer que quelques-uns, on mentionnera son projet de r&#233;gularisation de quelque 11 millions d'immigrants clandestins r&#233;sidant aux &#201;tats-Unis et auquel les r&#233;publicains se sont oppos&#233;s vigoureusement avant m&#234;me la tenue des &#233;lections de mi-mandat. On peut &#233;galement penser &#224; son projet de fermeture d&#233;finitive de la prison de Guantanamo, dont la r&#233;alisation n&#233;cessite un transf&#232;rement de d&#233;tenus sur le territoire am&#233;ricain et auquel s'opposent bon nombre de r&#233;publicains en pr&#233;tendant qu'il s'agit d'une menace &#224; la s&#233;curit&#233; nationale. On pourrait aussi citer son projet de r&#233;forme de l'assurance maladie de m&#234;me que sa strat&#233;gie de lutte contre l'&#201;tat islamique, qui ne semblent pas &#234;tre endoss&#233;s par les r&#233;publicains.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un tel portrait des relations entre le pr&#233;sident Obama et les r&#233;publicains illustre d&#233;j&#224; quelque peu les nouveaux d&#233;fis auxquels sera confront&#233; M. Obama jusqu'&#224; la fin de son mandat. Or, comme le souligne Laure Mandeville, qui est journaliste au quotidien fran&#231;ais Le Figaro, pour parvenir &#224; relever tous ces d&#233;fis, le pr&#233;sident am&#233;ricain devra choisir entre deux strat&#233;gies. La premi&#232;re, celle dite de la triangulation et qui consiste &#224; faire des concessions &#224; l'adversaire politique afin d'avancer ensemble sur certains dossiers, pourrait permettre &#224; Barack Obama et aux r&#233;publicains de proc&#233;der entre autres &#224; la r&#233;forme du code fiscal dans les meilleurs d&#233;lais. Une telle strat&#233;gie pourrait &#233;galement jouer en faveur des d&#233;mocrates pour les prochaines &#233;lections pr&#233;sidentielles dans la mesure o&#249; elle permettrait aux &#233;lecteurs de constater que malgr&#233; les dissensions politiques, les d&#233;mocrates sont pr&#234;ts &#224; travailler avec les r&#233;publicains dans l'int&#233;r&#234;t national. Quant &#224; la deuxi&#232;me strat&#233;gie, elle pourrait reposer sur la confrontation politique. Le pr&#233;sident Obama pourrait alors refuser de promulguer les lois vot&#233;es par le Congr&#232;s. Il pourrait &#233;galement gouverner par d&#233;cret dans les domaines o&#249; l'opposition du Congr&#232;s est plut&#244;t cat&#233;gorique. Cette strat&#233;gie semble d'ailleurs avoir &#233;t&#233; envisag&#233;e par M. Obama, puisqu'au cours de la conf&#233;rence de presse qu'il a donn&#233;e au lendemain des &#233;lections de mi-mandat, il a affirm&#233; qu'&#171; en tant que pr&#233;sident, [il a] une responsabilit&#233; unique ; celle de faire en sorte que la Capitale fonctionne &#187;. C'est notamment dans ce contexte que M. McConnell a mis la population en garde contre les cons&#233;quences d'une gouvernance par d&#233;cret.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce faisant, une telle strat&#233;gie pourrait se r&#233;v&#233;ler &#234;tre beaucoup plus on&#233;reuse pour le pr&#233;sident Obama, tant elle donnerait l'occasion &#224; ses adversaires d'envisager le d&#233;clenchement de la proc&#233;dure d'impeachment. Cette id&#233;e a d'ailleurs &#233;t&#233; d&#233;fendue par la nouvelle s&#233;natrice de l'Iowa, Joni Ernst, qui en r&#233;action &#224; la volont&#233; du pr&#233;sident Obama d'agir par d&#233;cret sur le dossier de l'immigration, avait laiss&#233; entendre qu'un impeachment serait souhaitable, avant de revenir sur ses propos quelque temps apr&#232;s. Bien qu'il soit pr&#233;matur&#233; d'envisager s&#233;rieusement pareil sc&#233;nario, le d&#233;clenchement d'une telle proc&#233;dure demeure plausible, d'autant plus qu'&#224; la suite de l'annonce du r&#233;tablissement des relations diplomatiques avec Cuba, plusieurs r&#233;publicains oppos&#233;s &#224; ce projet ont promis au pr&#233;sident Obama une v&#233;ritable bataille au Congr&#232;s. Or, cette &#233;ventualit&#233; pourrait consid&#233;rablement affecter la l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique de Barack Obama. Il devra donc rester prudent jusqu'&#224; la fin de son mandat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Cyprien Bassamagne Mougnok &#8211; Candidat au doctorat en &#233;tudes internationales et auxiliaire de recherche au Centre d'&#233;tudes interam&#233;ricaines&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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